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Grève dans le commerce : après Socimat et Champion Paofai, à qui le tour ?

Trois jours après le lancement de la grève générale dans le commerce, la mobilisation reste très mesurée à l’échelle du secteur. Mais les syndicats – CSTP-FO, O oe to oe rima, Otahi et CSIP – mobilisent par poche : en l’absence de protocole d’accord, le piquet est toujours debout devant Socimat, et un autre a été monté devant Champion Paofai. Quelques grévistes sont signalés dans d’autres établissements, et des discussions doivent avoir lieu à Carrefour et dans des groupes de boutiques du centre-ville pour tenter d’éviter le lancement d’un mouvement. Pour les centrales syndicales, vu le silence de la FGC et l’absence de négociation sectorielles, la grève ne pourra que s’étendre et se renforcer ces prochains jours. 

Après Socimat en début de semaine, c’est Champion Paofai qui est entré en grève ce mercredi. Sur le parking et aux abords du supermarché, le piquet de grève est bardé de drapeaux syndicaux et de pancartes, qui listent les revendications : prime d’intéressement « à revoir, augmentation du salaire, « stop à la pression au travail », extension des horaires des temps partiels, hausse des indemnités de fin de carrière… Et bien opposition à la non-prise en charge des jours de carence d’arrêt maladie, à l’origine du mouvement lancé lundi. Une grève « générale et illimitée » qui n’a pour l’instant donné lieu qu’à une mobilisation limitée.

Qu’importe pour les centrales, qui se concentrent sur leurs piquets, toujours debout à Socimat, malgré les espoirs de signataire protocole exprimés dès lundi, et plutôt garni dans le supermarché du groupe Wane de Paofai. « Aujourd’hui, on est à peu près à 60 % du personnel qui est dehors. J’aurais voulu qu’il y en ait plus pour pouvoir montrer le désaccord avec ce qu’ils mettent en place pour les jours de carence, explique Hinano, une déléguée du personnel du Champion. Bloquer, ce ne sont pas nos intentions, même faire la grève ce n’est pas non plus dans nos intentions. Mais au bout d’un moment, il faut taper sur la table et dire que ça suffit. »

Toujours la stratégie « établissements par établissements »

Les organisations salariales continuent leurs actions ciblées « établissements par établissements ». Une approche assumée et réfléchie au préalable selon Atonia Teriinohorai, secrétaire général de O oe to oe rima, qui affirme « qu’avec la FGC, c’est général, donc on ne peut pas discuter des mesures spécifiques à chaque magasin. Par exemple, quand je dis extension des horaires de travail à 39 heures par semaine pour Champion, le FGC ne connait pas les horaires actuels de chaque commerce. Donc c’est mieux par établissement ». Bref, pas d’échec, mais une stratégie « volontaire » et « assumée ».

Des déclarations qui laissent dubitatif côté patronat, où on voit surtout dans cette mobilisation par poche une difficulté des syndicats à mobiliser, en particulier sur la question des jours de carence. Le chef de file O oe to oe rima, que la position des centrales sur ce sujet doit encore être expliquée.

« Les salariés n’ont pas encore compris l’importance de cette grève par rapport aux jours de carence. C’est-à-dire, un salarié qui est en arrêt plus de deux fois, le troisième arrêt, on te retire à peu près 36 000 francs. Pour un salaire au SMIC, c’est énorme, explique le secrétaire général de O oe to oe rima. Et ça ne s’arrête pas là, plus tu es malade, plus encore on te retire. »

Précisément le débat qui a opposé les syndicats et les organisations patronales ces derniers mois. FGC et CPME considèrent que la non-prise en charge des jours de carence du troisième arrêt maladie, règle qui figure dans le Code du Travail, et laquelle le secteur commerce se plie depuis la signature contestée d’un avenant à la convention collective en fin d’année dernière, permet de lutter contre les abus. Et profite donc à la fois aux entreprises et aux salariés « honnêtes ».

« Toujours dans l’attente de la FGC »

Après l’impasse des discussions de la semaine dernière, et la réunion d’un conseil d’administration de la FGC mardi, les centrales étaient dans l’attente d’un retour qui devait tomber dans la journée de ce mercredi. Pas de nouvelles, autres qu’une « rencontre prévu lundi prochain au Medef », précise Patrick Galenon, secrétaire général de la CSTP-FO. Pour reprendre les négociations à l’échelle du secteur ? À voir. Ces dernières semaines, des ouvertures avaient été trouvé sur certains points, comme le « replafonnement » de la prime d’ancienneté. Les syndicat demandent 38 ans au lieu des 25 actuel, le patronat serait prêt à accepté 30 ans d’après O oe to oe rima. Les chefs d’entreprises préfèreraient en revanche décaler revendication comme la revalorisation des salaires, repoussée aux négociations obligatoire de fin d’année.

« Ils veulent attendre parce que le SMIC peut-être va être augmenté de 2% », précise Atonia Teriinohorai, pour qui le manque de décision de la FGC ou de la CPME créé des frustrations de tous les côté. « Les commerces attendent de voir où on en est par rapport à ces négociations, avant de s’engager davantage, reprend le syndicaliste. Et puis, si aujourd’hui, le retour de ces instances n’est pas favorable pour nous, à ce moment-là, on va encore monter en puissance sur les grèves ». En attendant, la mobilisation se poursuit. Hyper brico Papeete comptait une dizaine de grévistes ce mercredi, d’après Otahi, une réunion de négociation est prévue ce jeudi à Carrefour Punaauia d’après CSTP-FO qui a aussi déposé des préavis dans les boutiques Surf Tahiti, Billabong, ou Nike du centre-ville.

Atonia Teriinohorai, secrétaire général de O oe to oe rima

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