ACTUS LOCALESPOLITIQUE Candidat à un « dernier mandat » à Pirae, Édouard Fritch défend ses grands projets Charlie Réné 2025-12-16 16 Déc 2025 Charlie Réné Maire de 2000 à 2008, puis depuis 2014, soit près de vingt ans aux manettes de Pirae, le chef de file du Tapura a confirmé sa candidature pour les municipales de mars. Un « dernier mandat », assure l’élu dont le « vœu le plus cher » serait d’arrêter la politique à 77 ou 78 ans. L’ancien président du Pays veut surtout faire aboutir ses grands projets de complexe sportif d’excellence à Pater et surtout de « cœur de ville » sur les terrains de l’ancien Comsup. Après les attaques de son ancien adjoint et désormais rival électoral Abel Temarii, il assure qu’il ne s’agit en rien de « courir après le béton » mais de créer de l’emploi et fixer les jeunes dans la commune. Lire aussi : Abel Temarii accuse Édouard Fritch de vouloir bétonner Pirae Peu de gens en doutaient, encore fallait-il le confirmer. « Je suis candidat à un nouveau mandat à Pirae, a déclaré ce mardi Édouard Fritch sur le plateau de l’Invité de la rédaction. Et je pense que ce sera mon dernier mandat ». L’élu de 73 ans, qui a été maire de 2000 à 2008, puis en continu depuis 2014, soit bientôt 20 ans de mandat, assure que cette candidature n’était pas une évidence : « C’est vrai que le schéma n’aurait pas le même si nous avions gagné en 2023 », reconnait-il. Si ce mandat est le dernier, c’est que l’ancien président ne compte pas avoir la longévité de son prédécesseur et ancien mentor Gaston Flosse en politique : « À un moment donné il faut savoir lâcher prise, et vraiment, vraiment, mon vœu le plus cher c’est à 77-78 ans arrêter la politique ». https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2025/12/FRITCH-arreter.wav Le leader du Tapura, réélu en 2020 avec 68,5% des voix n’a pas encore finalisé sa « Liste d’union et d’action communale de Pirae », mais estime qu’il va garder « une grosse partie » de ses colistiers, dont il salut le « sérieux » et l’assiduité ». Il souhaite tout de même « faire entrer quelques nouvelles têtes ». Des jeunes ? « Des jeunes en politique, oui, mais surtout des nouvelles têtes qui pourraient nous aider à mieux concevoir l’avenir ». « Les banques nous suivent, nous avons le feu vert » L’avenir, l’équipe sortante en a déjà fixé le cap avec les grands projets d’aménagement, en préparation pendant toute la mandature, et « dont les prémices datent d’il y a 10-15 ans » d’après le tavana. Des projets qui entrent désormais en phase opérationnelle. À commencer par le grand complexe qui doit sortir de terre sur les terrains du Comsup rétrocédés entre Aorai Tini Hau et l’ancien marché. Les plans de cet ensemble, qui doit doter cette ancienne « commune dortoir » d’un vrai « coeur de ville » et en faire un centre d’activités et d’emplois pour les jeunes, ont été présentés en septembre. On y trouve un nouveau marché de 1800 mètres carrés, une grande maison des associations, une annexe de police municipale, tous construits par la mairie, ainsi qu’un centre évènementiel couvert d’au moins 1200 personnes et plusieurs immeubles mixtes de commerces, bureaux et appartement qui seront construits et exploités par le privé. La commune investit plus de 2,2 milliards de francs pour sa partie du projet, et les finance en louant les autres lots en baux emphytéotiques… « Les banques nous suivent, nous avons le feu vert, et nous allons pouvoir financer sans demander aucune subvention », pointe le maire sortant qui rappelle que le premier concours, pour l’aménagement général de la zone, a déjà été publié, et que les appels à candidatures pour plusieurs lots de partenariat public-privé sont prêts à l’être. Édouard Fritch se dit très confiant sur l’intérêt des investisseurs : https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2025/12/FRITCH-investissement-centre-ville.wav Le tavana le sait : en formalisant le projet à quelques mois des municipales, il ne manquera pas d’être au centres des débats électoraux. Abel Temarii, candidat déclaré de longue date pour sa succession à la mairie, et qui était jusqu’à il y a quelques semaines son premier adjoint, a attaqué en octobre, des plans taillés dans la « nostalgie » des fonctions gouvernementale du maire plus que pour les habitants de la commune, et de grands immeubles qui vont « défigurer » ou « bétonner » Pirae. « On ne court pas après le béton du tout » Des immeubles il y en aura bien : le conseil municipal a voté en octobre une révision du PGA – validée fin novembre par le gouvernement Brotherson, « dans un temps record » comme le salut Édouard Fritch – qui permet de grimper sur la zone jusqu’à R+5. Mais uniquement sur cette zone, pointe Édouard Fritch : « ça ne change pas ailleurs », et « au contraire », les zones naturelles protégées ont été « étendues » dans les hauteurs et les vallées. « On ne court pas après le béton du tout, mais il est nécessaire pour créer de l’activité », insiste-t-il. Surtout, l’ancien président assure qu’il « pense à la commune, pas au Pays » avec ces plans, s’étonnant des attaques de son ancien adjoint – qui « pourra toujours tout remettre en cause » s’il est élu – alors que « toutes les délibérations sur ce centre ville ont été voté à l’unanimité » au conseil municipal : https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2025/12/FRITCH-reponse-a-temarii.wav L’autre grand projet, c’est celui qui transformer l’ancienne MJC, côté Pater, en « complexe sportif d’excellence », avec salle polyvalente, salle d’arts martiaux, espaces de crossfit, et même un « centre médico-sportif » pour l’accompagnement des athlètes, qui serait lui aussi financé par des acteurs privés. au bas mot 700 millions d’investissements, et là encore une « nécessité » pour le maire sortant qui, en plus des besoins exprimées par la jeunesse et les athlètes locaux, assume une dimension territoriale au projet. Le centre médico-sportif, « On ne l’a pas fait au niveau du pays, et c’est une erreur », et la commune peut attirer cette activité, quitte à dépasser ses compétences formelles. Le président du Tapura ne manque au passage de se féliciter du vote, à Paris, de la loi organique étendant les compétences des tavana, au travers de l’article 43-2. Un sujet qui a fait l’objet d’un important bras de fer avec Moetai Brotherson, qui a qualifié cette révision du statut de « gadget politique, irresponsable et dangereux ». Il est vrai que les maires du fenua, plus limités dans leurs compétences que leurs homologues métropolitains avant l’adoption de cette loi, ne se sont jamais privés de marcher sur les plates-bandes – Pirae est un bon exemple – et n’ont jamais été sanctionnées sur la question. « Mais tous les jours, on a la trouille », nuance Édouard Fritch qui parle de « sécuriser » l’action des mairies. Face à lui, lors du premier tour des municipales en 2026, l’ancien dauphin de Gaston Flosse aura donc la liste d’Abel Temarii mais aussi celle de Thilda Garbutt-Harehoe qui avait rassemblé près de 20% des voix en 2020. Comme elle l’avait expliqué à Tahiti Infos, la conseillère municipale part « sans l’étiquette Tavini », Oscar Temaru préférant soutenir l’ancien ministre des Finances Tevaiti Pomare, qui n’a, pour l’instant, pas confirmé sa candidature.