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Alternatives au plastique : comment réduire la facture des restaurateurs ?

Le forum “Cap vers un avenir sans plastique” s’est tenu ce mercredi à l’école hôtelière de Punaauia dans le cadre du projet “Restaurateur engagé, lagon préservé” mené par Te Mana o te moana. Objectif : accompagner les professionnels dans l’application progressive de la loi anti-plastique adoptée l’an dernier, en leur présentant des alternatives durables,  ainsi que des solutions pour compenser les prix de ces changements, « systématiquement plus cher » que les produits utilisés actuellement

Le forum “Cap vers un avenir sans plastique” s’est tenu ce mercredi à l’école hôtelière de Punaauia, dans le cadre du projet « Restaurateur engagé, lagon préservé », mené par l’association Te Mana o te moana avec l’appui de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME), de la Direction de l’environnement (Diren), de Fenua Ma, de Nana Sac Plastique et de la CCISM. Objectif : accompagner les restaurateurs du fenua dans la réduction du plastique, conformément à la loi votée en 2024 et entrée en vigueur, pour la première phase – prohibition des pailles, touillettes, gobelets, etc. en plastique ou aluminium à usage unique – en juillet dernier. En janvier prochain, les snacks et roulottes seront contraints d’utiliser, pour les plats consommés sur place, de la vaisselle lavable et réemployable. Suivront l’interdiction des barquettes en plastique non-réutilisable pour les plats préparés, en juillet 2026, puis des emballages plastiques des fruits et légumes début 2027 et de tous les films plastiques un an plus tard.

« Un manque de disponibilité, pas un manque d’intérêt »

« Le projet a commencé en juillet et août, l’objectif est d’accompagner les restaurateurs du fenua vers la réduction du plastique à usage unique », explique Laurie-Anne Soulard, coordinatrice de l’éducation à Te Mana o te moana. Les participants ont été sensibilisés aux effets de ces produits sur l’environnement, informés sur les alternatives existantes, comme les contenants compostables ou réutilisables, ainsi que leurs producteurs locaux, et ont aussi eu une formation sur la gestion des déchets avec Fenua Ma.

Ils sont 22 à avoir suivi ce programme, dont la Brasserie Hoa, Noa Noa Burger, Snack Aute, Kyo Bowl, ou encore l’école hôtelière, mais aussi des futurs entrepreneurs. Un chiffre encore modeste, quand on sait qu’en janvier, le Syndicat des restaurants, bars et snack-bars comptait 250 adhérents, dont près de 80 % de snacks et roulottes – et se disait particulièrement « ennuyé » par l’échéance de janvier 2026, jugée trop proche. L’association de protection des tortues explique ce faible taux de participation par le manque de disponibilité des professionnels, et non pas par un manque d’intérêt ou une certaine réticence.

Laurie-Anne Soulard, coordinatrice éducation dans l’association Te Mana o te moana

“Les solutions, à 95 % elles sont là”

Parmi les restaurateurs participants, Moana Carrara, propriétaire de la crêperie Moby Dick, explique avoir été inquiet à l’annonce de la loi anti-plastique. Utilisateur de barquettes en polystyrène pour ses plats à emporter, de verres en plastique et de film plastique, « au début, je ne trouvais pas les alternatives », confie le restaurateur.

« Par la formation qui a été proposée, on nous a mis en contact directement avec différents fournisseurs qui, eux, avaient déjà anticipé et avaient déjà des solutions à certaines de nos problématiques, indique Moana Carrara. Donc ça nous a vachement apaisés, parce qu’au début, je me suis dit : Comment on va faire ? Ça va être un bordel monstre. Mais en fait, les solutions, à 95 %, elles sont déjà là. » 

Des solutions certes, mais pas pour tout. Des défis restent encore à relever : trouver les bons récipients avec des matériaux résistants, notamment pour les « pots pour de sauces pour la chantilly ou la vinaigrette », ou encore remplacer le film plastique, dont l’interdiction est prévue pour janvier 2028, précise le restaurateur.

La question du prix est aussi importante. « Systématiquement, c’est un peu plus cher, donc il va y avoir un impact.  Justement, il va falloir recalculer ça. Il ne va pas y avoir une augmentation de 50 % du produit par rapport à l’emballage, mais c’est un peu plus cher. Donc il va falloir revoir. Je ne sais pas si je vais partir sur deux gammes de prix, une à emporter et une sur place. Il va falloir que j’étudie ça. »

Moana Carrara, propriétaire de la crêperie Moby Dick

« Des solutions pour compenser les coûts »

Ces formations servaient aussi à trouver des solutions économiques, pour compenser les prix« plus chers », précise Te Mana o te moana. « L’idée principale, ce n’est pas forcément de chercher à remplacer les contenants, c’est de trouver vraiment des bonnes alternatives, dit Laurie-Anne Soulard. L’une des meilleures alternatives, c’est de travailler main dans la main avec le client et petit à petit d’initier un mouvement. Par exemple, apporter ses propres contenants. Et ce qui a émergé aussi des différents ateliers, c’est que les restaurateurs pourraient éventuellement se réunir entre eux pour faire des commandes groupées et faire baisser les prix. »

La coordinatrice rappelle également que « le meilleur déchet, c’est celui qu’on ne produit pas », invitant les restaurateurs à réfléchir à la réduction de leurs emballages pour réduire leur taxe pehu. Et explique aussi qu’avec le développement de la filière, selon le principe de l’offre et la demande, les prix devraient baisser au fur et à mesure que les producteurs locaux augmentent leur production.

« Un livret d’alternatives »

« Aujourd’hui l’initiative de ce forum c’était de toucher ceux qui n’auraient pas pu venir à nos différentes formations », dit Laurie-Anne Soulard. Le choix de l’école hôtelière n’est pas non plus anodin : « Le faire ici, c’est aussi toucher les restaurateurs de demain, parce que ce sont les futurs professionnels », assure la coordinatrice éducation de l’association.

Ce projet continue avec un suivi, sur 10 mois, des 22 participants, et la mise à disposition « d’un livret d’alternatives qui regroupe tout ce qu’on a fait dans les animations et en plus propose des solutions. Il sera à disposition sur notre site internet, et aussi auprès de nos partenaires, ça fait partie des outils qui vont permettre de sensibiliser d’autres restaurateurs », explique Laurie-Anne Soulard.

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