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Les îles veulent faire entendre leurs voix à l’Unoc

Le Forum mondial des îles aura lieu du 8 au 10 juin prochain, en parallèle de la Conférence des Nations unies sur l’Océan. L’occasion pour les États et territoires insulaires, Outre-mer compris, de faire entendre leur voix et espérer à l’issue, des financements tant sur la vulnérabilité, la protection de la biodiversité marine, la pollution plastique et la décarbonation des transports. C’est le ministre chargé de la Francophonie et des Partenariats internationaux, Thani Mohamed Soilihi, qui gère son organisation. Les précisions de notre partenaire Outremers 360°. 

De nombreux États et territoires insulaires, des pays ou des territoires ayant une façade maritime, tout comme des financeurs et des ONG, vont participer au Forum mondial des îles qui aura lieu du 8 au 10 juin. Pour Thani Mohamed-Soilihi, ministre chargé de la Francophonie et des Partenariats internationaux chargé de son organisation, l’Unoc 3 est une « occasion à saisir », « un an après la Conférence des Nations Unies sur les petits États insulaires, qui s’est tenue en mai 2024 à Antigua et Barbuda », et dans la continuité de tous ces rendez-vous internationaux qui ont mis en lumière les problématiques insulaires face aux changements climatiques, à commencer par la COP21 de Paris. « Étant originaires des Outre-mer, de Mayotte, j’ai pu constater de près à quel point les territoires insulaires subissaient, de manière disproportionnée, les conséquences de la dégradation de la santé de l’océan », ajoute le ministre.

Thani Mohamed-Soilihi cite les cyclones Chido, Dikeledi ou Garance, mais aussi les sécheresses à répétition et l’accès difficile à l’eau, le recul du trait de côte et l’élévation du niveau des océans, les « ravages » sur la biodiversité ou encore, la pollution plastique, comme autant de menaces qui pèsent sur ces îles, impuissantes à inverser, seules, le cours des événements. En somme, des « défis existentiels » pour ces territoires qui ont aussi « développé leur résilience » et portent « des solutions d’économie bleue ». « Un autre élément à prendre en considération pour expliquer ce premier Forum mondial des îles, c’est la maritimisation des enjeux politiques (…) qui placent les îles et les États insulaires au cœur des questions stratégiques de souveraineté, de sécurité, d’autosuffisance, d’insertion dans les échanges mondiaux, de partage des ressources marines et de développement durable », explique encore le ministre.

« Partager les expériences, réflexions collectives, et solutions concrètes »

Ce forum se déroulera donc du 8 au 10 juin dans la zone verte, au sein du Parc des Expositions de Nice, appelée aussi la Baleine, à Nice. « Nous avons fait en sorte qu’il soit accessible au plus grand nombre. C’est important dans la mesure où il s’agira de partager les expériences et réflexions collectives, d’échanger pour identifier des solutions concrètes qui, pour certaines, sont déjà en train d’être déployées ». Thani Mohamed Soilihi insiste sur la notion de partage qui « va permettre de rendre les solutions encore plus efficaces, et certainement d’optimiser aussi les moyens ».

Côté programme, quatre thématiques principales seront au cœur des échanges : Vulnérabilités et financements innovants ; connectivité et transports maritimes ; thématique lutte contre les pollutions, notamment plastiques ; et préservation de la biodiversité et des ressources naturelles. « Chaque panel sera ouvert ou clôturé par un chef d’État ou de gouvernement » précise le ministre qui ouvrira le Forum, et dont la clôture sera assurée par Emmanuel Macron. Parmi la soixantaine d’États et territoires représentés, la Première ministre de la Barbade, le président du Cap Vert, le Premier ministre des Îles Cook, le Premier ministre de l’Île Maurice, le président de la République des Palaos, le Sri Lanka ou encore les dirigeants de Tuvalu sont attendus. Côté Outre-mer français, le président de la Polynésie Moetai Brotherson, les exécutifs de Martinique, de Nouvelle-Calédonie, de Mayotte ou encore de La Réunion seront présents. « Les Outre-mer sont une partie intégrante de ce Forum, fenêtre de visibilité pour nos territoires qui incarnent l’insularité française et pour lesquels l’Unoc peut favoriser le rayonnement et l’intégration dans leurs bassins géographiques », assure le ministre qui souligne aussi « leurs expériences et pratiques » dans la lutte contre les sargasses aux Antilles, la protection des mangroves mahoraises ou encore l’éducation avec les Aires marines éducatives nées aux îles Marquises.

À ces dirigeants politiques s’ajouteront « des organisations internationales et régionales », des banques, des entreprises et des organisations de la société civile, « parce que les réflexions sur les pratiques, sur les solutions, mais aussi comment les financer, doivent être le plus large possible ». À titre d’exemple des responsables exécutifs de la Banque mondiale, du Fonds vert pour le climat, de l’Organisation maritime internationale, du Programme des Nations Unies pour l’environnement, et de l’Unesco, interviendront lors du Forum.

Les financements : « nerf de la guerre »

Thani Mohamed Soilihi entend aussi montrer que « la France est motrice en matière de protection et d’adaptation des territoires au changement climatique, que ce soit au niveau national, européen ou international ». « Je citerai par exemple le Fonds Barnier, le plan PNR, le programme Solutions fondées sur la Nature. Nous avons plusieurs exemples concrets de solutions d’ores et déjà appliquées, qui seront une des vitrines de ce Forum », poursuit le ministre. Des solutions qui « seront exposées, en confrontation, en partage, en mémoire avec d’autres solutions issues des autres territoires ».

Bien évidemment, le ministre espère et travaille encore sur des « livrables », comprendre des annonces et solutions concrètes. « Les participants seront invités à présenter des initiatives en faveur de nouveaux modes de financements et de la résilience des États et régions insulaires, en cohérence avec le pacte pour la prospérité des peuples et de la planète. » Ces nouveaux financements pourraient concerner les vulnérabilités « multidimensionnelles » des îles et territoires côtiers, la décarbonation des transports ou la lutte contre les pollutions. Il faudra toutefois attendre le discours de clôture du chef de l’État pour en savoir davantage.

En attendant, « cette initiative d’organiser le Forum des îles intéresse beaucoup, suscite vraiment un fort engouement de nos partenaires, indique le ministre. C’est une initiative qui est saluée de toute part et c’est le premier signe de sa réussite. »

Dix ans après l’Accord de Paris sur le Climat, et à l’heure où la première puissance maritime mondiale, les États-Unis, s’en est désengagé, le message devient d’autant plus nécessaire. « Ce retrait est un très mauvais signal envoyé à la planète. Et c’est pour ça qu’il est d’autant plus important que nous réussissions ces grands moments pour isoler ce repli sur soi » insiste Thani Mohamed Soilihi. « Les catastrophes naturelles, les défis globaux ne s’arrêtent pas aux frontières » conclut le ministre mahorais.

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