ACTUS LOCALESFAITS DIVERS

Un marin disparu en mer après son escale à Tahiti retrouvé mort sur son voilier

En tour du monde en solitaire, Joël Lanilis avait quitté Papeete en octobre dernier pour Nouméa, où il n’est jamais arrivé. Après plusieurs mois de dérive vers le Pacifique Nord, son monocoque a été intercepté par la marine japonaise qui a découvert à bord le corps sans vie de ce marin aguerri.

Un patrouilleur japonais a intercepté dans le courant weekend, à plusieurs centaines de miles au Nord des îles Marshall, le voilier français Kesaco, comme le rapportent le Télégramme et le magazine spécialisé Voiles et voiliers. À bord, l’équipage a trouvé le corps sans vie de son skipper, Joël Lanilis, un marin expérimenté parti de Bretagne pour un tour du monde en 2019. Espagne, Brésil, Patagonie… La dernière fois que le sexagénaire, originaire de l’île de Ouessant, avait donné des nouvelles, c’était lors de son escale à Tahiti, qu’il avait quitté milieu octobre pout mettre le cap sur Nouméa puis sur la Nouvelle-Zélande. Depuis, plus aucun contact, si ce n’est le signal de la balise de son monocoque de moins de 12 mètres, qui semble dériver au gré des courants vers le Pacifique Nord.

Quatre mois de dérive

La famille, bien sûr s’était inquiétée de la situation, dès la fin 2022. Mais comment intervenir ? D’après Ouest France, le JRCC hawaïen, sans preuve d’incident à bord avait d’abord refusé de classer le navire comme nécessitant un sauvetage. Courant janvier, alors que le voilier dérive au large des îles Marshall, un cargo avait tout de même été dérouté à la demande des autorités américaines et avait pu observer le Kesaco. Voiles déchirés, pont désordonné et abîmé… De quoi confirmer les inquiétudes des proches de cet ancien des phares et balises, marin réputé très méticuleux. Leur principale crainte : que le sexagénaire soit blessé et agonisant sous le pont. Impossible de le vérifier : le navire marchand n’avait alors pas pu s’approcher ni aborder le petit voilier, du fait du mauvais temps. Plusieurs fois, la famille de Joël Lanilis a espéré que le Kesaco s’échoue sur un îlot, pour pouvoir y envoyer des secours. Mais la trajectoire hasardeuse du bateau évite obstinément la terre. Il aura encore fallu attendre plusieurs semaines pour que les autorités françaises, pressées par la famille, mais aussi des associations bretonnes de marins, obtiennent des autorités japonaises qu’un patrouilleur soit envoyé sur zone.

le Kesaco au mouillage en Polynésie. ©Famille Lanilis

Le Kesaco toujours en mer

« Quatre à cinq jours » de mer plus tard, l’équipe de secouristes monte à bord, et embarque le corps du sexagénaire qui devrait arriver à Yokohama dans le courant de la semaine. Le Kesaco, lui est toujours à la dérive, il ne pouvait pas être remorqué sur une si grande distance, comme l’ont expliqué les Japonais. Les circonstances de la mort du marin ne sont pas encore précisées, mais la famille, qui s’était déjà résolue à la nouvelle, se dit « soulagée » que son corps ait été pris en charge. « D’autant que notre père est mort en mer quand j’avais 5 ans, on n’avait jamais retrouvé son corps »​, raconte Pascale Tardy, la soeur de Joël Lanilis à Ouest France. Elle espère que le voilier de son frère ne sera pas coulé. « Mais c’est le destin, ajoute-t-elle. Il aura été heureux comme tout dans son périple ».

Article précedent

Journal de 12h, le 13/02/2023

Article suivant

Trois lycéennes polynésiennes lauréates du concours d’excellence économique

Aucun Commentaire

Laisser une réponse

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

PARTAGER

Un marin disparu en mer après son escale à Tahiti retrouvé mort sur son voilier