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Trop de clubs, pas assez de femmes… La Fédé de Va’a appelée à se réformer

Malgré ses bons résultats, la Fédération tahitienne de va’a a des efforts à faire sur sa gestion, pointe la Chambre territoriale des comptes. Projet fédéral à clarifier, comptabilité à moderniser, gouvernance à améliorer… Les magistrats s’étonnent aussi d’un déséquilibre hommes-femmes persistant parmi les adhérents, du maintien d’une myriade (86, au total) de micro-clubs qui devraient, statutairement, être radiés. Ils demandent en outre à la fédération de mettre au clair ses relations avec certains tiers, dont le comité d’organisation de la Hawaiki Nui Va’a, avec qui elle entretient des liens humains et financiers très étroits, mais peu formalisés. 

Le rapport d’observations définitives de la chambre territoriale des comptes portant sur le contrôle de la Fédération tahitienne de va’a a été mis en ligne sur le site internet des juridictions financières. Dans ce cadre, la chambre a examiné la gestion de la Fédération tahitienne de va’a pour les exercices 2020 à 2025, et estime dans son bilan que « son mode de gestion actuel présente de nombreuses insuffisances. »

Hawaiki Nui va’a : des liens « étroits » à formaliser

Dans ses conclusions, le rapport recommande à la fédération de formaliser, dès 2026 par convention écrite, les relations de la fédération avec les tiers et de s’assurer de la bonne exécution des conventions tout en respectant les compétences de l’assemblée générale, en particulier pour les emprunts et conventions. En cause notamment, les liens étroits entre la fédération tahitienne de va’a, propriétaire de l’appellation Hawaiki Nui va’a, et l’association comité organisateur Hawaiki Nui va’a (ACOHV), chargée de l’organisation de ce marathon en haute mer créé en 1992. Mme Elise Maamaatuaiahutapu, responsable administrative au sein de la fédération tahitienne de va’a, est aussi la présidente de l’ACOHV et également l’épouse du président de la fédération.

D’après le rapport, différents manquements ont été observés. D’une part, aucune convention n’a été passée pour confier l’organisation de la Hawaiki Nui va’a à l’ACOHV, à l’exception de celle du 1ᵉʳ juillet 2024, d’une durée de trois ans, et validée lors du conseil fédéral du 24 mai 2024, lequel n’avait pas les attributions statutaires pour approuver un tel acte. D’autre part, il n’y a eu aucune définition précise du matériel mis à disposition ni des modalités de soutien logistique à la fédération pour optimiser la gestion des courses, prévus en contrepartie de la mise à disposition par l’ACOHV des locaux de la fédération tahitienne de va’a. De plus, il est prévu que l’ACOHV prenne en charge les factures d’électricité des locaux de la fédération pour la période d’août à décembre, un remboursement qui n’avait été mis en œuvre que partiellement jusqu’à la tenue de cette instruction qui a permis le remboursement des dépenses manquantes. À l’inverse, la tenue d’une convention de partenariat, entre 2019 et 2023, entre les deux instances pour le prêt des véhicules de l’ACOHV à la fédération s’est révélée irrégulière, les charges de chaque partie ne correspondant pas à la convention signée. De plus, aucune autre convention n’a été conclue depuis 2023, malgré la continuation du prêt du véhicule concerné ainsi que de deux autres véhicules.

D’autres éléments, comme une avance de trésorerie de 3,3 millions de francs au bénéfice de la fédération n’ayant pas fait l’objet d’une convention ou encore la cession de fonds en devise étrangère, remboursés par l’ACOHV uniquement des suites de l’instruction, ont poussé la chambre à souligner la nécessité de « formaliser précisément l’ensemble des relations entre les deux associations, qu’il s’agisse des mises à disposition ou des flux financiers, dans un contexte d’étroites relations interpersonnelles« .

Un déséquilibre hommes/femmes encore marqué

D’après le rapport d’observation, il existe un déséquilibre entre les licenciés hommes et femmes, qui représentent moins d’un tiers du nombre de licenciés. Si le nombre de licences féminines a augmenté de quasiment 69 % entre 2020 et 2025, la part des femmes dans le nombre total de licenciés a peu progressé. En effet, les femmes représentent 27,3 % des licenciés en 2025 (parmi 4190 licenciés et 192 clubs) contre 24,8 % en 2020. Alors que le soutien du va’a féminin figure dans le projet d’actions 2023-2027 de la fédération tahitienne de va’a, le rapport stipule que « la seule action tendant à cette fin concerne des réflexions sur les réformes des courses féminines« .

Le bilan note l’absence d’actions à destination du grand public mais aussi l’absence d’objectif chiffré de licences féminines, que ce soit dans le projet d’actions ou la candidature à la délégation de service public. « La chambre ne peut qu’inviter la fédération à concrétiser son objectif tendant à développer la pratique féminine par la mise en place d’actions à destination du grand public, que ce soit en termes de communication, d’évènements ou de sensibilisation des clubs à l’accueil du public féminin« , précise le rapport, qui ajoute qu’augmenter la pratique féminine dans un cadre fédéral permettrait à la fédération d’augmenter son nombre total de licenciés et donc ses revenus.

De trop petits clubs ?

D’après le rapport d’observations, alors que chaque club doit compter au moins 10 licenciés selon les règlements généraux, en 2024, 86 clubs (soit 40 % de l’ensemble des clubs) ne respectaient pas cette obligation. 27 % des clubs comptent moins de six licenciés, ce qui ne permet même pas de compléter un V6, et presque 10 % des clubs ne comptent qu’un seul licencié. Si lors de l’assemblée générale du 1ᵉʳ février 2025 il a été indiqué que « ces clubs recevront des notifications pour régulariser leur situation en achetant les licences manquantes afin d’atteindre le seuil obligatoire« , le rapport précise qu’il ne s’agit pas d’acheter des licences manquantes mais bien de s’assurer que chaque club comporte au moins dix licenciés. En l’absence de changement des statuts sur ce point et dans la négative, la fédération devra procéder à la radiation des clubs après trois ans de non-conformité.

Procédures à formaliser, projet d’actions fédéral à clarifier et meilleure gestion comptable

De nombreux autres sujets ont fait l’objet de recommandations dans ce rapport d’observations définitives, dont la mise en place sans délai d’une procédure formalisée de conservation des procès-verbaux des instances délibératives, la complétion du projet d’actions fédéral avec des indicateurs pertinents et la réalisation d’un bilan régulier de la mise en œuvre du projet fédéral, l’établissement annuel dès 2026 d’un compte de résultat et d’un bilan conformes au plan comptable général ainsi que la fiabilisation de la tenue du grand livre ou encore la mise en place de procédures concernant les encaissements provenant des licenciés.

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