ACTUS LOCALESSPORTS Au Tour Tahiti Nui, les cyclistes locaux face au « high level » international Charlie Réné 2025-09-14 14 Sep 2025 Charlie Réné Sur les 57 participants du Tour Tahiti Nui 2025, qui a été lancé ce dimanche, pas moins d’une vingtaine viennent de Métropole, de Calédonie, des Antilles ou des Etats-Unis. « Il y a du niveau, il y a du palmarès, mais tout est bon à prendre pour nos coureurs locaux » se félicite la Fédération de cyclisme, qui voit cette 29e édition comme une étape importante de la préparation pour Tahiti 2027. Le contre-la-montre de ce dimanche a donné le ton des six étapes : le Californien Quinn Felton l’a remporté, talonné par Taruia Krainer, bien décidé à retrouver le haut du podium sept ans après sa dernière victoire dans la compétition. « Je veux un beau tour, où se départage au pédalier, et pas sur les bords de route ou à coup de casque ». Le message du président de la Fédération tahitienne de cyclisme Teva Bernadino est bien passé, samedi après-midi devant les 57 participants du Tour Tahiti nui, réunis à la mairie Pirae. Un point technique à la veille de la course reine du cyclisme polynésien, lancée ce dimanche par un contre-la-montre individuel très vif entre Tiarei et le collège de Hitia’a. 10,8 kilomètres à peine, presque un sprint pour les coureurs qui en avaleront 580 dans la semaine. Et à ce jeu là c’est un Américain, Quinn Felton qui l’emporte en seulement 12 minutes et 46 secondes. Intégré à l’équipe Voler Factory, tout droit arrivée de Californie, le coureur de 23 ans à peine fait partie de la vingtaine « d’extérieurs » qui ont pris le départ du tour cette année. On y trouve, comme souvent, une équipe calédonienne, sans le double champion sortant Rayann Lacheny, la Team Terra venue de Nice, une équipe du ministère de la Défense, et plusieurs coureurs inscrits individuellement et intégrés, comme le permet le règlement à une des douze équipes alignées cette année. « Se confronter à plus fort avant les Jeux du Pacifique de 2027 » Les Tahitiens restent donc majoritaires dans le peloton, mais vont être « très challengés » pendant toute la semaine. Et c’est bien l’idée de la compétition qui fête cette année sa 29e édition. « Il y a du niveau, il y a du palmarès, mais tout est bon à prendre pour nos coureurs locaux, le niveau va être très haut et ça va les pousser à se surpasser », assure Teva Bernadino qui pense « notamment » à Taruia Krainer et Kahiri Endeler « qui peuvent tirer leur épingle du jeu ». https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2025/09/TOUR-TAHITI-NUI-1-Teva-Bernadino.wav Et le premier a montré qu’il était prêt à en découdre dès ce dimanche. Taruia Krainer, 34 ans, dernier Polynésien à avoir remporté le tour en 2018 – en plus de sa victoire en 2012 – est arrivé deuxième du contre-la-montre de ce dimanche, devant le Calédonien Hugo Pommelet, 22 ans. Le président de la FTC veut croire en ce retour sur le haut du podium : « Il s’est bien entrainé, il a eu des résultats récemment, notamment une victoire en Gran Fondo (à Brisbanne, en avril, ndr), je pense qu’il peut aller chercher quelque chose cette année ». Mais le fait est que face aux sprinters américains, au jeune Antonin Souchon, qui a remporté une étape du tour de Bretagne l’année dernière, au revenant Julien Trarieux, vainqueur du Tour Tahiti Nui en 2022 et qui a été plongé dans le coma pendant un mois l’année passée après un accident, ou au surprenant Axel Taillandier, qui a enchaîné les performances, ces dernières années aux Antilles, les Tahitiens auront fort à faire. Mais l’important est la préparation, estime Hervé Arcade. « L’idée c’est de se confronter à plus fort, connaitre la marge de manœuvre avant les Jeux du Pacifique de 2027, pointe le directeur technique de la fédération. Même si on passe à côté, ça remettra les pieds sur terre à certains, et ça donnera matière à travailler dans les deux prochaines années ». Un tour « condensé » en six étapes En attendant les Jeux, c’est cette semaine qu’il va falloir travailler pour se faire sa place dans le peloton. Il parcourra 100 kilomètres ce lundi entre Papeete et Erima, 135km – la plus longue étape de l’édition – mardi, dans un aller-retour entre Punaauia et Teahupo’o, puis 128 mercredi sur le parcours Arue – Tautira – Tahara’a, col qui sera monté dans les deux sens. Moorea n’est pas oubliée, avec la cinquième étape de jeudi, qui fera le tour de l’île avec passage par le belvédère et la très cahoteuse Route des ananas. L’étape finale retrouvera la côte est vendredi 19 septembre, avec une ligne d’arrivée devant la mairie de Pirae. Un parcours plus court qu’à l’accoutumée, avec six étapes, là où le tour en a fréquemment vu dix, mais un « condensé de ce que le Tahiti et Moorea ont à offrir », dit-on à la fédé. « On avait un peu moins de moyens financiers, il faut pas se leurrer, mais on offre tout de même une mixité dans les arrivées pour ne pas valoriser que les grimpeurs ou les sprinters, reprend Hervé Arcade. On a fait une étape sur deux en arrivée sur le plat et au sommet, pour permettre à chacun de s’exprimer sur ses qualités physiques propres ». https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2025/09/TOUR-TAHITI-NUI-2-herve-arcade.wav À noter que le tour des Vahine, lui, a souffert comme trop souvent d’un manque de participante. La semaine dernière, seule Tekau Hapairai était alignée, elle a été rejoint par Adelaide Trejou, d’ailleurs arrivée en tête du contre la montre ce dimanche. Mais la Fédération a ouvert la compétition féminine à une participation « à la carte » pour permettre à toutes les cyclistes – et les triathlètes – de participer à certaines étapes. Le prize money sera donc maintenu et attribué aux points plutôt qu’au temps. Les Vahine seront intégrées au peloton masculin, mais devraient bénéficier d’un parcours adapté sur certaines étapes.