ACTUS LOCALESSOCIAL Au guichet social des fonctionnaires, « On a entendu des choses inadmissibles » Caroline Perdrix 2025-08-14 14 Août 2025 Caroline Perdrix Pour la deuxième fois depuis le conflit avec la Fraap, la vice-présidente et ministre des Solidarités Chantal Galenon et la ministre du Travail et de la Fonction publique Vannina Crolas recevaient ce jeudi les fonctionnaires du Pays en détresse, comme s’y était engagé le gouvernement. Elles constatent un déficit d’information à l’intérieur même de l’administration sur les aides et les possibilités d’avancement, et des dysfonctionnements dans leurs propres services. Vingt-neuf personnes à la première édition, le 18 juillet dernier, 38 inscrits ce jeudi sans compter les personnes qui se présentent sans rendez-vous : le « guichet social » promis par le gouvernement après le conflit avec la Fraap ouvrait pour la deuxième fois, à la vice-présidence. Les agents viennent exposer leurs difficultés et se renseigner sur les aides auxquelles ils ont droit. Chaque rendez-vous dure de 15 à 20 minutes. « Dans les services, on nous fait attendre, on nous dit que la personne n’est pas là, ça décale, ça décale, des fois plus de six mois, dit James, agent de la Direction de l’équipement depuis plus de cinq ans, venu se renseigner sur les aides sociales auxquelles il a droit. C’est pour ça que c’est bien de voir la ministre ou des personnes bien placées. » « Pour eux, le fait d’être fonctionnaires, ils se disent qu’ils n’ont pas droit aux aides sociales, dit Chantal Galenon. L’idée c’est vraiment de leur démontrer qu’on est là pour aider toutes les personnes en situation de précarité. Il faut avoir le courage de prendre sa situation en main et de se dire qu’on peut avoir des aides et qu’il faut en profiter aussi. » https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2025/08/GUICHET-SOCIAL-01-CHANTAL-GALENON.wav Un déficit d’information qui se retrouve aussi chez les agents qui veulent évoluer dans leur carrière, et qui ont du mal à trouver l’information sur les conditions et les dates de concours internes, dit aussi Chantal Galenon. « En Polynésie, le principal outil c’est la rencontre avec les personnes » « Il y a souvent de la détresse, dit Vannina Crolas qui, avec Chantal Galenon, recevait les agents. Il y a bien des référents RH, mais ce sont souvent des référents administratifs. On rappelle, ou parfois on leur apprend, qu’il y a une cellule psychologique à la Direction des talents et de l’innovation, qui peut les recevoir et les accompagner. Et ils peuvent aussi en parler à leur hiérarchie (…) et là aussi il y a un travail à faire au niveau des managers de proximité », reconnaît la ministre, qui veut privilégier la communication au sein des services : « On a plein d’outils, mais on est en Polynésie, le principal outil c’est la rencontre avec les personnes. » https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2025/08/GUICHET-SOCIAL-02-VANNINA-CROLAS-2.wav Des solutions se dessinent « pour la plupart des gens qui sont venus nous voir », dit Vannina Crolas, « en interne dans l’administration, à la DSFE ou à l’OPH. On a des pistes, maintenant les personnes doivent également faire la démarche elles-mêmes, et on vient en appui en informant les services. » Mais « on a aussi entendu des choses inadmissibles », dit la ministre en citant le cas d’un agent qui remplit les critères d’obtention des aides mais que l’administration éconduit à chaque demande. « Il y a des règles, on n’a pas à regarder la tête des personnes, il y a des seuils, on n’a pas le droit de les priver des aides alors qu’ils y ont droit. » https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2025/08/GUICHET-SOCIAL-03-VANNINA-CROLAS.wav Le même rendez-vous se poursuivra tous les 3es vendredis du mois jusqu’en décembre.