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Des plongées limitées en raison d’un caisson hyperbare « dégradé »

© Facebook Thibault Gachon – Président du Syndicat polynésien des centres de plongée

Depuis le 28 mai, le caisson hyperbare du CHPF, indispensable à la prise en charge des accidents de décompression et des embolies gazeuses, fonctionne en mode « dégradé » à la suite d’un « accident technique ». Si les urgences continuent d’être assurées grâce à une procédure adaptée, la Direction de la jeunesse et des sports appelle les professionnels à redoubler de vigilance. Les clubs de plongée sont invités à limiter les situations à risque et à prévenir chaque plongeur de la situation. La remise en service complète n’est pas attendue dans l’immédiat.

La Direction de la jeunesse et des sports a indiqué sur ses réseaux que le caisson hyperbare du CHPF était « indisponible temporairement » depuis le 28 mai, suite à un « accident technique ». Le caisson hyperbare est un équipement médical permettant notamment la prise en charge des accidents de plongée, de décompression et d’embolies gazeuses. La Polynésie n’en dispose que d’un seul.

Dans un courrier officiel adressé à l’ensemble des structures de plongée, la direction précise « qu’une procédure dégradée » a été mise en place pour les situations prioritaires et que le dispositif n’est donc pas disponible pour les conditions habituelles « sans adaptation préalable de l’analyse de risque ».

« En temps normal, pour faire fonctionner le caisson, on met les gens à l’intérieur, on appuie sur un bouton et ça gère automatiquement les différentes pressions et profondeurs », détaille Thibault Gachon, président du Syndicat polynésien des centres de plongée et gérant du club O2 à Fakarava. Aujourd’hui, cette fonctionnalité autonome « n’est plus possible », donc « ça nécessite quelqu’un tel qu’un opérateur ou un médecin en permanence au niveau du caisson pour le faire fonctionner », précise encore Thibault Gachon. « En tout cas, il n’est pas complètement en panne, il peut fonctionner », assure le plongeur.

« Ce qu’il faut savoir, c’est qu’on a souvent tendance, quand tout se passe bien, à le surutiliser », note le professionnel, qui ajoute que « souvent, on a des gens qui présentent des symptômes dont on n’est pas certain que ce soit un accident de décompression. Mais dans le doute, on va les envoyer aux caissons. »

Messages de prévention dans les clubs de plongée

Afin de réduire les risques, la DJS a formulé dans son courrier plusieurs consignes de prévention destinées aux clubs de plongée. Elle recommande notamment de reporter les immersions présentant des conditions particulières, de limiter le nombre de sorties quotidiennes et de privilégier, lorsque cela est possible, l’utilisation du nitrox afin de réduire la charge d’azote. La direction insiste également sur la nécessité de garantir la parfaite disponibilité du matériel de secours et d’assistance, ainsi que d’informer clairement les pratiquants avant chaque mise à l’eau.

Thibault Gachon explique de son côté s’être « posé la question » de savoir s’il fallait stopper les immersions. Après des échanges avec la DJS, « on est tombé d’accord sur le fait qu’il n’y avait pas de matière à interdire la plongée parce que le caisson fonctionne malgré tout et on est capable de réagir en cas de gros pépin », souligne-t-il.

Le syndicat est « en train de rédiger une note à l’intention des centres de plongée et des professionnels pour donner des recommandations », ajoute son président. « Pour ma part, je recommande de limiter les plongées à 30 mètres et celles sans palier de décompression », poursuit Thibault Gachon. « Même si on fait toujours attention à tout, il y a des accidents qui ne proviennent pas d’une erreur humaine mais qui proviennent d’un problème physiologique de la personne. Et ça, on n’y peut rien. » 

« Avoir un caisson dans chaque île, ce serait génial », mais c’est « impossible« 

Interrogé sur le fait que le caisson soit le seul de Polynésie, Thibault Gachon explique que « si on pouvait en avoir un dans chaque île, ce serait génial », mais c’est « impossible » selon lui. Bien que l’équipement coûte cher, le président du syndicat évoque surtout un manque de moyens humains. « Un caisson, c’est bien, mais il faut des gens pour s’en servir. Il faut des médecins hyperbares. »

D’après lui, « la plongée en Polynésie est parmi les mieux encadrées au monde » avec des moniteurs également formés aux premiers secours. « Quand on compare avec le volume de plongée ici, l’accidentologie est extrêmement faible. »

Pour l’heure, difficile d’estimer quand le caisson sera totalement opérationnel. « En tout cas, ce ne sera pas cette semaine », prévient Thibault Gachon.

 

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