ACTUS LOCALESFAITS DIVERSJUSTICE Trafic d’ice à Tahaa : il explique se fournir en volant d’autres dealers Alexandra Perrini 2026-07-27 27 Juil 2026 Alexandra Perrini ©RecoveryVillage Suite à plusieurs signalements de riverains, un habitant de Taha’a a été interpellé en possession de 2,5 grammes d’ice, du paka, et 200 000 francs en liquide. S’il reconnaît consommer de la drogue, il nie toute revente et affirme se fournir… en volant de l’ice à d’autres dealers. Les investigations ont pourtant révélé 13 récents allers-retours vers Tahiti, où il est soupçonné de s’approvisionner. Le parquet a requis une peine de cinq ans d’emprisonnement. Un voleur de dealers ? Ce lundi, un homme comparaissait devant le tribunal suspecté de trafic d’ice à Tahaa. Interpellé à la suite de plusieurs témoignages évoquant un « trafiquant » habitant en face d’une école élémentaire, il avait été placé en détention provisoire dans l’attente de son jugement. Lors de la perquisition menée à son domicile, les enquêteurs ont découvert 2,5 grammes d’ice, 25 grammes de cannabis, plusieurs deux-roues, un écran de télévision, un drone ainsi que plus de 200 000 francs en liquide. À bord de sa voiture blanche, facilement reconnaissable avec ses deux ailes blanches peintes à l’arrière, l’homme est loin de l’image angélique qu’il tente de renvoyer. À la barre, le prévenu reconnaît consommer de l’ice, mais nie tout trafic. Selon lui, les 2,5 grammes retrouvés chez lui étaient uniquement destinés à sa consommation personnelle. « Pourquoi des personnes disent que vous leur vendez de l’ice alors ? », l’interroge la présidente. « Parce que ce sont des gens avec qui je ne m’entends pas », répond-il. Pourtant, plusieurs témoignages recueillis au cours de l’enquête décrivent un homme qui vend régulièrement des doses d’ice sur l’île. Les investigations révèlent qu’il se rendait à Tahiti pour s’approvisionner. Au total, treize trajets en avion ont été recensés. Quant au financement de ces déplacements, le prévenu l’explique par une seule justification : « le bingo ». « On est sur un village de 150 personnes, on n’est pas dans les quartiers nord de Marseille. » Sa version surprend d’autant plus qu’il affirme ne jamais acheter sa drogue. Face aux juges, il explique se fournir en volant de l’ice… à d’autres dealers. Quelques semaines avant son interpellation, il dit ainsi avoir dérobé cinq grammes d’ice à un trafiquant en lui faisant croire qu’il allait chercher l’argent dans sa voiture avant de prendre la fuite avec la marchandise. À l’issue de l’audience, la procureure a requis cinq ans d’emprisonnement. Une peine jugée trop sévère par son avocat, Me Hellec. Le pénaliste a comparé ce dossier à celui d’un homme condamné à un an ferme après avoir été retrouvé avec 27 grammes d’ice à Bora Bora la semaine dernière. « Si lui (le prévenu de Taha’a NDLR) c’est un ‘gros dealer’, l’autre c’était quoi ? » « Un chef de cartel du Mexique ? », lance-t-il. L’avocat rappelle que, dans cette précédente affaire, les enquêteurs avaient saisi trois fois plus d’argent liquide et dix fois plus de drogue. « La peine requise est cinq fois plus élevée, où est la logique ? », poursuit-il, avant de conclure : « On est sur un village de 150 personnes, si on compte les moutons. On n’est pas dans les quartiers nord de Marseille. Le délibéré doit être rendu d’ici ce mardi.