ACTUS LOCALESJUSTICE Harcelée par son ex, elle finit par le poignarder Nanihi Laroche 2025-08-04 04 Août 2025 Nanihi Laroche Une femme de 25 ans a poignardé son ex-compagnon vendredi dernier à Papeete, lors d’une violente dispute à son domicile. Elle évoque des mois de harcèlement, alors que l’homme, déjà condamné pour des faits de violences à son encontre, était sous le coup d’une interdiction de contact. Elle a été condamnée à deux ans de prison dont un avec sursis. « Je me suis vu mourir », a déclaré la victime au tribunal, après que son ancienne conjointe l’ait poignardé au niveau du tibia et de l’annulaire avec un couteau d’environ 30 cm, vendredi dernier à Papeete. L’accusée, 25 ans, dit avoir craqué à la suite d’une nouvelle altercation à son domicile, après des mois de harcèlement que lui a fait subir le jeune homme malgré une mesure d’éloignement toujours en vigueur. Selon elle, depuis sa libération de Nuutania en janvier, il se présentait à son domicile tous les deux à trois jours, la suivait même jusqu’à son travail. Elle affirme avoir signalé ce comportement à la DSP, en rappelant la mesure d’éloignement, mais sans effet. Elle accuse son ex-compagnon, père de l’un de ses deux enfants, d’être venu une fois de plus chez elle sans autorisation. Vendredi, c’est la découverte de messages Facebook envoyés par l’homme à d’autres femmes qui aurait déclenché une violente dispute. La jeune femme reconnaît avoir d’abord lancé un savon et un tournevis pour l’obliger à partir de chez elle. Voyant qu’il refusait, elle l’a frappé à plusieurs reprises, menant à une bagarre physique entre les deux. Craignant que son ex ne se saisisse d’un couteau présent dans la chambre, l’accusée dit alors avoir pris l’arme en premier et l’avoir « secouée de droite à gauche », touchant d’abord l’annulaire – il aura besoin de trois points de suture – puis plantant la lame dans son tibia. C’est à cet instant que la sœur de l’accusée, présente sur les lieux, aurait appelé les secours, sécurisé les enfants encore dans la maison, et tenté de stopper l’hémorragie en faisant un garrot avec un paréo. La victime, paniquée à l’idée que son agresseuse revienne, a quitté les lieux en deux-roues pour rejoindre l’hôpital. Il est aujourd’hui hors de danger, mais selon la procureure, il aurait pu mourir si la lame avait touché l’artère fémorale. « Je croyais qu’il avait changé » En juillet 2023, l’homme avait écopé de trois ans de prison, dont deux avec sursis, pour violences conjugales et agressions sexuelles… sur cette même femme. Et il avait déjà utilisé une arme blanche contre elle. C’est dans ce contexte qu’une interdiction de contact avait été prononcée. L’accusée a insisté sur le fait qu’elle ne souhaitait pas le voir. Un paradoxe que la procureur n’a pas manqué de relever en rappelant qu’elle avait tenté de rendre visite à son ex-partenaire en prison ; une demande de visite refusée en raison de la mesure d’éloignement en vigueur, et dont tous deux avaient fait appel, sans succès. C’est lors d’une visite médicale de monsieur à l’hôpital que les deux « ex-amants » auraient réussi à se voir, ce qui avait valu au prisonnier d’être incarcéré dix jours de plus. « Je croyais qu’il avait changé. C’est pour ça que je voulais le revoir », a expliqué la jeune femme à la barre. Aujourd’hui, elle dit s’être trompée et assure ne plus vouloir aucun contact avec lui. L’accusée qui n’avait jusqu’à présent aucun antécédent judiciaire a été reconnue coupable et condamnée à deux ans de prison, dont une année de sursis probatoire sur une période de deux ans. Sa peine d’emprisonnement sera aménagée pour qu’elle puisse être en contact avec ses enfants. La jeune femme est aussi soumise à une obligation de travail, à une interdiction de contact avec la victime et à une indemnisation de 250 000 Fcfp pour les blessures infligées.