ACTUS LOCALESPOLITIQUE Au Tavini, fracture affichée et deuxieme groupe a l’assemblée La rédaction 2026-03-29 29 Mar 2026 La rédaction En attendant la « clarification », c’est une confrontation des points de vue qui a eu lieu, ce samedi après-midi, lors d’une réunion du Tavini à laquelle participaient Oscar Temaru, Tony Géros, Moetai Brotherson et une centaine de cadres et de militants. Ces derniers ont surtout demandé des explications du président du Pays, à qui il est reproché une politique d’une “incohérence croissante” avec la ligne du parti, qu’il critique ouvertement sur la question de la stratégie d’accession à l’indépendance ou sur celle de l’exploitation des ressources marines. Des positions “non négociables” de son côté, a-t-il précisé, affirmant qu’il démissionnerait si le mouvement indépendantiste, dont il fait toujours partie, lui demandait. Des positions, surtout, qui sont partagées par une partie des élus Tavini de l’assemblée, qui s’apprêtent à former un nouveau groupe à Tarahoi, comme il l’a confirmé. Tony Géros a pointé que ces élus étaient “responsables de leurs décisions”, Moetai Brotherson a assuré à la sortie de la réunion croire encore à des discussions entre les deux factions. Réunion de “clarification” mais surtout de confrontation au siège du Tavini. Oscar Temaru et la direction du parti avaient répondu, la veille, à Moetai Brotherson, qui avait pointé du doigt leurs “erreurs stratégiques” sur les ondes de Radio1, en affirmant que les mauvais résultats des municipales étaient aussi imputables à la politique de son gouvernement, d’une “incohérence croissante” avec la ligne du parti. La convocation de ce samedi avait pour objet de “poser le débat”, d’après les dirigeants du parti. Ce qui a été fait devant une centaine de cadres, d’élus et de militants réunis à Faa’a, et en présence du président du Pays. Un président qui a rapidement expliqué qu’il démissionnerait de sa fonction exécutive si le Tavini le lui demandait, et qui a de nouveau constaté la “fracture” au sein du parti. Les points d’opposition sont connus, mais ont, chose rare, été clairement posés pendant cette réunion : la stratégie d’accession à l’indépendance et l’exploitation des ressources marines, des points sur lesquels Moetai Brotherson a dit avoir une position “non négociable”. Le président a surtout confirmé que plusieurs élus bleu ciel de l’assemblée étaient en voie de former un nouveau groupe à l’assemblée, dès le début de la session administrative, le 9 avril. Une démarche à laquelle il dit ne pas être associé, mais qui répond à des désaccords qu’il partage avec la ligne du parti, toujours présidé par Oscar Temaru, et dont Tony Géros est le vice-président. Le chef du gouvernement a rappelé que les élus en question faisaient partie, quoiqu’en pensent les cadres du Tavini, de ceux qui avaient été choisis par le mouvement indépendantiste puis par les électeurs lors des territoriales de 2023. Après quatre heures de discussions, tenues à l’écart des médias, pendant lesquelles plusieurs militants ont pris la parole pour demander au chef de l’exécutif de s’expliquer sur ses trois premières années de mandat, la réunion a été levée sans annonce de démission ou décision apparente de censure du gouvernement. Tony Géros a tout de même rappelé, pendant les débats, que chaque élu était “responsable de ses décisions” et devrait donc les assumer. Moetai Brotherson a lui indiqué, au micro de Radio1, que “la spécialité du Tavini c’était de croire aux miracles”, et que des discussions sont encore en cours avec les représentants en voie de former un nouveau groupe. “On va attendre quelques jours et voir si ces miracles se produisent”, sourit-il. Il entend quoiqu’il arrive poursuivre son action à la tête du gouvernement, et a rappelé que son équipe avait déjà, en séminaire, “tirer quelques leçons de ce qu’on a traversé, de ce qui a marché ou moins bien fonctionné et de ce qu’il y a encore à faire”. “On a repriorisé certains éléments, notamment sur le secteur primaire”, un domaine dans lequel les critiques sont particulièrement fortes au sein du Tavini. “Bien entendu, il y a des gens qui trouveront que c’est trop tard, pas assez, mais chacun fait ce qu’il peut avec le temps qu’il a et les moyens qui lui sont impartis”. Le président du parti Oscar Temaru n’a pas souhaité s’exprimer au terme de la réunion.