ACTUS LOCALESÉDUCATIONNUMERIQUE Pacific Genius : « Qu’ils puissent comprendre comment l’IA va changer le monde » Caroline Perdrix 2025-11-03 03 Nov 2025 Caroline Perdrix Soixante-deux des 82 lycéens sélectionnés pour participer à la première des quatre sessions de « Pacific Genius », un programme de formation au numérique qui aboutira à une certification Google, sont réunis au RSMA avant de se retrouver au hackaton qui se déroulera vendredi à la présidence. « Éveiller des vocations », c’est l’objectif de Pacific Genius, qui réunit depuis ce lundi matin 62 lycéens (une vingtaine de sélectionnés n’ont pas donné suite) de Tahiti, mais aussi de Bora Bora et Uturoa, sous le fare potee du RSMA à Arue. Parmi eux, certains se voient déjà spécialistes de la cybersécurité ou du codage, mais tous vont découvrir l’éventail des métiers du numérique durant les quatre prochains jours, explique Peter Meuel, qui cette semaine a échangé sa casquette de directeur du CNAM pour celle de formateur. https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2025/11/PACIFIC-GENIUS-01-PETER-MEUEL.wav Deux envoyés de Google, spécialistes des câbles sous-marins et du cloud « On a la chance d’avoir deux employés de Google avec nous, sur deux types de programmes différents, qui vont pouvoir rester avec nous toute la semaine pour justement leur montrer que le numérique, c’est pour tout le monde. Il n’y a pas forcément besoin d’avoir fait un choix de carrière à 14 ans ou d’avoir un bac+8 », poursuit Peter Meuel. L’un est spécialiste de câbles sous-marins, basé à Singapour, l’autre est spécialiste du cloud et basé à Sydney. Ils interviennent en anglais, ajoutant ainsi une autre expérience formatrice à cette session : « On a été agréablement surpris de voir qu’une bonne partie des élèves comprenaient bien, et certains ont pris la parole en anglais. Parce que même si ce n’est pas indispensable, c’est quand même super pratique de pouvoir s’exprimer en anglais. » « C’est important qu’ils ne choisissent pas la voie qui va se terminer d’ici 5 à 10 ans » Premier sujet de ce lundi matin, « l’intelligence artificielle et l’impact que ça aura sur leur plan d’études, dit Hitiura Tchong, conseillère pour le numérique de la présidence, c’est important qu’ils ne choisissent pas la voie qui va se terminer d’ici 5 à 10 ans. Par exemple, les tâches de secrétariat sont déjà en train de se transformer. Aujourd’hui on a de l’IA qui rédige très bien, mais qui se voit. Il y avait des élèves qui avaient utilisé ChatGPT pour répondre à la question ‘pourquoi est-ce que je veux participer à Pacific Genius ?’ Donc on leur a dit, écoutez, on vous a vus, on vous a détectés. Maintenant, vous devez apprendre à l’utiliser correctement. » Deuxième sujet, les bases de la sécurité : « On leur met des ordinateurs à disposition pour qu’ils puissent travailler, poursuit Hitiura Tchong. Typiquement, on leur avait fait la remarque de verrouiller leur ordinateur. Il y avait une personne qui a fermé son PC, les autres l’ont laissé ouvert. On leur explique qu’on peut prendre le contrôle de leur compte aussi facilement que de venir s’installer là où ils ont laissé la porte ouverte. » Tous les outils pour construire un plan de carrière Ce mardi il sera question de codage, et mercredi de cybersécurité et de désinformation : « Il faut qu’ils apprennent à faire la part des choses. Et c’est encore pire avec l’intelligence artificielle, que ce soit des images, des vidéos, ils doivent être capables de distinguer le vrai du faux. » Jeudi, journée sur les métiers du futur autour de l’IA. Les lycéens vont s’entraîner à l’écrit comme à l’oral : « On va les faire travailler sur leurs CV et leurs projets (…). Nous aurons 14 recruteurs professionnels potentiels qui vont venir les recevoir en entretien », explique Hitiura Tchong. https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2025/11/PACIFIC-GENIUS-02-HITIURA-TCHONG.wav « On essaye vraiment de les préparer à l’avenir et leur faire comprendre qu’un CV, ça se construit maintenant’, dit la conseillère technique. Ainsi, ils auront un CV, une liste de points à améliorer, et même, pour ceux qui tirent leur épingle du jeu, et des contacts pour un futur stage. Evans Bohl de l’école Kanea fait partie des encadrants de Pacific Genius. Kanea est la preuve de l’appétit et des compétences locales pour le numérique. L’école devrait atteindre 100 élèves avec la prochaine promotion, la troisième. Et ils impressionnent déjà par leur créativité, dit Evans. https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2025/11/PACIFIC-GENIUS-03-EVANS-BOHL.wav « Il faut qu’ils apprennent comment le numérique va changer le monde », résume Hitiura Tchong. Dès ce lundi, les lycéens ont pris connaissance du thème du hackaton, qui sera le point d’orgue de cette formation et qui se déroulera vendredi à la présidence. Ils vont se répartir en 17 équipes pour plancher sur les solutions que peut apporter le numérique à des problématiques environnementales.