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Tahiti Air Charter aux Marquises : Bouissou met la pression sur l’État [MàJ]

Tahiti Air Charter

©Tahiti Air Charter

Alors que sa desserte inter-Marquise doit démarrer le 1er juillet, Tahiti Air Charter attend toujours la validation des procédures d’exploitation pour desservir Ua Pou et Ua Huka. De quoi provoquer une « petite inquiétude » chez Jean-Christophe Bouissou, le ministre en charge des transports interinsulaires qui demande à l’État d’accélérer la marche pour « rassurer » les passagers des Marquises. Le Haut-commissariat rappelle quant à lui que le dossier a été complété tardivement et assure que tout est fait pour que les analyses de sécurité, complexes et nécessairement rigoureuses, soient effectuées dans les meilleures délais.

L’attente se fait longue et le ministre en charge des transports interinsulaires, Jean-Christophe Bouissou, commence à s’impatienter. Tahiti Air Charter, qui bénéficie des autorisations du pays en matière d’exploitation commerciale, attend toujours la validation des procédures d’exploitation pour desservir Ua Pou et Ua Huka, dont la délégation de service public a été conclue en janvier dernier et doit démarrer le 1er juillet. Cette autorisation, qui porte sur les questions de sécurité, est de la compétence exclusive de l’État et son service de l’aviation civile. Or les deux îles sont connues pour leur aérodrome très particulier avec des reliefs contraignants et des décollages et atterrissages dépendant de la météo. « Le dossier est en cours d’instruction », explique Emmanuel Bonifait, le directeur d’exploitation de Tahiti Air Charter, qui avait reconnu, dans les pages de Tahiti Infos, que « la procédure était extrêmement compliquée ». « On suit la procédure, mais on ne maîtrise pas les délais d’instruction, précisait alors le responsable. La balle est dans le camp de l’administration. Mais tant que nous n’avons pas l’autorisation en main, difficile de s’engager ».

Interrogé hier soir, Jean-Christophe Bouissou reconnait « une petite inquiétude » concernant l’aviation civile de l’État qui tarde à valider les procédures d’exploitation. Plusieurs questions étaient soulevées : l’équipement « Short take-off and landing » de l’appareil, les qualifications spécifiques des pilotes pour atterrir et décoller sur ce genre de piste courte, et un concurrent de la compagnie avait s’était même étonné de voir des appareils monomoteurs opérer sur des lignes inter-îles commerciales. Pour le ministre, tous ces freins ont désormais été levés.

Le ministre a demandé par le biais du président du Pays qu’une réunion en visioconférence soit organisée avec la Direction générale de l’aviation civile de Paris et la compagnie Tahiti Air Charter car l’incertitude plane sur un réel démarrage du programme de vols au 1er juillet.

[Mise à jour 16/06] L’État « conscient des enjeux de calendrier », mais surtout des enjeux de sécurité

Sollicité sur ce sujet, le Haut-commissariat rappelle que si les échanges ont commencé il y a plusieurs mois avec Tahiti Air Charter, le dossier complet n’a été déposé par la compagnie que « le 11 juin dernier en début d’après-midi ». Localement, le service d’État de l’aviation civil a mobilisé « toutes ses ressources disponibles » pour mener un premier niveau d’instruction du dossier et pouvoir le transmettre à la direction générale de l’aviation civile en métropole d’ici la fin de la semaine. Car vu la spécificité des pistes des Marquises, et de la complexité des manœuvres nécessaires pour y atterrir ou décoller, des experts nationaux doivent mener une « analyse rigoureuse » des risques identifiés pour cette desserte, et des mesures prévues par la compagnie pour les éviter. L’État, qui veut s’assurer que ces « mesures compensatoires » sont « adaptées et suffisantes » se dit « tout à fait conscient des enjeux de calendrier », mais rappelle que la sécurité du trafic aérien, de sa compétence et da responsabilité, est une priorité absolue. Pas question, donc de précipiter l’instruction qui serait toutefois menée de façon prioritaire. Quant à la demande du président Édouard Fritch de s’entretenir avec la DGAC, elle a été bien accueillie : une visioconférence devrait être organisée dans les jours à venir sur le dossier de la desserte des Marquises.

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