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80 ans après l’appel du 18 juin, le devoir de mémoire « plus important que jamais »

Le Cesec accueille depuis mardi une exposition qui retrace le parcours des Polynésiens dans la France Libre. Dans le Bataillon du Pacifique, dans la marine, l’armée de l’air ou la résistance, beaucoup d’entre eux se sont engagés après avoir entendu l’appel du général De Gaulle, diffusé à partir du 18 juin 1940. Les précisions de Philippe Leydet, directeur du service de l’Office national des anciens combattants de Polynésie Française (Onac-PF). 

24 panneaux, mêlant textes et illustrations. Ce n’est pas la première sortie pour l’exposition « Les Polynésiens dans la France Libre », qui a été installée mardi dans le hall du Conseil économique, social, environnemental et culturel. Mais ce travail, réalisé à partir de 2009 par Philippe Leydet, prend un sens tout particulier cette année. La France entière célèbre cette semaine les 80 ans de l’appel du général De Gaulle, et la Polynésie marquera, début septembre, l’anniversaire de son rattachement à la France libre.

Deux événements bien sûr liés, même si, comme le rappelle le directeur de l’Onac-PF, l’appel diffusé pour la première fois le 18 juin 1940 sur les ondes de la BBC n’a pas tout de suite touché une large audience, au fenua comme ailleurs. À Papeete, il fallait s’amasser autour d’un des rares postes de TSF pour pouvoir l’entendre. Le message a été rediffusé, et complété jour après jour pendant plusieurs semaines sur « Radio Londres », attirant chaque soir une foule plus importante.

Émile de Curton, Jean Gilbert, Teriieroo a Teriierooiterai, Édouard Ahnne,  Pouvana a Oopa, Georges Bambridge… Nombreux sont ceux, au fenua, qui ont été touchés par l’appel à la résistance du général exilé en Angleterre, et choqués par la signature de l’armistice par le maréchal Pétain, quelques jours plus tard, après une guerre à laquelle les Français du Pacifique n’avaient pas pu participer. Malgré la position pro-Vichy du gouverneur de l’époque, le ralliement de ce qui était alors les Établissements français d’Océanie sera actée le 2 septembre 1940 après un référendum quasi-unanime. Un soutien dont avait alors besoin le général de Gaulle, alors encore peu crédible sur la scène internationale.

Quatre tamari’i volontaires encore en vie

Les années défilent, mais pour le directeur de l’Onac-PF, le devoir de mémoire continue. L’exposition, gratuite, a été conçue pour s’adresser aussi bien aux parents qu’aux enfants, et vise surtout à « transmettre une histoire » que les engagés eux-même n’ont pas toujours racontée. Pour Philippe Leydet, elle peut aussi aider à faire avancer la connaissance historique. « On a des gens qui vont apprendre des choses sur leurs grand-pères, leurs grand-mères, se poser des questions, et peut-être regarder dans leur grenier, explique-t-il. C’est déjà arrivé que certains retrouvent des photos, des lettres ou même des carnets de route – de vrais trésors –  qui vont permettre d’en savoir plus sur la vie des combattants ».

Entre le célèbre Bataillon du pacifique, les marins, l’armée de l’air, les parachutistes ou les résistants, ils sont près d’un millier à s’être engagés, sans compter ceux, femmes ou hommes, qui ont soutenu l’effort de guerre depuis le fenua. John Martin ou Philippe Bernardino font partie des noms les plus connus… « Mais il y a beaucoup d’autres, insiste Philippe Leydet. Il n’y pas un Polynésien qui n’a pas un parent qui ait servi la France libre ». Si le travail de mémoire est « plus important que jamais » c’est que ces acteurs et témoins de l’Histoire, sont de moins en mois nombreux. Seuls quatre « tamari’i volontaires » sont encore en vie, dont deux en Polynésie. Leur doyen, Maxime Aubry, vient de fêter ses 103 ans.

L’exposition « Les Polynésiens dans la France Libre » est visible gratuitement au Cesec jusqu’au 22 juin. Elle sera ensuite mise en place, à partir du 6 juillet à la Maison du combattant de Papeete (avenue Pomare V). Les visites y sont libres tous les matins, sauf le lundi et des visites privées ou scolaire sont possibles.

 

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