ACTUS LOCALESJUSTICE Aux Assises, un homme jugé pour avoir mortellement frappé son beau-frère Alexandra Perrini 2026-06-05 05 Juin 2026 Alexandra Perrini La Cour d’assises s’est penchée ce jeudi et ce vendredi sur un drame survenu le 25 décembre 2021 à Makemo, où un homme a porté un coup de poing fatal à son beau-frère à l’issue d’une journée de fête familiale marquée par une forte consommation d’alcool. Poursuivi pour violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner, ainsi que pour des violences commises sur son épouse, l’accusé, qui avait été laissé libre sous contrôle judiciaire, est décrit comme un homme « complexé » et « orgueilleux ». Ce vendredi, les témoignages des proches présents ce jour-là, ainsi que les conclusions du médecin légiste, ont retracé les circonstances du drame. D’après l’avocate de la partie civile, les violences n’ont pas cessé au sein du foyer et ont continué sur les enfants. « Je pense qu’il voulait se venger. » Depuis jeudi, un homme est jugé à la Cour d’assises, suspecté d’avoir tué son beau-frère (le mari de sa sœur, NDLR) le 25 décembre 2021 à Makemo. L’accusé est poursuivi pour violence ayant entraîné la mort sans intention de la donner, mais également pour des violences envers sa femme. C’est d’ailleurs au cours d’une dispute avec cette dernière que le drame s’est noué. Ce vendredi, plusieurs témoins défilent à la barre, ainsi que le médecin légiste qui a autopsié le corps de la victime. Le jour de Noël, famille et amis passent la journée à la plage. L’alcool coule à flot depuis 11 heures et, en fin de journée, la femme du mis en cause souhaite rentrer au domicile. Son mari, père de ses quatre enfants, refuse et une dispute éclate alors entre les deux dans la mer. Selon des témoignages, l’accusé lui assène plusieurs gifles et lui tire les cheveux. Au loin, les proches observent la scène qui se déroule sous leurs yeux. Face à cette violence, le père de famille est insulté par ses proches : « On ne tape pas les femmes, ce sont les p**** qui font ça », lui a-t-on lancé, assorti d’autres noms d’oiseaux. Un homme « orgueilleux » et « complexé » Au fil des témoignages et des conclusions de l’expertise se dessine le portrait d’un homme de 1,61 mètre, « complexé » par sa taille et animé par un profond sentiment d’orgueil. Ce jour-là, les insultes dont il fait l’objet ne passent pas. Blessé dans son estime, il laisse sa colère prendre le dessus. À en croire les témoignages recueillis au cours de l’enquête et les auditions relues à l’audience par la présidente, l’accusé serait alors progressivement « monté en pression ». Dans une tentative de le calmer, le mari de sa sœur lui porte alors le premier coup. Alerté en urgence afin d’éviter que la situation ne dégénère davantage, le cousin du mis en cause se rend sur place. Entendu ce vendredi à la barre, il raconte avoir tenté d’éloigner l’accusé de la plage et des tensions qui s’y concentraient. « Je pensais qu’il s’était calmé », confie-t-il, quatre ans et demi après les faits. Un combattant de boxe qui aurait « mis tout son orgueil et toute sa force » Le père de famille indique alors à son cousin qu’il a « oublié son sac à la plage ». Les deux hommes y retournent et, soudain, le mis en cause renvoie la balle à son beau-frère, lui assénant un violent coup de poing en bas du visage. À noter que l’accusé est un combattant de boxe et qu’il aurait, d’après ses dires, utilisé « 70/75 % de sa puissance » ce jour-là. « Il a tapé très fort, on aurait dit qu’il y avait mis tout son orgueil et toute sa force », avait déclaré le cousin lors des premières auditions. La victime ne s’en relèvera jamais. Au procès, il est demandé à l’accusé de reproduire le geste qu’il a effectué quelques années auparavant. Un moment difficile à regarder pour la mère de la victime, assise au premier rang des bancs du public. Après dix mois de détention provisoire, l’homme avait été remis en liberté sous contrôle judiciaire. Mais selon maître Betty Hayoun, avocate de la mère de la victime, les violences qui marquaient déjà le quotidien du couple ne se seraient pas arrêtées à la sortie de prison de l’accusé, les enfants du foyer en étant également victimes. La pénaliste a notamment évoqué des problèmes de consommation d’ice de la part de l’accusé. Le premier jour du procès, celui-ci avait exprimé ses regrets, assurant qu’il n’avait jamais eu l’intention de donner la mort à son beau-frère. Le délibéré est attendu prochainement.