ACTUS LOCALESMÉTÉO Le swell massif de vendredi fait gonfler le débat sur la sécurité à Teahupo’o Maia Galot 2026-06-10 10 Juin 2026 Maia Galot Teahupo’o lors de Code Red II (13 juillet 2013) ©magicseaweed Alors que les îles du Vent sont passées en vigilance orange ce mercredi après-midi, Faana Taputu, maire de Taiarapu-Ouest, a annoncé avoir préparé un arrêté municipal interdisant la circulation en mer, qui devrait être complété par un texte du Pays. Les surfeurs sont concernés et donc privés, sur le papier en tout cas, d’une session de gros au PK0, qui attend des conditions proches d’un « Code Red » vendredi. « Dommage » pour Matahi Drollet, qui rappelle que c’est « ce genre de conditions qui font que Teahupo’o est connue dans le monde entier ». Pour le free surfeur, les interdictions ne résoudront pas le problème de sécurité autour de la vague. La saison est lancée à Teahupo’o et les débats aussi. Les premières journées de belles conditions au mois de mai ont aussi rouvert les discussions sur la sécurité du spot, alors que le surfeur Matahi Drollet a échappé de peu à un grave accident le 30 mai 2026. Une situation qui a poussé le photographe Tim McKenna à prendre la parole, pour déplorer qu’il y avait « de plus en plus de bateaux, jet-skis et taxi-boats » mais « plus trop de respect » au PK0 et prédisant une « tragédie » prochaine si rien n’était fait pour changer les choses. C’est dans ce contexte qu’est annoncée sur le récif tahitien une houle encore plus conséquente dans les prochains jours : 3m80 de houle pour 17 secondes de période au pic, vendredi, selon les prévisions de surf Surfline. De quoi produire des vagues entre 4m50 et 6m. Des prévisions qui se rapprochent des conditions observées le 13 juillet 2022 lors de la journée aujourd’hui baptisée Code Red II (4,5 m annoncés avec 17 secondes de période ce jour-là). À l’époque, un arrêté avait déjà été mis en place, mais les surfeurs de gros et les pilotes de jetskis l’avait bravé pour répondre à l’appel des vagues. Un arrêté municipal prévu par la commune de Taiarapu-Ouest Avant même le passage de la zone en vigilance orange, le maire de Taiarapu-Ouest, Faana Taputu, avait annoncé avoir préparé un arrêté municipal, qui doit s’appliquer à tous les usagers de la mer… dont les surfeurs. Un arrêté qui devrait bien être publié, puisque Météo France a coloré d’orange toutes les îles du Vent dès ce mercredi après-midi. Une fois en application, « C’est interdit de baignade, interdit de circulation sur la mer et on adaptera ça par rapport au danger qui va survenir. Ils seront [les surfeurs, ndlr] destinataires de l’arrêté qu’on va prendre avec le haut-commissariat », précise le tavana. « Après s’ils veulent aller à l’eau, c’est à leur risque et péril, et c’est là où la DPAM et la gendarmerie doivent intervenir. » https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2026/06/FAANA-TAPUTU-arrete-1.wav En effet, le maire exerce un pouvoir de police des baignades et des activités nautiques à partir du rivage avec des engins de plage et des engins non immatriculés, dans la limite de 300 mètres. C’est la Direction Polynésienne des Affaires Maritimes (DPAM) qui vient compléter cette compétence, en réglementant la sécurité de la navigation et de la circulation maritime ainsi que des activités nautiques. Cette dernière pourrait donc aussi produire un arrêté suite au passage de la zone en alerte orange, venant compléter celui de la mairie, avec interdictions, régulations ou appel à la précaution, selon le degré de risque projeté. La gendarmerie sera alors en charge de faire respecter le dispositif. Une interdiction qui ne solutionne pas le problème de sécurité au spot Pour le free-surfeur Matahi Drollet, dont le métier est notamment de dompter ce type de houle et d’en produire des images, une interdiction d’accès au spot pour tous les usagers n’est pas la solution idéale. « Je trouve dommage qu’on soit obligé d’en arriver à un point où les autorités peuvent maintenant mettre des arrêtés pour nous interdire d’aller à l’eau. Pour ma part, si on interdit l’accès au spot, je trouve ça dommage, surtout s’il y a de grosses conditions. C’est quand même ce genre de conditions qui font que Teahupo’o est connue dans le monde. C‘est pourquoi, par exemple, il y a les JO qui viennent à Tahiti, c‘est d’abord parce qu’il y a des surfeurs qui vont surfer quand il y a de grosses conditions. Ça fait le tour du monde et c’est parce qu’on peut surfer ces jours-là.« https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2026/06/MATAHI-houle-1.wav L’habitué des lieux appelle plutôt à trouver une entente entre photographes et vidéastes postés sur les bateaux « médias », prestataires pilotes de bateaux-taxis emmenant des touristes sur le spot et pilotes de jetski, permettant aux surfeurs d’avoir la place de surfer en sécurité tout en donnant à chacun la possibilité d’accéder au spot. « Pour moi l’interdiction ce n’est pas forcément la première solution, ça c’est vraiment le dernier recours, si vraiment après plusieurs concertations, on voit que ça ne marche pas. Il y a plein de solutions qui peuvent être adoptées avant, on peut d’abord se concerter entre nous. Mettre par exemple une charte de bonne conduite comme Moana David l’avait proposé, pour montrer à tout le monde les bons comportements à avoir au spot. Pour moi, ça commence par le respect des surfeurs, c’est-à-dire nous laisser la place de pouvoir surfer et de pouvoir sortir de la vague en sécurité. Pour moi le problème, c’est les taxi-boats qui poussent trop à l’intérieur alors qu’il n’y a pas besoin d’être là où ils sont. » https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2026/06/MATAHI-houle-2.wav La vigilance orange vagues-submersion de Météo France fait suite à l’arrivée de trains de houles longues et énergétiques de Sud-Ouest, mesurant entre 1m50 et 2m. Cette entrée de houle prévue à partir de mercredi soir, devrait s’amplifier jusqu’à 2m50 à 3m durant la journée de jeudi. Dans la nuit de jeudi à vendredi (où le pic de l’épisode est attendu), elle s’intensifiera pour atteindre des hauteurs comprises entre 3m50 et 4m. La mer sera agitée mercredi soir, et deviendra forte jeudi.