ACTUS LOCALESCULTUREÉVÉNEMENT

Tahiti Fashion Week 2025 : « Créez, sans penser à l’argent ! »

Giorgio Barbieri de Brave Model Management, Shona Tawhiao, créatrice maorie, et Alberto Vivian, créateur et organisateur de la Tahiti Fashion Week.

Pour sa onzième édition, sous le thème « Copacabana », la Tahiti Fashion Week a démarré mercredi soir avec une projection au Liberty et une première apparition des 12 candidates du concours de mannequin, avant le grand défilé de vendredi. Un lancement qui a « très bien marché », selon Alberto Vivian, fondateur et organisateur de l’événement. Dénicheur de talents, il encourage ceux qui veulent se faire une place dans la mode : « Créez, sans d’abord penser à l’argent ! »

La onzième édition de la Tahiti Fashion Week a officiellement commencé ce mercredi avec une soirée film au Liberty, suivie du premier défilé des douze candidates du concours de mannequins, mettant l’accent sur l’artisanat traditionnel. Alberto Vivian, fondateur et organisateur de l’évènement, était l’invité de Radio 1 : l’occasion de faire le point sur cette édition – qui culminera vendredi avec le grand défilé au Royal Tahitien et un soirée « afterwalk » au Reeftop samedi – mais aussi de revenir sur l’évolution de l’événement.

Radio 1 : Combien de créateurs de mode et de bijoux participent cette année ?

Une quarantaine au total, entre le film et le défilé de vendredi soir. Il y a un peu plus de textile cette année que de bijoux, contrairement aux éditions précédentes. Dans l’artisanat, on oublie souvent d’inclure le textile, alors que c’est tout aussi important parce que ça donne du boulot à beaucoup de gens : il fait vivre des couturières, des patronnières… Cette année, il y a plus de créateurs de textile que de bijoux.

Quels sont les critères qu’il faut remplir en tant que créateur pour participer à la Tahiti Fashion Week ? 

Les critères, c’est avant tout d’être créateur, puis de faire des choses pas vendables. C’est un show et il faut que ça reste un show. Et c’est justement ce qu’a fait Shona Tawhiao, notre invitée maorie. Même si elle ne va pas vendre les robes et ses créations – c’est à but non commercial, justement –, tu vas dire waouh ! Un show est réussi quand on me dit que c’est magnifique.

C’était une première, ce film sur l’histoire de la Tahiti Fashion Week, qui a été diffusé ce mercredi au Liberty. Est-ce un format que vous comptez renouveler ?

Quand il y a eu le covid, nous étions les premiers dans le monde, juste avant Armani, qui avons fait une Fashion Week digitale. Le mode, c’est aussi être avant-gardiste. Cette année on a fait le film, l’année prochaine, qui sait ? Peut-être dans un avion, ou peut-être sur un nuage… on ne sait pas. Mais en tout cas le film et le défilé d’artisanat qui a suivi ont très bien marché. C’était la première fois qu’on dévoilait les filles hier soir, après le film, lors d’un défilé dans le cinéma, avec des pièces magnifiques et c’était complètement improbable, inattendu, et vraiment génial.

Chaque année, les gagnantes du concours de mannequinat partent à Milan avec l’agence Brave Model Management. Combien de places sont prévues pour cette année ?

Trois normalement, en tout cas il y a trois billets d’avion, après c’est à l’agence de mannequins de voir.

Est-ce que c’est la première fois qu’une artiste du Pacifique Sud participe à l’évènement ?

On en a eu des îles Cook, on en a eu de Hawaii, on en a eu de Nouvelle-Calédonie, donc beaucoup de personnes du Pacifique Sud et du triangle polynésien, mais de Nouvelle-Zélande c’est effectivement la première fois.

© fb Shona Tawhiao 2024

Est-ce qu’on a des nouvelles de la gagnante de l’année dernière ?

Oui, Herevai Villierme travaille beaucoup. Évidemment, comme toute fille ou garçon, peu importe, quand tu arrives dans un pays que tu ne connais pas, au début tu es un peu intimidée, mais après petit à petit elle a fait des défilés et des photos. Sur nos réseaux, il y a plusieurs stories et photos d’elle pendant les défilés et les shootings.

©fb TFW Herevai, gagnante du concours de mannequins 2024.

À part quelques noms qui reviennent, comme Hinanui Campello, gagnante 2018, une fois que les filles partent pour Milan, on entend peu parler d’elles, pourquoi ?

Il y en a plusieurs qui réussissent, comme Hinanui Campello, mais aussi Tia Wan, gagnante de l’édition 2016 qui est à Paris, ou encore Leyna, finaliste 2023. En revanche, il faut vraiment faire la différence avec les Miss. Mannequin, c’est un boulot. À Tahiti on en fait toute une montagne, mais mannequin c’est avant tout un métier, et y en a qui veulent qu’on parle d’elles, tout comme y en a qui ne souhaitent pas qu’on parle d’elles.

D’autres nouveautés cette année ?

Oui, on a relancé les t-shirts “contre la drogue” qu’on avait déjà faits il y a longtemps. Je sais que ce n’est rien du tout, juste symbolique, mais si tout le monde y mettait un peu du sien… Pour l’instant, seuls les mannequins et le staff les portent lors des sorties officielles.

Est-ce que le milieu de la mode est particulièrement touché par la drogue ? 

Absolument pas, ce ne sont que des légendes urbaines. Une fille ou un garçon qui prend de la drogue ne sera jamais mannequin. C’est un métier qui demande une vie saine, que ce soit l’alimentation, la peau, les cheveux… tout de la tête jusqu’au petit doigt. Ça fait le buzz quand un mannequin se drogue, c’est pour ça qu’il y a ce stéréotype, mais il faut faire attention aux amalgames.

Est-ce qu’il y aurait un message que vous aimeriez faire passer ?

Créez, sans penser d’abord à l’argent. À Tahiti, les gens pensent de plus en plus à l’aspect financier. Bien sûr qu’il faut gagner sa vie, mais quand tu crées tu ne penses pas à l’argent.

  • Toutes les informations de la Tahiti Fashion Week sont à retrouver sur la page Facebook de l’événement. La billetterie pour le défilé (voir programme ci-dessous) et la soirée est ouverte ici.

Article précedent

Recrutement | La FTF recherche un Agent Administratif chargé des compétitions

Article suivant

Assises : violée, battue, mais elle l’aime encore

Aucun Commentaire

Laisser une réponse

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

PARTAGER

Tahiti Fashion Week 2025 : « Créez, sans penser à l’argent ! »