ACTUS LOCALESSECTEUR PRIMAIRE Prise de bec entre une éleveuse de volailles et la directrice de l’abattoir de Tahiti La rédaction 2026-03-24 24 Mar 2026 La rédaction Prise à parti lundi sur les réseaux sociaux par l’éleveuse de volailles à la tête de l’entreprise Tamaru Farm, la direction de l’abattoir de Tahiti a pris la parole pour répondre aux accusations listées par Vaihere Mollard Lehartel. Cette dernière s’était notamment vu refuser l’accès à l’abattoir lundi matin. Une interdiction en vigueur depuis le mois de décembre, fait savoir la directrice de l’abattoir, qui fait suite aux « menaces » et « plaintes incessantes » de l’éleveuse envers les salariés de l’établissement. « Une femme, une entreprise, un combat », c’est ainsi que commence le post Facebook devenu rapidement viral le 20 mars de Vaihere Mollard Lehartel, à la tête de l’entreprise Tamaru Farm. Dans ce dernier, qui a récolté plus de 1 900 réactions, 600 partages et 280 commentaires, l’éleveuse de volailles se dit « fatiguée de devoir (se) battre sur tous les fronts pour simplement exercer (son) métier » et dit devoir « lutter contre un établissement en charge d’un service public ». La cheffe d’entreprise reproche notamment à l’abattoir de « freiner » son entreprise, de lui refuser l’accès à ses volailles, de faire pression sur son équipe mais aussi de faire preuve d’un manque de communication, de respect et d’organisation qui impacte directement son activité. Dans un droit de réponse aux différentes publications de Tamaru Farm, la direction de l’abattoir s’est à son tour exprimée sur Facebook pour répondre aux accusations portées à son égard, point par point. La directrice Françoise Lou Chao nie les accusations portées envers sa société, qu’elle estime « mensongères » et « de mauvaise foi », et reproche à Vaihere Mollard Lehartel de « s’attaquer en permanence aux salariés de l’abattoir, en (s)’acharnant sur eux, en les menaçant, en dénigrant leur travail, en leur manquant de respect alors qu’ils n’ont aucun problème avec les autres éleveurs ». Une collaboration tumultueuse depuis deux ans La directrice de l’abattoir, dont l’unité d’abattage de volailles collabore avec quatre éleveurs de volailles au total, a tenu à s’exprimer sur cette situation qui dure avec l’éleveuse depuis deux ans. « Nous n’avons aucun problème avec trois autres éleveurs et, depuis deux ans, c’est problème sur problème avec une éleveuse. Elle accuse les équipes de voler ses volailles et de saboter le travail, elle menace d’appeler le ministre… et c’est en permanence. J’ai une belle équipe, ils font du très bon boulot », affirme Françoise Lou Chao. https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2026/03/ABATTOIR-directrice-1.wav La directrice a eu écho du ressenti des salariés qui ont « subi les foudres » de l’éleveuse par courriers rédigés par ces derniers en décembre dernier. « Les plaintes incessantes et quotidiennes venant de sa part sont très contre-productives et ont pour seul but de nous démoraliser sur le plan physique et moral. Il faut que cela cesse, surtout que c’est la seule à se plaindre, pour des motifs inexistants ou infondés. » Ou encore : « L’éleveuse Vaihere continue de s’acharner sur nous à chaque fois qu’elle dépose ses volailles vers 5 heures du matin. Si elle ne nous menace pas, elle est là à dénigrer notre travail. On est des êtres humains, on ne va pas constamment encaisser ses propos blessants, il est grand temps que ça s’arrête », peut-on lire dans les courriers des employés adressés à leur directrice. Pour réagir à cette situation, Françoise Lou Chao a donc interdit, début décembre, l’accès à l’abattoir à Vaihere Mollard Lehartel, précisant que « ses volailles et ses salariés sont les bienvenus ». « Les salariés ne veulent pas la voir, ils ont été très clairs, ils ne veulent plus la subir. Si elle insiste, ils vont exercer leur droit de retrait, c’est-à-dire abandonner leurs postes. Ça fait partie des droits des salariés, c’est dans le code du travail. Moi en tant qu’employeur, j’ai une obligation : celle d’assurer leur sécurité et je lui ai expliqué qu’elle représentait un danger pour les salariés et que j’éloignais le danger. » https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2026/03/ABATTOIR-directrice-2.wav Pas une question de genre, selon la direction de l’abattoir « Moi, une femme, j’irais défavoriser une autre femme ? » Face à cette accusation, la directrice est sans appel et nie que l’éleveuse soit traitée différemment en raison de son genre, soulignant même lui avoir proposé l’aide des salariés de l’abattoir en l’absence de l’un des employés de l’élevage, en congé. Proposition que Vaihere Mollard Lehartel a refusé, selon Françoise Lou Chao. « Elle joue de ça, et en jouant avec ça, elle a toutes les féministes avec elle. Ce n’est pas parce qu’elle est une femme. Moi j’ai fait des propositions amiables, j’ai rappelé à plusieurs reprises que les salariés de l’abattoir allaient donner un coup de main à ses salariés. Elle a répondu : ‘je n’ai pas besoin d’aide’. » https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2026/03/ABATTOIR-directrice-3.wav L’éleveuse soutenue sur les réseaux sociaux Ce lundi 23 mars au matin, l’éleveuse s’est rendue à l’abattoir pour déposer ses poulets et n’a donc pas été autorisée à accéder au bâtiment, ce qu’elle a relaté en live sur Facebook. La directrice de l’établissement lui a fait parvenir un courriel indiquant que ses salariés pouvaient effectuer le dépôt, ce à quoi Vaihere Mollard Lehartel a répondu dans un second live, plus tard dans la journée, qu’elle n’avait pas d’employé et que c’était elle qui gérait son entreprise Tamaru Farm, et non la direction de l’abattoir. Dans cette seconde prise de parole en live sur Facebook, elle s’est montrée très émue, « fatiguée », parfois en larmes. Vaihere Mollard Lehartel y remercie les personnes qui la soutiennent, appelle à « ne pas être haineux sur les réseaux » et dit ne pas vouloir « répondre à la colère par la colère, à la haine par la haine ». En réponse au post de l’abattoir qui contenait notamment des photos de poulets « verts, bleus, violets et même multicolores« , Vaihere Mollard Lehartel a invité ses followers à se renseigner sur l’origine de ces problématiques, soulignant que la qualité de sa production n’en était pas la cause et rappelant qu’il s’agissait là d’un nouvel élément pour l’empêcher de faire son travail. « Les critiques, les photos, tout ce qui a été dit, pour moi, c’est peut-être juste un appel au secours ou pour mettre des bâtons dans les roues d’une éleveuse qui a envie d’avancer. On attend que les choses bougent au niveau du gouvernement, que le conseil d’administration puisse faire quelque chose, aider une éleveuse qui n’a pas besoin qu’on l’enfonce », peut-on notamment l’entendre dire durant sa prise de parole de près de 25 minutes, au milieu de l’un de ses poulaillers. https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2026/03/ABATTOIR-eleveuse-1.wav