ACTUS LOCALESPOLITIQUE DSP sportives : 32 dossiers validés, quelques autres à « accompagner » Charlie Réné 2026-02-12 12 Fév 2026 Charlie Réné Après une profonde réforme du cadre réglementaire et un marathon de constitution et d’instruction des dossiers, le gouvernement a renouvelé les délégations de service public de 32 fédérations sportives. Elles devraient bientôt signer une convention pour graver dans le marbre leurs objectifs et leurs financements jusqu’à 2031. D’autres devront encore attendre : le volley et l’haltérophilie doivent recandidater dans les prochains mois, l’escrime et le football américain ne remplissent pas les critères… Quant à la boxe, la guerre des fédérations qui dure depuis une décennie n’est pas finie : c’est la PBA de Tauhiti Nena qui a été retenue à l’instruction, mais le comité olympique soutient toujours la FBPF de Ismael Tahiata. Le COPF va rendre un avis officiel, l’exécutif pourra passer outre… Mais le dossier a toute les chances de repartir vers le tribunal. Soulagement, pour 32 fédérations sportives, qui ont vu ce mercredi leur délégation de service public être validée pour plus de cinq ans par le gouvernement. L’aboutissement d’un long marathon. Car ces DSP, traditionnellement renouvelée après les Jeux du Pacifique, auraient dû être réétudiées en 2023. Nahema Temarii avait choisi de commencer par réformer le cadre réglementaire, et donc de les proroger. La nouvelle loi du Pays, qui allonge la durée des délégations, introduit des contrats d’objectifs signés avec le Pays, rend les fédérations officielles incontournables pour bénéficier de subventions, et donne une visibilité pluriannuelle aux financements, a été votée fin 2024, et l’entrée en vigueur des nouvelles DSP étaient prévues pour le 1er janvier de cette année… Puis pour le 1er mars, pour compenser les retards accumulés par les recours, l’organisation des mini-Jeux et le changement de tête au ministère, désormais dirigé par Kainuu Temauri. Cette fois ça y est, donc : après avoir rempli d’épais dossiers numériques en fin d’année dernière, échangé avec la DJS, service instructeur, complété certaines pièces ou modifié leurs statuts pour rentrer dans les clous, la commission consultative s’est réunie fin janvier, et le conseil des ministres a suivi ses avis en visant les arrêtés ce mercredi. Pas de surprises : les 22 fédérations concernées pour les sports prévus aux Jeux du Pacifique, et les 10 autres dont les disciplines ne sont pas au programme de Tahiti 2027, étaient toutes délégataires sortants. Toutes sont confirmées dans leur rôle jusqu’à 2031, pour se recaler sur le cycle des Jeux, après quoi les DSP dureront 8 ans, contre 4 auparavant. Toutes signeront un contrat de délégation dans les semaines à venir, pour graver dans le marbre leurs financements et leurs objectifs en termes sportifs, sociaux, de formation ou de rayonnement international. D’autres attributions dans les prochains mois Et pourtant ce grand ballet des DSP n’est pas entièrement terminé. D’abord parce que certaines fédérations n’ont pas réussi à remplir les conditions de fonds, ou à respecter l’exigeant formalisme et le calendrier serré de la constitution de dossier. C’est notamment le cas de la fédération d’haltérophilie et de volley-ball, deux disciplines présentes aux Jeux du Pacifique. Le ministère des Sports promet de ce côté là un accompagnement particulier dans les semaines à venir pour aider les fédérations à se structurer et à recandidater. Une seconde campagne d’attribution est prévue dès ce premier semestre. Deux autres sports, pas présents à Tahiti 2027 n’ont pas eu de candidature enregistrées, bien qu’ils soient réglementairement éligibles à une DSP. Il s’agit du football américain qui disposait jusqu’à présent d’une DSP, mais dont la fédération a fait le constat qu’elle ne répondait pas au nouveau cadre, en termes d’activité, d’adhérents ou de structuration. Même constat pour la Fédération tahitienne d’escrime, qui est, en plus contestée par une fédération ma’ohi, très active, mais trop jeune pour prétendre à une délégation. Dans l’un et l’autre de ces sports, une candidature pourra être portée plus tard aux autorités, et instruite à part, pour être recalée sur le calendrier des autres DSP. La boxe, toujours en combat Une autre discipline n’apparait pas dans les nouveaux arrêtés du gouvernement, et il s’agit, de loin, du dossier le plus sensible de ce cycle de renouvellement. La Polynesian Boxing association (PBA) présidée par Tauhiti Nena et la Fédération de boxe de Polynésie française (FBPF) de Ismael Tahiata se mènent depuis maintenant une décennie un combat sans merci devant les autorités politiques, sportives, les institutions internationales et les tribunaux. Au terme de l’instruction menée par la Direction de la Jeunesse et des Sports, seul le dossier de candidature de la PBA a paru assez solide pour être porté devant la commission consultative d’attribution des DSP. Un avis favorable a été rendu, mais pas à l’unanimité : le représentant du comité olympique de Polynésie française, où c’est la FPBF qui siège depuis 2016, a signifié sa ferme opposition. Le COPF estime que le choix de la PBA, qui n’est aujourd’hui pas affiliée aux fédérations internationales et régionales reconnues par le comité olympique international allait compromettre la participation des boxeurs polynésiens aux jeux de Tahiti 2027. Une analyse qui est contestée par l’administration du Pays, et surtout par la fédération de Tauhiti Nena, où l’on assure que ces instances internationales n’attendent que la DSP pour affilier ou contractualiser avec la PBA. Les textes prévoient, dans ce genre de situation, que le COPF puisse rendre un avis officiel et motivé. Le gouvernement doit donc désormais saisir l’autorité sportive, dirigée par Louis Provost, pour obtenir cet avis… qui reste toutefois entièrement consultatif. Quelle que soit ensuite la décision de l’exécutif, probablement favorable à la PBA vu les débats en commission, elle sera probablement contestée par la partie perdante. Rendez-vous, donc devant les tribunaux.