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Tevaiti Pomare : « Il n’y a pas d’opportunisme politique chez moi. Je suis un souverainiste né »

L’ancien ministre des Finances mène Pirae to’u ai’a, une liste « ouverte » mais soutenue par le Tavini. Oscar Temaru, dit-il, l’a choisi pour « sa jeunesse, son expérience et ses compétences » qu’il veut mettre au service d’une commune que sa « famille a batie ». À l’entendre, la gestion d’Édouard Fritch a surtout pour bilan d’avoir « doublé le nombre de quartiers prioritaires ». Il reproche aussi au maire sortant ses projets « surdimensionnés qui ne répondent pas aux besoins de la population ». Son programme, qui vise à « restaurer l’âme et l’identité de Pirae », se résume en un slogan : « Protéger, bâtir et servir ».

Thilda Garbutt-Harehoe a été son institutrice du CP au CM2 et Tevaiti Pomare garde donc « beaucoup de respect pour elle ». Mais c’est lui qui a été choisi par Oscar Temaru pour porter les couleurs du Tavini à Pirae, et pas l’élue de l’assemblée, pourtant figure historique du parti sur la commune. « Il pense que l’avenir de notre pays appartient à la jeunesse et je le remercie de m’accorder sa confiance, explique-t-il. Il m’a choisi parce qu’il avait confiance en moi et aussi pour mes compétences. Aujourd’hui, j’ai 48 ans, j’ai été consultant dans des grands cabinets parisiens, j’ai eu des responsabilités en tant que ministre et avec ce travail dans le cabinet du maire d’Oscar Temaru, j’ai été au plus proche de la population de Faaa, qui est la plus grande commune de Polynésie. »

Une expérience qu’il veut aujourd’hui utiliser pour sa première candidature aux municipales, chez lui, à Pirae. Et il l’assure, « il n’y a pas d’opportunisme politique chez moi. Je suis un souverainiste né. Et je suis pour qu’un pays soit fort et le peuple uni ».

« Notre famille a construit Pirae et la Polynésie »

Tevaiti Pomare puise sa motivation pour devenir tavana de Pirae dans son histoire : « Je suis un enfant de Pirae. Le grand-père de mon grand-père, c’est le prince Hinoi, qui est le petit-fils de la reine Pomare IV. Et donc, notre famille a construit Pirae et la Polynésie. Dès mon plus jeune âge, j’ai toujours rêvé de m’occuper de ma commune. Certains rêvent de Mister Tahiti, moi, j’ai rêvé de m’occuper de ma commune. Et aujourd’hui, je veux restaurer l’âme et l’identité de Pirae, parce que c’est devenue une commune dortoir bétonnée. »

Pour Tevaiti Pomare, l’ancien maire ne s’est pas suffisamment occupé de sa population. « Quand on regarde les statistiques du contrat de ville, entre 2015 à 2025, le nombre de quartiers prioritaires a doublé (passant de 5 à 9). Et aujourd’hui, la moitié de la population de la commune, 7 000 personnes sur 14 000, sont en situation de précarité. »

Jeunesse, les matahiapo, la sécurité, l’emploi et l’économie

Des quartiers pour lesquels il imagine changer les choses avec un programme centré sur la jeunesse, les matahiapo, la sécurité, l’emploi et l’économie et ces trois mots comme slogan : « Protéger, bâtir et servir ». Il imagine une collaboration accrue avec le CLSPD, un soutien aussi des familles monoparentales et les foyers en précarité avec des « chèque naissance », des « pass périscolaires » ; la création d’un guichet unique ; construire et réhabiliter le marché, le centre artisanal, un espace culturel, une crèche, l’école de Nahoata.

Il veut « sauver l’âme de Pirae » avec des projets culturels pour préserver et mettre en valeur l’histoire de la commune comme le marae Taputapuatea, qui était situé à Aorai Tini Hau, ou encore l’aménagement du spot de surf de Vaipoa et des installations pour permettre la mise à l’eau des bateaux au Fare Va’a. Tevaiti Pomare veut « sauvegarder l’hippodrome », c’est d’ailleurs sur cet espace qu’il a présenté sa liste et « le classer comme patrimoine historique, culturel, naturel, sportif, économique et social ».

Des projets « à taille humaine »

Sur les grands projets d’Édouard Fritch, il considère que le tavana ne répond pas aux besoins de la population. D’ailleurs, quand il arpente les quartiers, il constate que les administrés « ne savent pas vraiment » ce qu’il se prépare. Il imagine plutôt la construction d’immeubles mixtes le long de l’avenue Ariipaea Pomare et laisser Aorai Tini Hau et les anciens terrains du Comsup à des projets « à taille humaine » et libres d’accès pour la population.

Tevaiti Pomare croit au second tour et dit être ouvert aux discussions pour des alliances : « Je consulterai mes colistiers. Ce qui nous importe, c’est l’intérêt de la population. »

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