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Crise de la santé publique : une « bombe » sanitaire et économique, dit Tony Tekuataoa

©Archives Radio1

Tony Tekuataoa, chef des urgences à l’hôpital de Taaone, tire la sonnette d’alarme sur la lenteur de la réforme dans la santé publique. La dégradation des conditions de travail des personnels médicaux et administratifs s’accompagne d’une dégradation de la santé des Polynésiens. Une « bombe » à retardement, économique autant que sanitaire, dit-il.

Après l’ouverture du Syndicat des praticiens hospitaliers aux praticiens de tout le secteur de la santé publique, le chef du service des urgences du CHPF explique, comme il le fait dès qu’il en a l’occasion, l’urgence de la réforme dans ce domaine.  « On aimerait être unis par un statut commun, un statut attractif qui nous permettrait d’avoir l’ensemble des postes pourvus.  » Il manque du personnel et pas qu’au niveau médical, d’ailleurs. On voit notamment une fragilité au niveau des îles avec des agents qu’il faudra revaloriser. Il faut absolument qu’on ait une cohérence dans notre système de santé. »

Fonctionnaires certes, dit Tony Tekuataoa, mais pas fonctionnaires comme les autres, et le statut actuel des personnels de santé doit le prendre en compte. Et son syndicat ne connaît pas encore ce que prépare, ou pas, le gouvernement : « On a un ministre de la Santé qui nous soutient, mais on sent bien que la Fonction publique n’est pas au rendez-vous, en tout cas pas assez vite. On n’est pas un service administratif comme d’autres, on tourne tous les jours, 7 jours sur 7, 365 jours par an, on a besoin de flexibilité, d’adaptabilité, de réactivité pour être efficients. »

Pour exemple, il cite le service de radiologie, où seulement deux des sept postes sont pourvus, de manques dans le service de néphrologie, les difficultés de la Direction de la santé aux Tuamotu : « En fait il y a des difficultés partout, et comme on n’a pas régi depuis le post-Covid, c’est complètement compréhensible », dit-il.

Ces difficultés, martèle l’urgentiste, vont bien au-delà du statut des personnels. Il voit dans son service les effets d’une chaîne de soins déjà fortement grippée. Il se dit plus qu’inquiet de l’état de santé des Polynésiens : « Aujourd’hui, on vit, on travaille, et puis à 45-50 ans, boum, ça tombe. Et quand ça tombe, ça tombe fort. Tellement fort que non seulement tu ne travailles plus, donc tu ne cotises plus, mais en plus tu coûtes, donc c’est une double peine. Cette double peine, économiquement, c’est une bombe. »

 

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