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Les partenariats public-privé au cœur du futur centre-ville de Pirae

Le maire de Pirae a fait ce mercredi une présentation de ses projets, non seulement pour le futur centre-ville autour de Aorai Tini Hau. Le cadre administratif est en place, et Édouard Fritch espère l’ouverture des chantiers pour la fin de l’année 2026. Pour rembourser les emprunts qu’elle va contracter afin de financer les équipements collectifs, la commune va s’appuyer sur le secteur privé, à qui elle proposera des baux emphytéotiques de 70 ans pour construire les bureaux, commerces et appartements prévus.

Le projet de cœur de ville de Pirae, centré à Aorai Tini Hau sur les anciens terrains du Comsup’, arrive à maturité après une réflexion d’une dizaine d’années, dit Édouard Fritch. Il s’agit de transformer cette « commune-dortoir » et de proposer des activités qui puissent être source d’emplois. La commune va y investir plus de deux milliards de Francs, financés notamment par un emprunt sur 25 ans auprès d’un pool de banques locales et de bailleurs institutionnels comme l’AFD et la Banque des territoires.

Un nouveau marché de 1 800 mètres carrés, une maison des associations (940 m2), une annexe de police municipale (190 m2), un « centre évènementiel » d’une capacité de 1 200 à 1 400 personnes – un dimensionnement à la hausse par rapport aux annonces de début d’année -, 110 parkings souterrains, des espaces publics, des immeubles mixtes de commerces, bureaux et appartements devraient donc voir le jour à Pirae.  Un investissement d’au moins deux milliards et demi pour la commune, encore « très peu endettée », précise son tavana.  La salle de spectacles (un chantier estimé à plus d’un milliard de francs) et les immeubles mixtes seront réalisés en partenariat public-privé : la commune va proposer des baux emphytéotiques de 70 ans aux investisseurs. C’est un impératif pour la réalisation du projet,  : « La mise à disposition des terrains créée des recettes qui vont nous permettre de soutenir cet emprunt important, » explique Édouard Fritch.

Les préalables au lancement du projet sont désormais maîtrisés : le désamiantage et la déconstruction des anciens bâtiments militaires, l’échange de parcelles avec les forces armées, la révision du PGA datant de 2011 qui doit être actée en conseil municipale en octobre puis par le conseil des ministres en novembre, le lancement des travaux d’assainissement collectif, le début des travaux de la 3e voie d’accès côté mer, et bientôt la sécurisation des berges qui doit commencer au 1er trimestre 2026. Sans oublier le SWAC qui alimente le CHPF, auquel les nouveaux projets pourront se raccorder.

Certains se sont interrogés sur l’opportunité de prévoir la construction d’un hôtel. Édouard Fritch et Yvonnick Raffin, 3e adjoint en charge des finances, n’y sont pas opposés. Les investisseurs invités à la présentation restaient prudents, comme Jean-Luc Cholet, de Demeures de Tahiti : « C’est toujours beau sur le papier, mais dans la réalité ça va être plus complexe, d’abord pour avoir le permis, ça va prendre beaucoup de temps. ET la construction, les entreprises polynésiennes ne seront pas en capacité de faire ça toutes seules, il va falloir faire appel à des renforts. Et les enjeux sont importants, il va vraiment falloir ne pas faire n’importe quoi. »

Pirae a clôturé lundi son appel à candidatures pour la maîtrise d’oeuvre du projet, et doit déterminer vendredi une « shortlist » de trois architectes qui seront mis en concurrence. Quant aux lots destinés au secteur privés, Pirae espère les attribuer à la fin de l’année, et lancer dès 2026 les études opérationnelles.

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