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Tamatoa Kautai : « Morito, c’est un personnage ancré dans mes entrailles »

Déjà applaudie par plus de 5 000 spectateurs, la comédie en reo Tahiti ‘O Morito ta’u vahine revient le 17 janvier 2026 sur la scène du Grand théâtre. Adaptée de Ma femme s’appelle Maurice, la pièce en est à sa quatorzième représentation depuis 2021, et continue à attirer. Tamatoa Kautai, qui incarne le rôle-titre, dit s’être « reconnu » dans Morito, et voit à chaque rendez-vous le public s’attacher lui aussi aux personnages. Il parle surtout de l’alchimie entretenue sur scène par la petite troupe, qui comprend notamment Christopher Prenat et Heiiti Chanson, renforcée par les adaptations constantes de la pièce « qui évolue en même temps que nous ».

Vue par plus de 5 000 spectateurs à travers le fenua, la pièce de théâtre ‘O Morito ta’u vahine revient le 17 janvier 2026 sur la grande scène de Te fare tauhiti nui. Depuis 2021, la comédie en reo tahiti, montée par SA Productions et soutenue par Radio1 et Tiare FM, a été jouée déjà 13 fois, souvent à guichet fermé, de la salle Manu Iti de Paea au Grand Théâtre, en passant par la salle Moeata à Taravao, le  Petit Théâtre et même le cinéma Le Majestic à Papeete. Comédie de boulevard revisitée à la polynésienne, ‘O Morito ta’u vahine est l’adaptation de Ma femme s’appelle Maurice, pièce écrite en 1997 à Paris par Raffy Shart, et jouée dans plus de 50 pays, traduite dans plusieurs langues, et adaptée également au cinéma. Installé en Polynésie, l’auteur a lui-même assuré l’adaptation et la mise en scène de cette version locale en 2021, traduite en reo tahiti par Jacquot Tiatia.

« Morito évolue en même temps que moi »

Pour Tamatoa Kautai, l’interprète de Morito, la clé du succès rencontré localement tient beaucoup dans l’appropriation de la pièce par les acteurs. « J’aime bien dire que même si les personnages ont déjà été “inventés” par l’auteur, chaque comédien de notre petite troupe s’est approprié son personnage, et a mis un peu de feeling, explique l’artiste. C’est comme une composition d’un nouveau personnage et je pense que beaucoup de personnes qui viennent voir la pièce se reconnaissent, justement, un peu dans les personnages. »

Des personnages qui continuent d’ailleurs de changer avec le temps et les comédiens. « Par exemple, Morito évolue en même temps que moi et ma petite carrière dans le milieu de la comédie. Je gagne plus en confiance, donc je pense que ça se ressent dans le jeu, dans les postures, et la manière de s’exprimer du personnage sur scène », explique Tamatoa Kautai, ajoutant que pour son cas, Morito est un personnage qu’il « affectionne particulièrement » : « Je l’ai déjà joué plusieurs fois et je n’ai pas peur de le dire, c’est un personnage qui est ancré dans mes entrailles maintenant ».

Un lien singulier formé dès les premiers instants. « Je me vois un peu en lui, c’est quelqu’un de profondément gentil, serviable, bon, et qui veut toujours faire les bonnes choses, précise-t-il. Mais c’est aussi quelqu’un d’assez candide, d’assez naïf, et un peu maladroit par moments, et je me suis reconnu un petit peu dans le personnage ». 

Tihoti, un mari infidèle prêt à tout pour dissimuler sa liaison

Et bien que les acteurs passent régulièrement plusieurs mois sans se voir et répéter la complicité, entre eux et avec leur rôle, ne faiblit pas. Chaque nouvelle représentation est d’ailleurs attendue impatiemment par la troupe. « La pièce nous manque, les personnages nous manquent, et quand on se retrouve, ça fait toujours plaisir »,reprend Tamatoa Kautai, qui fait donc partie de sept comédiens polynésiens de retour de 17 janvier, aux côtés de Christopher Prenat, qui arrivera tout spécialement de Nouvelle-Zélande pour jouer Tihoti, mari infidèle et prêt à tout pour dissimuler à son épouse Marina, interprétée Kahaia Mollen, sa liaison avec Katia. Campée par Heiiti Chanson, la maîtresse est lassée d’attendre et décide tout révéler pour provoquer une séparation, ce que tente d’éviter Tihoti en demandant à Morito, un bénévole de passage dans l’immeuble, de se faire passer pour sa femme. Tepa Teuru, Yann Paranthoën, Merehau Cugnet complète la troupe, dans un scénario plein de quiproquos, d’invités inattendus, et de stratagèmes qui sombrent dans le chaos. Fidèle aux codes du vaudeville, la pièce joue sur le triangle amoureux et pousse jusqu’à l’absurde une question universelle : jusqu’où peut aller un homme pour dissimuler une liaison ?

Les billets pour la représentation du 17 janvier sont déjà en vente, à partir de 3000 francs, en ligne sur ticketpacific.pf, dans les magasins Carrefour et à l’accueil de Radio 1 et Tiare FM à Fare Ute. Cinq autres représentations de la pièce sont prévues au petit théâtre de la Maison de la Culture, du 5 au 15 juin 2026.

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