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Remaniement : pour le Tavini, le problème reste « l’incurie du président du Pays »


Pour le parti bleu ciel, le remaniement ministériel officialisé ce lundi, le sixième depuis le début de la mandature, « illustre l’incapacité de l’exécutif actuel à diriger notre pays, même en sacrifiant ses meilleurs soldats ». Même si Moetai Brotherson assure que le lien n’est pas rompu avec Oscar Temaru, le Tavini tire un bilan catastrophique de l’action du président du Pays. Et appelle, comme Tony Géros l’a déjà fait, à « en changer pour le bien de notre fenua ». Les autonomistes ne demandent pas de démission, mais s’inquiètent aussi d’un changement d’équipe qui, en pleine tempête, envoie un mauvais message et ne résouds pas les problèmes de fond sur la préparation des jeux ou les réformes de santé.

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Une pirogue dans la tempête, au bord du naufrage, son équipage passant par-dessus bord. C’est ainsi que le Tavini a illustré, ce lundi, sur sa page facebook. , le remaniement officialisé dans la matinée par Moetai Brotherson. Alors que le président du Pays indiquait, devant les caméras, que le « lien n’est pas rompu » avec Oscar Temaru, avec qui il dit s’être entretenu la semaine dernière aux côtés de Tematai Le Gayic, Tony Géros et les autres cadres du parti bleu ciel ont depuis longtemps coupé les ponts avec le meneur de la campagne de 2023. Et le divorce est encore plus consommé sur les réseaux sociaux. Le Tavini voit ainsi chez Cédric Mercadal et Kainuu Temauri deux ministres qui « sont allés au bout de leur capacité à encaisser pour leur chef » et ne veulent pas aller « plus loin dans le sacerdoce gouvernemental ». C’est la « trahison » du Tavini « ourdie par M. Moetai Brotherson » qui a obligé Cédric Mercadal à « prendre de face la vague majoritaire ‘api » et l’abrogation de la réforme du RNS qu’il avait portée « contre vents et marées », quitte à « imposer » aux élus du groupe un vote en septembre. Des dix mois de ministère de Kainuu Temauri, le Tavini ne retient que le « revirement aussi inattendu que coûteux » sur les piscines de Mamao, témoin d’une « impréparation généralisée de ces Jeux » et qui fait craindre un « scénario catastrophe d’une annulation » de Tahiti 2027.

Dans les deux cas, les ministres ne sont donc pas le problème pour le parti indépendantiste : ils « illustrent l’incapacité de l’exécutif actuel à diriger notre pays, même en sacrifiant ses meilleurs soldats ». « Arrivé à trois années d’exercice solitaire du pouvoir, les effets de communication ne suffisent plus à masquer l’incurie de l’actuel président du Pays », tacle le Tavini, qui appuie au passage sur la rejet au Cesec – et demain, peut-être à l’assemblée – du projet de stratégie économique Cap 2033. Cherté de la vie, accès au logement, à l’emploi, ice, manque de grands chantiers et même congestion routière… Le parti de Tony Géros, qui semble avoir pris un leadership interne dans la réaction à la scission de A fano tià, pointe à chaque fois la responsabilité du président du Pays. « Il est temps d’en changer, pour le bien de notre fenua, pour aider vraiment notre nuna’a », lit-on sur la page du mouvement. Malgré ce positionnement ferme, Maurea Maamaatuaiahutapu tient à remercier les ministres sur le départ pour leur engagement et « leur excellent travail malgré tout », et assure que le groupe Tavini à l’assemblée est prêt à travailler avec les deux nouvelles membres du gouvernement. « Nous n’allons pas nous inscrire dans une démarche d’opposition systématique », explique la représentante bleu ciel à l’assemblée.

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Les autonomistes plus mesurées, mais eux aussi inquiets

Côté autonomiste, pas d’appel à la démission du président, mais on n’est pas plus convaincu de l’intérêt de ce remaniement. Nicole Sanquer note que les deux ministres démissionnaires, malgré les motifs familiaux et personnels mis en avant pour expliquer leur départ, abandonnent des portefeuilles marqués par des « urgences ». Du côté de la santé, la présidente de A here ia Porinetia rappelle que Raihei Ansquer a elle-même défendu le projet de schéma d’organisation sanitaire devant la commission santé de l’assemblée. La députée et représentante note qu’elle a su répondre aux questions des élus, « ce qui est une bonne chose », mais prévient que les débats pourraient être plus tendus en plénière. Et pas seulement sur ce sujet. La nouvelle ministre, qui défend toujours la réforme du RNS malgré l’inévitable abrogation, note-t-elle, propose de mener de larges discussions sur la PSG et d’autres réformes de fonds du secteur. Et ces concertations ne seront pas facile pour la médecin qui a officié un peu plus d’un an comme conseillère au sein du ministère. « Gérer la santé et la PSG, ça demande une certaine connaissance des acteurs, et surtout des partenaires sociaux » :

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Côté sports, le deuxième changement de ministre en moins d’un an a de quoi interpeller le Pacific Games Council comme les Polynésiens, reprend Nicole Sanquer qui parle d’un « manque de sérieux ». D’autant qu’à un an des jeux, les inquiétudes sont fortes sur la préparation des infrastructures :

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Interrogée sur Polynésie la 1ere, Tepuaraurii Teriitahi partage ces inquiétudes au nom du Tapura et parle d’un « constat d’échec » du gouvernement et de son président. « Il faut trouver des coupables, et puis, il faut essayer de redonner de l’oxygène, de se dire qu’il ne faut pas s’inquiéter, on a la solution, explique la tavana de Paea et ancienne présidente du groupe rouge à Tarahoi. Donc on met des nouvelles personnes. Sauf que je ne pense pas que ce soit en changeant les ministres qu’on va être dans les temps pour les Jeux du Pacifique. Ce n’est pas en changeant le ministre qu’on va trouver la solution pour la réforme du RNS ».