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Tepuaraurii Teriitahi : « Il n’y a pas de coalition entre le Tavini et le Tapura »


Invitée de la rédaction de Radio 1 ce mardi, la tavana de Paea a réaffirmé que le Tapura, au-delà de « convergences » de circonstances sur le RNS, n’avait ni discussion ni accord avec le Tavini. Le parti autonomiste ne « contribuera pas » à faire tomber l’exécutif Brotherson, par souci de stabilité dans le pays, et est prêt à trouver une majorité ponctuelle, pour ou contre des textes, avec tout le monde, y compris A fano tià. Un parti qui, pour l’ancienne présidente de groupe, aura du mal à convaincre vu le bilan de l’exécutif. Quant aux territoriales, pour lesquelles Édouard Fritch la considère comme une « candidate sérieuse » pour mener le Tapura, elle dit ne pas s’y préparer « pour l’instant », se consacrant à « 100% » à Paea. « Je me donne un an pour faire mes preuves déjà au sein de la commune. Et puis après, on verra ».  

Des votes « en fonction des textes », « comme depuis le début de la mandature », et aucune alliance avec le Tavini. C’est ainsi que Tepuaraurii Teriitahi résume la position du Tapura dans les tensions politiques qui ont déchiré, ces dernières semaines, la majorité indépendantiste. Lors de la dernière séance de l’assemblée, les 16 représentants rouges, comme les deux élus A here ia Porinetia, ont pourtant paru avoir des manœuvres coordonnées avec le groupe bleu ciel, en guerre ouverte avec A Fano tià et le gouvernement Brotherson.

Au rejet de deux textes – Tama’a Maitai et l’Aide au paiement des loyers – que le gouvernement a été contraint de retirer, s’ajoute le dépôt d’une proposition de loi commune sur l’abrogation du RNS qui, après l’avis favorable que devrait rendre le Cesec ce mercredi, sera étudiée en commission jeudi puis en plénière le 21 mai. Mais pour la tavana de Paea, ancienne présidente du groupe Tapura, il ne s’agissait là que de « convergences » circonstanciées.

Le Tapura ne « contribuera pas » à faire tomber l’exécutif

Tama’a Maitai et l’APL, étaient déjà dénoncés pour leur fonctionnement ou leur poids budgétaire, le RNS, « nous nous y étions déjà opposés » en septembre, contrairement au Tavini… Et si les élus autonomistes ont accepté de voter le projet de loi sur le bail réel, faisant au passage revenir le Tavini à la table des discussions, c’est parce « qu’il y avait quelque chose à sauver », par voie d’amendement.

Bref, « contrairement à ce que certains essayent de faire croire, il n’y a pas de coalition entre le Tavini et nous », insiste Tepuraurii Teriitahi. « On n’est pas dans un mariage qui a pu être annoncé par d’autres médias, ni aucune coalition. Nous l’avons déjà annoncé au niveau du Tapura, qu’on serait une minorité active et qui serait toujours demandeur d’amélioration dans les textes si besoin. On n’a pas du tout à voter en fonction d’un autre groupe ou d’un autre parti. À partir du moment où le texte répond à nos attentes, on est tout à fait disposés à voter pour ».

L’élue veut être claire : la « majorité de sagesse » mise en avant par Tony Géros, elle peut se constituer avec n’importe quel groupe, y compris A Fano Tià en fonction des débats. Pas question de « se mettre d’accord à l’avance » pour « casser des textes », et pas question non plus de s’entendre avec le Tavini pour « casser le gouvernement ». 

Tepuaraurii Teriitahi, tous scénarios de renversement du gouvernement Brotherson, qu’on parle de motion de défiance ou de motion de renvoi – qui implique aussi que le président engage lui-même sa responsabilité sur un texte budgétaire – passe par un vote de tout ou partie du Tapura. Or l’élue l’avait dit le 9 avril, elle le répète : le parti autonomiste n’y « contribuera pas ». « Je crois que tout le monde a gardé dans son esprit le traumatisme de la période 2004-2013. Et je pense qu’en premier, les chefs d’entreprise ne voudraient pas qu’on rentre dans un tel scénario, reprend-t-elle. Le Tapura ne rentrera pas dans ce jeu, justement, pour ne pas créer cette instabilité ». L’exécutif jusqu’à preuve du contraire, reste donc en place, et l’ancienne présidente du groupe rouge l’appelle à « prendre le temps d’entendre les arguments » et de « composer » avec la minorité autonomiste. 

