ACTUS LOCALESCOMMUNESMUNICIPALES À Arue, Tapuarii Barbos veut réveiller une commune « stagnante » et qui « n’innove plus » Nanihi Laroche 2026-01-18 18 Jan 2026 Nanihi Laroche Si beaucoup de candidatures sont encore en embuscade pour les municipales à Arue, Tapuarii Barbos, lui, est entré officiellement en campagne. Ce militant du Amuitahira’a, avec qui il avait concouru aux territoriales, veut redynamiser une commune qu’il juge aujourd’hui « stagnante ». Au programme : rénovation des routes et du réseau d’eau, gestion des animaux errants, mais aussi grands projets d’infrastructures, avec le déplacement d’une partie du complexe sportif Léontieff côté montagne et la construction d’un pôle dédié au secteur primaire côté mer. L’ancien agent de la CAPL aujourd’hui au Centre de santé environnemental veut aussi lancer une centrale d’achat pour rassembler et transformer la production locale et « alimenter hôtels, paquebots et écoles ». « Aujourd’hui, la commune est toujours au même stade, il n’y a aucun changement, aucun développement », constate Tapuarii Barbos, candidat pour la première fois aux municipales d’Arue. Candidat du Amuitahiraa o te nunaa aux dernière territoriales, il est président depuis l’an dernier de la fédération locale du parti orange qui ne compte pas apporter de soutiens officiels dans la commune. Il se présente donc à la tête d’une liste « ouverte à tous les bords politiques », baptisée Arue ia rama. À 33 ans, cet inspecteur du centre de santé environnemental de la Direction de la Santé, a également travaillé cinq ans comme technicien événementiel à la Chambre de l’agriculture et de la pêche lagonaire, et s’investit dans plusieurs associations liées à la jeunesse, à l’agriculture et à l’environnement. Auteur de livres jeunesse et de poèmes en tahitien, il est aussi parolier en reo mā’ohi, entre autres pour la troupe Bel Canto. « On voit que notre commune n’innove plus, ne voit plus de l’avant » Le jeune candidat se dit déterminer à redynamiser une commune à ses yeux endormie. « Historiquement, Arue a toujours été une commune innovante, rappelle Tapuarii Barbos. C’était la première commune qui avait de l’eau potable, des structures, et aujourd’hui, on voit que notre commune n’innove plus, ne voit plus de l’avant. Elle est stagnante depuis 20-30 ans maintenant. Et c’est ça qui est navrant, c’est qu’il n’y a pas d’exploitation de tout ce que Arue peut offrir. » https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2026/01/TAPUARII-BARBOS-1-stagnante.wav Le jeune candidat souligne « les besoins de structure et de sécurisation des habitants ». Un enjeu qui passe avant tout par la rénovation des routes, « qui ne sont pas du tout aux normes de sécurité. Beaucoup d’habitants d’Arue en souffrent quand il y a les grandes pluies, parce qu’ils ne peuvent même plus accéder à chez eux », indique-t-il, précisant que ces travaux devront aller de pair avec la rénovation du réseau d’eau. Autre point important de son programme : la question des animaux errants, « un fléau pour la commune », reconnaît la tête de liste, qui veut mettre en place « une campagne de stérilisation » et renforcer les « moyens humains et les formations ». Il plaide également pour la création « d’une structure digne de ce nom », expliquant que « la fourrière existe, mais elle n’est pas en capacité d’accueillir tous les animaux ». « Un grand pôle économique de secteur primaire » Côté grands projets, Tapuarii Barbos souhaite « construire quelque chose de conforme aux normes pour la jeunesse ». Pour cela, la tête de liste envisage de « déplacer une partie du complexe sportif Boris Léontieff, juste en face, côté montagne », sur un terrain rétrocédé par l’armée dans le cadre des CLSD. Un site qui deviendra un « pôle éducatif et sportif », enrichi notamment « d’une médiathèque numérique pour les étudiants de la commune, gratuit, avec une grande bibliothèque ». Cette structure sera alliée à de nouveaux bâtiments pour le sport, afin « de déconcentrer toute la partie sportive située en bord de mer et de la ramener côté montagne ». L’idée serait donc de déménager « la salle omnisports, la maison de la jeunesse ainsi que le skatepark, – mais sans le Yacht Club et l’école de plongée – et tout ce qui se trouve dans le complexe à l’exception du terrain de foot, et de les reconstruire de façon plus moderne, juste en face ». Une fois cet espace côté mer libéré, l’objectif serait « de construire un grand pôle économique de secteur primaire ». Équipé « d’une cuisine centrale », ce sera une extension de la coopérative de pêche d’Arue déjà présente sur les lieux, et qui servirait de « centrale d’achat ». L’objectif, « ce serait de concentrer en fait toute la production que la commune aura sur son territoire, explique le candidat. Un grand projet de coopérative et de transformation des produits qui va alimenter les hôtels, ravitailler aussi peut-être les paquebots, tous les bateaux, et qui sera également fournie aux écoles. Le tout pour former une économie circulaire au sein même d’Arue ». Un projet d’envergure chiffré entre 1 et 1,5 milliard de francs, qui nécessite « une grosse négociation entre l’État, le Pays, et le privé », reconnait le candidat. https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2026/01/TAPUARII-BARBOS-2-central-achat.wav Un autre grand projet serait la construction d’un centre culturel communal, destiné à rassembler « l’ensemble des associations du secteur dans des locaux neufs », possiblement aux alentours du Tahara’a. Tepuarii Barbos ne sera pas le seul à développer sa vision du futur d’Arue dans les prochains mois. Outre la tavana sortante, qui devrait repartir avec une partie de sa liste précédente et aux côtés de Jacky Bryant, le militant Tavini Daniel Vana’a pourrait constituer une liste, de même que Tepuanui Snow, élu Ia Ora Arue en 2022. Des discussions sont aussi en cours autour de l’ancien tavana Philippe Schyle, de l’actuel chef de file de l’opposition municipal, Léo Marais et du sénateur Teva Rohfritsch.