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Au TMUT, 150 traileurs étrangers et un « grand pas » pour le tourisme sportif


Le départ du premier Tahiti-Moorea Ultra-Trail (TMUT), qui doit devenir la finale annuelle de la nouvelle Ligue Ultra, sera donné ce vendredi soir sur l’île sœur. Parmi le millier de participants – dont 200 enfants – inscrits sur les différentes distances de course, une trentaine d’invités de haut niveau, dont certains affichent un palmarès impressionnant. 120 autres coureurs métropolitains ou étrangers ont aussi profité de l’évènement pour venir au fenua. Un attrait qui, pour les organisateurs comme pour les autorités, représente un « grand pas » dans le développement du tourisme sportif.

« Run the league, race to Tahiti ». C’est le slogan de la nouvelle « Ligue Ultra » qui rassemblera en 2026 quatre courses très longue distance dans les Alpes françaises. Une façon pour ces ultra-trails qui atteignent les 170 kilomètres de long et 12 000 mètres de dénivelé, « d’exister » et d’attirer, face à la « grosse machine » qu’est devenu l’Ultra-Trail du Mont-Blanc (UTMB), qui a au fil des ans constitué un circuit mondial culminant tous les ans à Chamonix. La ligue Ultra, elle veut « proposer quelque chose de différent », comme le pointe son cofondateur Alexandre Picquier : les quatre courses « continentales » d’avril à juillet (Western Asuréenne sur les hauteurs de Saint-Tropez, Trail de haute-Provence, Ultra 01 dans le Jura, Grand Raid 3 Kiprun Vallées-Moûtiers en Savoie) permettront aux médaillés, mais aussi à certains « finisher » tirés au sort de gagner un billet et un dossard pour la grande finale… à Moorea. La première saison officielle de cette ligue, qui s’est trouvé d’importants sponsors et qui bénéficie d’un partenariat médiatique avec Canal + à l’année, ne sera lancée qu’en 2026. Mais le TMUT, lui, est bien dans les starting block dès ce weekend.

220 millions de francs de retombées

Ce vendredi, à 23h59, c’est donc « évènement zéro », une finale avant l’heure qui va être lancée en bas de la route des Ananas et de celle du Belvédère. De quoi roder l’organisation, confiée à une association locale créée par Samuel Zijp, gérée par plusieurs dizaines de bénévoles de l’île, et soutenue par une vingtaine de cadres de La ligue Ultra arrivés de métropole. Et ils ne sont pas les seuls : 35 coureurs de haut-niveau ont reçu, dès cette année, une invitation. Ils seront 50 à partir l’année prochaine. C’était d’ailleurs un autre objectif de ce premier TMUT : montrer que « c’est bien possible d’aller à Tahiti », comme le dit Alexandre Picquier.

À ces invités s’ajoutent 120 coureurs « extérieurs », métropolitaines pour la plupart, mais aussi de neuf pays d’Europe, d’Asie ou du Pacifique, qui ont payé leur déplacement et leur inscription. Benoit Rivals, professionnel de l’évènementiel sportif et qui prête main forte à la Ligue ultra, a beau avoir fait venir plus de 300 coureurs étrangers pour la Ronde tahitienne, il avoue n’avoir « jamais vu » un tel engouement pour une première édition. Aucun doute : ce TMUT est un « grand pas » de plus dans le développement de la niche du « tourisme sportif », déjà développé à la Réunion ou à Hawaii, mais pas encore suffisamment au fenua au regard de son potentiel.

Et ce pas pourrait en amener d’autres rapidement : des organisateurs de course du Chili ou du Japon, qui a d’ailleurs a représentant sur la course ce weekend, ont déjà montré leur intérêt pour faire de Moorea le lieu de leur grande finale annuel, sur le modèle de la Ligue Ultra. « L’idée c’est de pouvoir être une destination reconnue, comme l’est Hawaii pour l’Iron Man ou la Réunion pour la Diagonale des fous, et d’être un site de finale à part entière à Tahiti et Moorea ».

Les responsables, qui ont été aidés par Tahiti Tourisme pour l’organisation, précise que chaque invité à l’ultra-trail doit passer par une agence de voyage locale pour réserver un séjour d’au moins 15 jours pour profiter du billet et du dossard gratuit. Ils chiffrent à 220 millions de francs les retombées de l’évènement pour les entreprises de Tahiti et Moorea, un chiffre qui doit être amené à augmenter d’année en année. Et un chiffre qui n’échappe pas à Christian Wang Sang, représentant ministère des Sports, qui pointe que « c’est le genre d’activités que le gouvernement souhaite vraiment développer »… Et invite les organisateurs, pourquoi pas, à étudier d’autres îles polynésiennes à grand potentiel de trail, des Marquises aux Australes en passant par les Raromatai.

Des traileurs de haut niveau, et des connaisseurs locaux

Plus que les retombées économiques, ce sont les données de parcours et de dénivelé qui sont scrutés par les athlètes invités. Certains d’entre eux arrivent avec un impressionnant palmarès : Sarah Charles, qui a remporté en 2024 ses quatre ultras, Arthur Joyeux-Bouillon, ancien militaire devenu professionnel du trail, qui a gagné ses trois dernières courses, de 40 à 170km dans les Alpes, Alexandre Béraud, premier sur l’Ultra 01 et sur l’Infernal trail des Vosges ces derniers mois… et surtout Ludovic Pommeret, figure de la discipline, qui a déjà gagné la Diagonale des Fous et l’UTMB et qui à 50 ans, vient de signer un doublé sur le Hardrock 100, graal du trail américain. Une « machine » toutefois bien grippée ces derniers jours et qui ne sait pas encore s’il pourra prendre le départ vendredi soir.

Tous ces champions, pourtant, regardent vers le local de l’étape : Delbi Villa Gongora, Péruvien d’origine et Polynésien d’adoption, qui se classe fréquemment parmi les meilleurs dans les ultras internationaux, et qui avait remporté le premier trail très longue distance du fenua, en 2024, déjà à Moorea. Aux champions français, et aux organisateurs, il a prévenu de ne pas être trop optimistes sur les temps de parcours : le terrain, sur l’île soeur est « complexe, glissant », « souvent très gras », parfois dangereux », « plein de cailloux et de racine », sans compter le climat changeant et souvent lourd de ce début de saison humide. « Il y a une découverte, et il pourrait y avoir des mauvaises surprises au matin du 20 décembre », reconnait Alexandre Picquier. Delbi, lui, ne sera pas surpris, et accueille cette concurrence de haut niveau avec beaucoup d’enthousiasme :

Si les favoris sont alignés sur le « 85K », qui n’en fait finalement plus que 79 après révision des parcours et les inévitables débats avec les propriétaires fonciers, de très bons coureurs et coureuses sont aussi alignés sur le 41 et le 24 km. Des courses de 13 et de 5 kilomètres sont aussi organisés dans le weekend, rassemblant plus de 850 participants, auxquels s’ajoutent 200 jeunes sur des courses sans chronométrage.

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