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À l’hôpital, la revalorisation des infirmiers contestée au nom de la « paix sociale »

Les nouvelles grilles de salaires des infirmiers publics sont-elles « excessives » ? C’est en tout cas la position, des plus inédites, de la Fissap, qui dénonce la réforme des cadres d’emploi de ces soignants qui attendent leur reclassement depuis 15 ans. Le syndicat dirigé par Mireille Duval menace même de partir en grève contre des augmentations qualifiées « d’incohérences budgétaires » et qui mettraient en danger les revalorisations d’autres catégories d’agents. Les autres syndicats y voient surtout une stratégie électorale néfaste à l’approche d’élections où le Fissap devrait être concurrencé.

Une « alerte » sur les salaires : rien d’original pour un syndicat, surtout dans le secteur de la santé… Sauf quand il s’agit de dénoncer des augmentations « excessives ». L’étonnant communiqué émane de la Fédération Interprofessionnels des Services de la Santé et de l’Administration en Polynésie (Fissap), organisation qui s’était séparée de la CSTP-FO en sortie de crise Covid, et qui, jusqu’à présent, reste bien représentée au CHPF. Dans son viseur, la réforme des cadres d’emploi des infirmiers du secteur public et ses nouvelles grilles indiciaires qui doivent être étudiées ce vendredi en Conseil supérieur de la fonction publique (CSFP).

Retirée juste avant son étude à l’assemblée

Ou plutôt réétudiées : le CSFP avait déjà été saisi, en décembre puis en juillet, d’un projet de réforme qui doit faire basculer de la catégorie B à la catégorie A quelques 830 infirmiers du secteur public. Un reclassement cohérent avec le niveau d’étude de ces soignants, acté depuis 2007 en métropole, et promis depuis une quinzaine d’années en Polynésie. Au passage, les grilles d’indice et d’avancements sont revuess, et revues à la hausse. 200 millions de francs , environ, de surcoût budgétaire pour le Pays et ses établissements, dans la première mouture. Dans un contexte de difficultés à recruter, et dans un système de santé qui s’appuie beaucoup, vu l’éclatement de l’offre de soin, sur ses infirmiers, il s’agit de rendre les postes polynésiens plus attractifs, et de fidéliser les soignants spécialisés.

Le texte, validé par le CSFP, déjà contre l’avis de la Fissap, avait ensuite suivi son chemin jusqu’en séance plénière de l’assemblée le 18 septembre… Où il avait finalement été retiré en dernière minute de l’ordre du jour, officiellement pour des problèmes de « cohérences des grilles », et sur conseil, entre autres, du syndicat de Mireille Duval. C’est donc la nouvelle mouture de ce texte qui doit passer devant le conseil ce vendredi. Le gouvernement a mis en place des grilles différenciées entre infirmiers diplômés d’Etat, infirmiers anesthésistes, puériculteurs, et de bloc opératoire, et maintien des revalorisations importantes et qui pour la plupart des syndicats correspondent « au niveau nécessaire pour attirer des professionnels ».

« On ne connait pas les arbitrages budgétaires »

Sauf que là encore la Fissap conteste des chiffres « excessifs », et se dit même « consternée » et « inquiétée » dans un communiqué. À entendre Mireille Duval les revalorisations proposées « atteignent 150 % pour certains postes d’infirmier spécialisés » et sont en « totale contradiction » avec la logique de « maitrise des deniers publics » affichée par l’exécutif. La syndicaliste, qui avait soutenu la Fraap dans ses demandes de revalorisations des fonctionnaires, elles même jugées « excessives et surréalistes » par le gouvernement, lui reproche aujourd’hui une approche « inégalitaire et déséquilibrée », dans laquelle « certaines catégories seront valorisées au détriment des autres ».

Elle demande au gouvernement d’être plus transparent sur les conséquences financières « complètes » de la réforme et sur ses « arbitrages budgétaires » globaux. « Il y a énormément de cadres d’emploi qui sont obsolètes qui doivent être révisés », insiste l’ancienne secrétaire générale adjointe de CSTP-FO, qui avait un temps visé la tête du premier syndicat du Pays avant de s’en écarter. Pour Mireille Duval, aucun doute, cette revalorisation « va entrainer des revendications des médecins », et au final laisser de côté les catégories D et C, pour qui elle revendique une série d’avancées. Car si elle se dit « favorable à la réforme », la mener sans considérations sociales plus globale constituerait une « menace sur la paix sociale dans la fonction publique ». Une paix sociale effectivement menacée, par le Fissap : le syndicat se « réserve le droit d’engager une mobilisation sociale afin de faire entendre la voix des agents ».

« C’est diviser pour mieux régner »

Les voix des agents, c’est d’ailleurs le cœur du sujet pour les autres syndicats, qui à quelques semaines des élections de CTP de début décembre, ne sont qu’à moitié étonnés par cette sortie. « C’est diviser pour mieux régner, en tout cas pour essayer de garder sa place » lâche un syndicaliste. Certains rappellent que le scrutin à venir définit, entre autres, la répartition des heures de décharges syndicales. D’autres que le Fissap, qui avait fait de bons résultats aux élections de CAP en juillet 2024, devrait être beaucoup plus concurrencé lors de ce vote.

Si la réforme en question a été validée, sous sa mouture précédente, par le CSFP et par l’ordre des infirmiers, c’est qu’elle est un « passage obligée », et qu’elle « n’empêche en rien le travail sur les autres catégories de personnel ». Des chantiers ont été lancés sur les manipulateurs radio, techniciens de laboratoire ou préparateurs en pharmacie, qui attendent aussi un reclassement, de même que les auxiliaires de santé ou les assistants médicaux. « Ce n’est pas en disant ‘on revalorise tout le monde ou personne’ qu’on va faire avancer quoique ce soit », lâche un concurrent du Fissap.

 

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1 Commentaire

  1. tibou987
    9 octobre 2025 à 9h46 — Répondre

    C’est bizarre, elle ne s’est pas offusquée en septembre dernier quand son dossier pour les cadres de santé a été validé à l’APF et avec une augmentation d’indices bien plus généreuse que celle présentée pour les infirmiers….

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