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Ferry en feu entre l’Italie et la Grèce : 300 passagers restent à bord

© SKAI TV / AFP

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L’ESSENTIEL – Un homme de nationalité grecque est mort suite à l’incendie du « Norman Atlantic ». 165 personnes ont été évacuées sur les 478 passagers du ferry.

Un passager grec est mort, et plus de 300 personnes restaient prisonnières dimanche soir d’un ferry en feu par mauvais temps au large de l’Albanie. Une opération de secours par air et par mer n’ayant en début de soirée permis de tirer d’affaire que 165 personnes.

Un feu parti du garage. Le « Norman Atlantic », un ferry battant pavillon italien, propriété de la société Visemar di Navigazione, et affrété par la compagnie grecque Anek pour effectuer la liaison Patras-Ancône, avait quitté le port du Péloponnèse samedi et devait arriver à Ancône dimanche. Mais dimanche matin, alors qu’il se trouvait dans le canal d’Otrante, près de la petite île grecque d’Othoni, il a lancé un signal de détresse en raison d’un feu à bord, dans le garage.

Neuf Français à bord. A bord du ferry se trouvent 478 personnes, 422 passagers et 56 membres d’équipage, dont 268 Grecs, selon les chiffres officiels grecs. S’y trouvent également 54 Turcs, 44 Italiens, 22 Albanais, 18 Allemands, 10 Suisses, 9 Français, mais aussi des Russes, Autrichiens, Britanniques ou Hollandais.Vers 19h30 (heure de Paris), seules 165 personnes avaient été récupérées, prises en charge par d’autres bateaux ou hélitreuillées vers l’Italie.

Un passager grec, qui avait glissé en bas d’une rampe d’évacuation avec son épouse, a été retrouvé mort par les garde-côtes italiens, malgré des tentatives de sauvetage par hélicoptère. La femme a pu être transportée à Brindisi, en Italie.

Le ferry a lancé un signal de détresse au large de l'île d'Othoni, dans le canal d'Otrante. © Google Maps

Le ferry a lancé un signal de détresse au large de l’île d’Othoni, dans le canal d’Otrante. © Google Maps

Les opérations de remorquage ont débuté. Les garde-côtes italiens ont annoncé en début de soirée qu’un remorqueur, le Marietta Barretta, était parvenu à s’arrimer au « Norman Atlantic ». Un passager grec, Nikos Papatheodossiou, a affirmé à la chaîne de télévision Mega que le remorquage avait commencé. « Nous avançons à deux ou trois milles à l’heure, le bateau penche, il y a beaucoup de fumée, et nous ne savons pas combien de temps on va tenir », a déclaré M. Papatheodossiou. Il a indiqué que tous les enfants (une quarantaine selon le calcul de l’AFP) avaient été évacués.
Selon le ministre grec de la Mer, Miltiadis Varvitsiotis, le remorquage a bien commencé. Mais il a indiqué ne pas connaître « la décision des Italiens quant à sa destination » qui pourrait être l’Italie ou l’Albanie. Miltiadis Varvitsiotis a souligné que l’Albanie était « beaucoup plus proche », mais s’en est remis à la décision des sauveteurs italiens qui « connaissent mieux la situation ».

 
La situation serait sous contrôle, selon l’affréteur. La compagnie Anek a assuré dimanche soir que la situation du ferry était « sous contrôle » vers 19h30. Il n’y a plus « que de la fumée », a indiqué son porte-parole à ANA, et « une nouvelle tentative est en cours pour que d’autres bateaux s’approchent du ‘Norman Atlantic’ afin de récupérer les passagers au moyen d’échelles de corde ».
La compagnie grecque, qui loue le ferry à son propriétaire italien, a confirmé qu’un remorquage du bateau avait commencé mais « s’est arrêté car la corde du remorqueur a cassé ». Selon Anek, « les autorités italiennes continuent à insister pour remorquer le bateau vers Brindisi », en Italie, alors que l’Albanie est beaucoup plus proche.

 
Des conditions météo très difficiles. Une vaste opération de sauvetage avait commencé dans la matinée dans des conditions extrêmement difficiles : vent de 10 sur l’échelle de Beaufort qui en compte 12, pluie torrentielle, grêle, vagues de 6 mètres de haut. Les secours, remorqueurs, bateaux anti-incendie, hélicoptères, sont arrivés en masse dimanche matin d’Italie et de Grèce, puis dans l’après-midi d’Albanie, dont le ferry dérivait vers les côtes, tandis que différents navires commerciaux se déroutaient pour porter secours.
Le porte-parole de la marine italienne Riccardo Rizzotto a confirmé que « les conditions météorologiques sont si mauvaises que nous avons besoin d’un soutien extraordinaire, ce qui est actuellement en train de se mettre en place ». Il a annoncé que « la principale tâche des navires marchands va être de former une barrière pour protéger le ferry » endommagé.

 
Légère accalmie. Les conditions semblaient néanmoins s’améliorer légèrement dans l’après-midi. Passager du ferry italien « Europa » à la pointe des secours, le journaliste grec Angelos Moschovas a indiqué à Mega TV que « les vents se sont calmés, les vagues sont moins fortes ». Selon lui, cela a permis aux remorqueurs de « jeter de l’eau sur le « Norman Atlantic » ce qui a aidé à contrôler les flammes, tandis que les bateaux de secours lancent des échelles de corde pour aider les passagers à embarquer sur les canots de sauvetage ». Les Super Puma hélitreuillaient des passagers deux par deux vers « l’Europa », a indiqué le ministère de la Marine grec.

 
« Nous avons très peur, nous sommes frigorifiés ». Jean-Philippe Demarc, un des passagers français qui se trouvait toujours à bord, a pu décrire cette situation par téléphone, au micro d’Europe 1. « Nous avons peur, très peur. Nous sommes frigorifiés, nous sommes très très fatigués », confie-t-il. « Nous nous sommes procurés une couverture et nous essayons tous de nous mettre côte à côte pour nous réchauffer », raconte le naufragé. « J’ai peur de brûler parce que j’ai horreur du feu. Le bateau a l’air de tenir, tout à l’heure il penchait dangereusement sur le côté ».

 

Source Europe 1

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