A fano tià : « les personnes qui pourraient être séduites regarderont aussi le bilan » du gouvernement

Si le Tapura dit rester à l’écart des batailles indépendantistes, il reste attentif à la formation du nouveau parti A fano tià, qui doit être lancé au mois de juin. Car le mouvement représenté par Tematai Le Gayic à l’assemblée et dont Moetai Brotherson devrait prendre la présidence, avec son discours sur l’indépendance préparée, le développement avant la souveraineté, a l’ambition d’attirer bien au-delà de l’électorat traditionnel du Tavini.

« C’est une réalité : il y a des personnes qui ne sont pas indépendantistes, mais qui ne se reconnaissent pas non plus dans un parti autonomiste. Et elles pourraient être séduites par un nouveau parti qui se prétendrait souverainiste, même si certaines déclarations faites par les membres de ce parti avaient plutôt l’air de déclarations indépendantistes radicales, leur discours à changé, note Tepuaraurii Teriitahi. Mais je pense que les personnes qui pourraient être séduites regarderont aussi le bilan. Parce qu’on peut appeler un parti comme on veut, mais à un moment donné, il faut juger les personnes qui composent ce parti et qui le dirigent. Ça fait trois ans qu’on est dirigé par ce gouvernement. (…) Alors, c’est vrai, on a un président qui est fort sympathique, qui est très présent sur les réseaux, qui semble être très proche du peuple. Mais au niveau du travail, au niveau des textes, au niveau des mesures concrètes attendues par les Polynésiens, il y a une grosse déception ».

Une déception qui s’est sentie, entre autres facteurs, dont les divergences de discours du Tavini, dans les résultats des élections municipales, où la candidate de Paea a éliminé au premier tour son concurrent et maire sortant à Paea Tony Géros.

Territoriales : « pour l’instant, mon esprit est exclusivement consacré à Paea »

Si elle n’accuse pas directement, comme le fait déjà le Tavini, le gouvernement Brotherson de faire campagne avec les moyens du Pays, Tepuaraurii Teriitahi ne « veut pas être dupe ». »À un moment donné, l’enjeu, il ne faut pas se le cacher, c’est 2028 pour beaucoup« , dit-elle. Et dans les discussions sur 2028, son propre nom est beaucoup revenu. Y compris dans la bouche d’Édouard Fritch, qui a fait de la tavana une « candidate sérieuse » pour prendre la tête de liste Tapura aux territoriales, et donc, potentiellement, le poste de président du Pays en cas de victoire. Une échéance à laquelle elle se prépare ? « Pour l’instant, pas du tout, puisque je suis à 100% sur la gestion de la commune de Paea que je viens de récupérer, répond-t-elle. Et je ne manque pas d’activités et d’occupations justement pour prendre soin de ma commune. Je me donne un an pour faire mes preuves déjà au sein de la commune de Paea. Et puis après, on verra ».

L’élue n’exclut rien, ne se sent « en rivalité avec personne », mais rappelle que son parti, qui doit déjà trouver un candidat pour accompagner Lana Tetuanui aux sénatoriales, est loin d’avoir entamer le processus pour faire un choix aux territoriales. « C’est vrai que le président a laissé sous-entendre qu’il ne se présenterait pas, mais il n’a pas affirmé, il n’a pas dit que c’est sûr qu’il n’allait pas le faire. Et puis, je pense qu’il a proposé mon nom parce qu’effectivement, on a eu de très bons résultats à Paea. J’ai réussi à faire consensus. Et que souvent, effectivement, avec les différentes tendances politiques, j’ai tendance à arriver à faire consensus avec les uns et les autres. Mais il n’y a rien de défini, il n’y a rien de discuté. Et il ne m’a pas demandé mon avis. Pour l’instant, en tout cas, mon esprit est exclusivement consacré à Paea ».

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Jt Vert 06/05/2026

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