ACTUS LOCALESSECTEUR PRIMAIRE Taivini Teai envisage la transformation de l’Épic vanille en société d’économie mixte Caroline Perdrix 2025-02-11 11 Fév 2025 Caroline Perdrix Le ministre de l’Agriculture Taivini Teai n’est pas surpris du constat de la CTC, qu’il dit avoir fait lui-même depuis son arrivée en poste. Mais il s’oppose à une suppression pure et simple de l’Épic Vanille de Tahiti, préférant l’option d’une transformation de sa forme juridique et de ses missions. Des réunions de concertation menées depuis octobre orientent la réfléxion vers la création d’une société d’économie mixte (SEM), peut-être également en charge d’autres « plantes à haute valeur ajoutée », qui se concentrerait sur la production et la transformation, tandis que les missions d’accompagnement technique seraient confiées à la Chambre d’agriculture, plus crédible auprès des producteurs. Lire aussi : La CTC recommande de dissoudre l’Épic Vanille de Tahiti Le sujet est cher au cœur du ministre, chimiste de profession, qui a passé une bonne partie des vingt dernières années à travailler sur la vanille. La teneur du rapport d’observations de la CTC sur l’Épic Vanille de Tahiti n’est pas une surprise pour lui, et il prend soin de rappeler que ce rapport « établit un état des lieux de cet établissement sur la période qui a précédé notre gouvernance. » Après sa nomination au gouvernement en 2023, il avait été l’auteur de la feuille de route 2024-2028 dont la mise en œuvre, ou plutôt l’absence de mise en œuvre, est mise en évidence par la CTC. Il avait aussi immédiatement demandé un audit de l’établissement à la Direction de la modernisation et de la réforme de l’administration, rapport qui lui a été rendu en juillet 2024. « Il y a eu des alertes qui ont été faites de la part du personnel et ces alertes n’ont pas été écoutées, suivies. On en vient maintenant, en effet, à l’effet boule de neige, c’est-à-dire que ce qui n’a pas été traité n’a pas tendance à s’atténuer, bien au contraire. » Taivini Teai mène des concertations depuis le mois d’octobre sur l’avenir de l’Epic Vanille. « Pour moi on ne peut pas le fermer comme ça, parce qu’il y a des programmes qui ont été mis en place, il est important de les continuer », dit-il en soulignant que les missions de l’Épic pourraient être reprises par « des organismes dont c’est déjà la fonction, mais voilà, quid des ressources humaines ? » dit-il à propos des 41 agents de l’Épic Vanille. https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2025/02/TAIVINI-TEAI-VANILLE-01.wav La première piste d’économies sur la masse salariale est de réduite le nombre d’agents administratifs : « le nombre de traitements de dossiers ne justifie pas forcément de maintenir ces postes. » Une dizaine d’agents ont déjà indiqué qu’ils étaient prêts à quitter l’établissement via une procédure de licenciement négocié, dit-il. « Un établissement de production et de transformation », peut-être sous forme de société d’économie mixte Mais le ministre ne semble pas envisager une disparition pure et simple. « Ce sur quoi on discute, c’est que cet établissement soit un établissement de production et de transformation de la vanille de Tahiti », dit Taivini Teai. « L’accompagnement agricole, technique, on a un organisme qui sait très bien le faire, c’est la CAPL (Chambre d’agriculture et de pêche lagonaire, ndr). » En discussion aussi, le futur statut, qui pourrait être celui d’une société d’économie mixte, pour permettre la participation du secteur privé. https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2025/02/TAIVINI-TEAI-VANILLE-02.wav Le ministre de l’Agriculture veut mettre l’accent sur la transformation, qui actuellement « se fait à l’étranger » alors que trois produits peuvent être obtenus : la gousse de vanille « épuisée » (séchée) utilisée en pâtisserie pour ses grains visibles, l’extrait ou oléorésine qui a la plus forte valeur ajoutée, et les paraffines naturelles de la gousse qui peuvent être utilisées en cosmétique, par exemple dans la formulation de rouge à lèvres. « Je souhaite que le nouvel établissement qui émergera de nos discussions puisse se focaliser sur l’extrait de plantes. Et là, je ne parle pas que de vanille, je parle des plantes potentiellement à haute valeur ajoutée. »