ACTUS LOCALESÉCONOMIEÉDUCATIONNUMERIQUE Virtual Cooking Room, IA et data… Tech Kai met le numérique au service de la cuisine locale Maia Galot 2026-06-16 16 Juin 2026 Maia Galot Thierry Buttaud et Hina Grepin, respectivement Président et directrice du Campus des Métiers et des Qualifications Hôtellerie -Restauration – Tourisme du Pacifique (CMQP) Ce mardi a eu lieu au Haut-commissariat la signature de la convention de financement du projet Tech kai. Porté jusqu’en 2030 par le Campus des Métiers et des Qualifications Hôtellerie-Restauration du Pacifique, il a pour ambition de formaliser et faire connaître une « signature culinaire polynésienne », au travers de multiples outils. Base de données en ligne, inventaire de recettes, travail avec les producteurs et chefs locaux, et surtout formation dans tous les archipels grâce au numérique. Le CMQP table sur des « virtual cooking rooms », cuisines équipées de capteurs, et veut s’appuyer sur l’intelligence artificielle, la réalité augmentée et la réalité virtuelle. La signature de la convention de financement du projet Tech Kai a eu lieu mardi 16 juin en présence du président Moetai Brotherson et du Haut-commissaire de la République Alexandre Rochatte. Ce projet d’envergure porté par le Campus des Métiers et des Qualifications Hôtellerie -Restauration – Tourisme du Pacifique (CMQP) a vocation à « formaliser » et faire connaître la « signature culinaire polynésienne » en mettant en valeur la cuisine traditionnelle du fenua, ses chefs et ses talents locaux, et avec l’ambition d’en faire notamment un outil de développement touristique. Un « objet manquant » imaginé à la demande des professionnels du secteur, comme l’explique Thierry Buttaud, président du CMQP : « Nous avons une forte demande des professionnels sur la formation, sur trouver des jeunes prêts à travailler dans les îles, prêts à travailler ici aussi à Tahiti, qui soient formés, qui connaissent le travail, qui le considèrent comme un travail motivant, comme un travail qui soit extrêmement gratifiant pour eux. Et quoi de plus gratifiant que de transmettre une partie de la culture polynésienne à travers des recettes parfois presque oubliées ou un petit peu confidentielles. Et bien là, l’idée c’est de leur donner de la grandeur, de leur donner de l’ampleur et d’en faire un véritable outil pour raconter une histoire à nos touristes, raconter l’histoire de ce que c’est que la Polynésie, de toutes les émotions et de l’authenticité qu’elle peut véhiculer. » https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2026/06/VIRTUAL-COOKING-ROOMS-1.wav Tech Kai se présente donc sous quatre axes. La formation d’abord, cœur de métier du CMQP, qui sera tournée autour des produits et recettes locaux. L’innovation ensuite, avec la création et l’usage d’outils numériques qui devraient permettre de répondre à la « problématique archipélagique » du pays, magnifier la culture et les produits locaux et faciliter l’accès de tous les publics aux formations qualifiantes en hôtellerie-restauration . L’accompagnement aussi, par des outils adaptés mis à disposition et le rayonnement enfin, par la mise au point d’un inventaire des recettes par archipel et la création d’un livre de recettes et d’une base de données, accessible à terme aux apprenants, formateurs, salariés et professionnels du secteur en Polynésie Française. « Virtual Cooking rooms » : des cuisines connectées pour l’apprentissage Le projet pilote expérimental, premier du genre même à l’échelle nationale, est tourné vers les produits et recettes polynésiennes tout en s’ancrant dans la modernité grâce au déploiement du numérique et d’outils technologiques modernes. Au cœur de Tech kai, les virtual cooking rooms (VCR) vont donc être créées. Ces cuisines, positionnées dans chaque archipel, seront équipées de capteurs permettant du mentorat enrichi par intelligence artificielle (adaptation du contenu à l’apprenant afin de personnaliser le parcours de formation) et du « remote assist », conseils prodigués en direct par un formateur à distance. Y seront aussi accessibles la base de données en ligne comprenant des fiches techniques et pédagogiques, ainsi que du contenu en réalité virtuelle et réalité augmentée, mettant la technologie au service de la filière. Un « cœur du moteur » du dispositif Tech kai, comme le détaille Hina Grepin, directrice du CMQP : « Il y a deux cœurs dans ce moteur. Il y a une base de données en ligne, c’est-à-dire dans laquelle on va mettre des fiches techniques pédagogiques à partir d’un inventaire des produits et des recettes des cinq archipels qui aura été dressé et formalisé. Mais on a également des cuisines connectées, qu’on a appelé des Virtual cooking rooms, qui sont des cuisines avec des capteurs, mais également avec des outils de réalité augmentée, réalité virtuelle, mentorat par l’intelligence artificielle, qui vont permettre de déployer en tout ou en partie tout notre dispositif. Autrement dit, où qu’on soit, on pourra accéder à la base de données en ligne, et puis on aura quatre sites pilotes dans lesquels on aura la cuisine connectée avec tous les outils adjacents. » https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2026/06/VIRTUAL-COOKING-ROOMS-2.wav L’objectif majeur du développement de cet outil à grande échelle est de réduire l’inégalité autour de la formation en donnant accès à cette dernière aux jeunes talents des archipels éloignés. Côté formation, 19 seront développées sous Tech kai : d’une part une partie contextualisée à l’écosystème polynésien (des modules autour des produits et recettes du terroir en ajout aux formations existantes) pour les bacs pro cuisine, licences professionnelles ou encore CAP tourisme et d’autre part la création de formations aujourd’hui manquantes à la « chaine de valeur terre-mer à l’assiette », comme par exemple le CAP opérateur en industrie agro-alimentaire, « pour permettre d’avoir le sourcing en produits polynésiens et décliner cette signature polynésienne tout au long de l’année » ajoute la directrice. Cinq années pour dérouler le dispositif Le projet Tech kai, lauréat de l’appel à manifestation d’intérêt« Compétences et métiers d’avenir » de France 2030, qui vise à accélérer le montage ou l’adaptation de formations existantes aux besoins de compétences des nouvelles filières et des métiers d’avenir, s’étalera de juin 2026 à décembre 2030. L’investissement de France 2030, porté par l’État s’élève à 298 millions de Francs sur un total budgétaire de 450 millions de Francs, le tiers restant étant pris en charge par le Pays. 4000 bénéficiaires devraient en tirer parti, des élèves du 1er degré (par des outils d’éducation à l’alimentation) aux baccalauréats professionnels et technologies, licences professionnelles de cuisine et CAP cuisine mais aussi professionnels de la restauration privée ou scolaire et personnes éloignées de l’emploi.