ACTUS LOCALESCOMMUNESMUNICIPALESPOLITIQUE Alain Sangue veut « défusionner » Mataiea et Papeari Lucie Rabreaud 2026-02-09 09 Fév 2026 Lucie Rabreaud Depuis les années 70, Mataiea et Papeari ne forment qu’une seule commune : Teva i Uta. Mais ça ne plaît plus du tout à Alain Sangue qui avait été élu avec Tearii Alpha en 2014 et 2020. Leurs relations se sont dégradées pendant cette dernière mandature et le maire délégué de Papeari se dit aujourd’hui empêché d’agir par le maire sortant, se plaint d’avoir « moins de pouvoir que les maires adjoints » et dénonce une inégalité de traitement entre les deux communes associées. Aujourd’hui à la tête de la liste Te Niu no Teva i Uta, qu’il mène en partenariat avec Hereani Tuariihionoa, tête de liste côté Mataiea, il a fait de la « défusion » des deux communes la priorité de son programme. C’est le cœur de la campagne de la liste Te Niu no Teva i Uta : retrouver deux communes de plein droit avec Mataiea et Papeari, et oublier Teva i Uta. Cette fusion, qui date de 1972, explique Alain Sangue, ne correspond plus du tout à la réalité. Et d’ailleurs, à croire le maire délégué de Papeari depuis 2014, aujourd’hui tête de liste pour les prochaines municipales, elle n’a jamais plu aux habitants de sa commune. Il parle même de l’annexion de Mataiea sur Papeari, une « annexion légitime » car les deux communes n’étaient pas peuplées de la même façon (1 400 habitants sur Papeari à cette époque) mais, aujourd’hui, « la donne a changé » : « L’ordre de population a beaucoup évolué et Papeari est supérieur à Mataiea aujourd’hui. On se retrouve donc avec une commune de 5 000 habitants qui gère une autre commune de 5 000 habitants. » https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2026/02/MUNICIPALES-SANGUE-habitants-pareil-1.wav Dans le dernier recensement de l’ISPF qui date de 2022, Mataiea comptait 5 300 habitants et Papeari 5 400. Alain Sangue plaide donc pour « une égalité de traitement » qui n’existerait pas aujourd’hui selon lui. « Nous voulons remettre l’égalité de traitement pour chaque commune. Aujourd’hui, toutes les prises de décisions, toutes interventions, passent en priorité sur Mataiea. Moi, je suis en place depuis 2014. En 2020, il y a eu un changement au niveau de la gouvernance, ce qui fait que le maire actuel, Tearii Alpha, s’est accaparé toutes les demandes, toutes les autorisations, tous les pouvoirs en sa faveur. Donc ce qui nous rend incapable de pouvoir gérer notre commune. » https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2026/02/MUNICIPALES-SANGUE-plus-equite-communes.wav Une inégalité de traitement dénoncée par le maire délégué de Papeari Ce « changement de gouvernance », comme l’appelle Alain Sangue, c’est surtout un changement d’ambiance au sein de la commune associée entre les deux maires. Suite aux élections, Alain Sangue raconte que « Tearii Alpha ne voulait plus le nommer maire délégué de Papeari. Il a voulu m’écarter. » Sans succès visiblement puisque Alain Sangue a bien gardé son poste qu’il avait depuis 2014. « Peut-être voyait-il en moi un danger potentiel », explique-t-il. Mais c’est la commune de Papeari qui paye les pots cassés, selon son maire délégué : « Tearii Alpha a pris des mesures contraignantes pour m’enlever des compétences. Aujourd’hui, les maires adjoints ont davantage de pouvoir que moi, maire délégué. » Certains prennent aussi l’exemple du nouveau centre de secours et d’incendie pour illustrer le mauvais traitement réservé à Papeari : le CIS inauguré en septembre 2025 se situe à la frontière entre Mataiea et Papara, bien loin donc des administrés de Papeari. Une mésentente qui se conclut aujourd’hui par la demande de défusion des deux communes, priorité principale de la liste Te Niu no Teva i Uta. La défusion des communes associées est une procédure prévue par le Code général des collectivités territoriales (CGCT). La commune doit d’abord prendre une délibération puis le haut-commissariat ouvre une enquête publique sur le projet de défusion. À l’issue, une commission dans chaque commune associée, dont les participants sont élus parmi les membres du conseil municipal par les habitants, donne son avis sur le projet. C’est ensuite le conseil municipal, le conseil des ministres et, le cas échéant, l’assemblée qui sont sollicités. Le haut-commissaire rend ensuite sa décision. Un projet plus facile à mener sur Teva i Uta qui « ne compte que deux communes » mais qui « ne se fera pas du jour au lendemain ». Alain Sangue imagine mener ce projet « le temps de la nouvelle mandature » mais, bien sûr, il faudra trouver des arguments pour convaincre l’État. Hereani Tuariihionoa, une nouvelle figure pour Mataiea La liste Te Niu no Teva i Uta compte aussi Hereani Tuariihionoa, encartée chez A Here ia Porinetia, bien décidée, à 47 ans et après un engagement d’une vingtaine d’années dans les coulisses de la politique, à « prendre sa place ». C’est elle qui sera la maire déléguée de Mataiea en cas de victoire de la liste, qui compte aussi des déçus du Tavini, des proches de Valentina Cross et de sa fille, écartées du tomite bleu clair en août dernier. Hereani Tuariihionoa promet plus d’écoute et de proximité avec les administrés des deux communes, ce qui manque aujourd’hui au tavana actuel, explique-t-elle. https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2026/02/MUNICIPALES-ALAIN-SANGUE-Hereani.wav