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Tri sélectif et recyclage : Arue et Rimatara conservent leurs Tortues d’or

La 20ᵉ cérémonie de remise des Tortues d’Or s’est tenue mercredi au lycée hôtelier. Établissements scolaires, hôtels, communes, entreprises ou encore organisateurs d’évènements publics : les champions du tri sélectif et du recyclage ont été récompensés. Une édition marquée par un record de déchets recyclés en 2024.

À l’occasion de la Journée mondiale de l’environnement, s’est tenue ce mercredi la 20ᵉ cérémonie de remise des Tortues d’Or, organisée par Fenua Ma au lycée hôtelier et récompensant les meilleures performances de tri des déchets en Polynésie pour l’année 2024.

Cette édition marque aussi un anniversaire spécial du tri sélectif en Polynésie, rappelle le directeur de Fenua Ma, Benoît Layrle : « Les Tortues d’Or, c’est la 20e édition. Et on fête aussi les 25 ans du tri ». Très fier, il poursuit : « Cette année, nous avons un record de déchets détournés, puisqu’on a dépassé les 10 000 tonnes de déchets qui proviennent des bacs verts, des bouteilles en verre, mais aussi des déchets des professionnels. Il faut dire que sur l’année 2025, il y a aussi une prise de conscience différente et on risque d’avoir des chamboulements sur l’ensemble de nos classements pour l’année prochaine. »

Les lauréats : le lycée Taiarapu Nui, le Brando, l’ILM, le Cojo 2024, Rimatara et Arue

Dans la catégorie établissements scolaires, pour la deuxième année consécutive, le lycée polyvalent Taiarapu Nui remporte le premier prix. « Depuis plusieurs années, cet établissement s’est distingué par ses initiatives et son leadership en matière de projets environnementaux », indique le compte rendu de Fenua Ma. En mars 2024, par exemple, le lycée a ouvert sa boutique « 2nd chance », où divers vêtements en bon état sont vendus à petits prix. Actuellement, avec le projet « éco-construction » en cours, le lycée prévoit de réaliser une statue représentant une tortue, faite de cannettes, de ferraille et d’autres produits recyclés.

Même chose dans la catégorie hôtellerie : encore une première place pour le Brando de Tetiaroa, qui a fait de la préservation de l’environnement sa marque de fabrique. Aujourd’hui encore, le Brando excelle dans la gestion de ses déchets, avec un tri minutieux en 27 catégories, rapatriées régulièrement à Tahiti. Implacables, ses dirigeants espèrent tout de même que les autres hôtels s’engagent sur cette même voie :
« Ce n’est pas parce qu’on est en bonne voie qu’on ne peut pas aller plus loin. Mais on attend aussi que les autres viennent nous challenger quand même », a déclaré la représentante du Brando lors de la cérémonie.

Du côté des entreprises, pour la première fois, l’Institut Louis Malardé est récompensé. L’ILM a signé avec Fenua Ma une convention qui a fortement engagé l’institut sur la voie de la préservation du fenua, avec notamment une sensibilisation du personnel et des collectes régulières de déchets.

Pour les manifestations publiques, « un prix exceptionnel pour un événement exceptionnel », selon Benoît Layrle, attribué au comité organisateur des JO 2024 à Teahupo’o. Rien d’étonnant pour l’équipe de Fenua Ma, qui salue « leur engagement exemplaire en matière de gestion responsable des déchets sur le site de Teahupo’o, avant, pendant et après les épreuves de surf. »

Avant-dernier lauréat : dans la catégorie des communes éloignées, c’est la commune de Rimatara qui est récompensée pour la deuxième année consécutive, qualifiée de « modèle auprès des autres communes pour la mise en balles de ses déchets recyclables ». Son tavana, Artigas Hatitio, a réussi à négocier deux retours annuels gratuits de conteneurs remplis de déchets pour l’ensemble de l’archipel des Australes. À noter cette année : une belle progression des Tuamotu, avec la commune de Fakarava qui arrive en deuxième position. Un prix qui témoigne des efforts particuliers fournis par ces communes, en dépit de l’éloignement géographique et des difficultés, notamment économiques, que cela entraîne. Benoît Layrle ne manque d’ailleurs pas de le souligner : « Effectivement, pour les îles éloignées, c’est la double peine, parce qu’elles ont souvent des gisements faibles, dispersés, compliqués à rapatrier, avec une logistique très lourde qui, financièrement, impacte les communes. (…) C’est quand même regrettable de voir qu’aujourd’hui, les bouteilles en plastique sont subventionnées à 100 % quand elles sont remplies d’eau pour aller de Tahiti jusqu’à ces îles. Mais une fois vidées, elles deviennent des déchets comme les autres, alors que ce sont des déchets dont le surcoût de retour serait assez faible. »

Il espère donc, dans un avenir proche, pouvoir nouer un partenariat entre « les pouvoirs publics, l’État, les fabricants de produits et les distributeurs (…) » pour ne plus gérer seul ce sujet et faire en sorte que « ce ne soit plus un frein pour les îles éloignées d’arriver à trouver des budgets pour rapatrier ces déchets ».

Et enfin, la catégorie reine : celle des communes adhérentes au syndicat Fenua Ma, à savoir toutes les communes de Tahiti sauf Faa’a, et celle de Moorea. Sans surprise, comme chaque année, c’est la commune de Arue qui remporte le premier prix. Constante par rapport à 2023, elle affiche un taux de captage de 70,6 % de déchets recyclables et de verre. Mais c’est peut-être là que se jouera le changement annoncé par le directeur de Fenua Ma.

Une chose est sûre : il faut continuer à redoubler d’efforts dans les autres communes. Punaauia, par exemple, arrive en deuxième position avec un taux de captage de 54 %, soit 16 points de moins que Arue.

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