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Des noix polynésiennes pour régénérer la cocoteraie de Mayotte

La cocoteraie de Mayotte a été entièrement détruite par le cyclone Chido. Les rares palmiers qui ont résisté aux vents violents ont perdu l’ensemble de leurs fruits et de leurs feuilles. Pour ranimer cette cocoteraie si chère aux habitants, le territoire a choisi une autre île ultramarine : la Polynésie. 40 000 noix de coco de Pukapuka prendront bientôt racine dans le sol mahorais. Les précisions de notre partenaire Outremers 360°.

Pour reconstruire la cocoteraie de Mayotte, totalement détruite par le passage du cyclone Chido, ce sont des cocos polynésiennes qui ont été choisies.  Ce projet est le fruit d’un long travail de recherche mené par la Chambre d’agriculture, de la pêche et de l’aquaculture de Mayotte (CAPAM) et le Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad). Mais ce partenariat n’aurait jamais été possible sans la générosité de la Polynésie qui a décidé d’offrir ces noix de coco au territoire de l’océan indien, par solidarité.

Les noix germées viendront de l’île de Pukapuka, située à l’extrémité nord-est de l’archipel des Tuamotu. Elles seront ramassées par les habitants de l’atoll avant d’être acheminées par bateau jusqu’à Tahiti. En tout, 40 000 cocos seront envoyées à Mayotte en deux temps mais les modalités d’acheminement restent à définir. « Le gouvernement polynésien nous fait don de ces cocos », remercie Kadafi Saïd, directeur général par intérim de la CAPAM. « Nous devons quant à nous prendre en charge les frais annexes et de transport », poursuit-il. C’est sur ce point que les interrogations demeurent, le voyage des noix de coco est estimé à 60 000 €. « Le premier transport des 20 000 noix coûte 30 000 €, auquel il faut ajouter 15 000 € pour l’acheminement de Pukapuka à la capitale polynésienne ». Un montant multiplié par deux puisque l’envoi est prévu en deux fois.

Deux mois de traversée en bateau

Si Kadafi Saïd se dit reconnaissant de cet exemple de solidarité porté par la Polynésie, le président par intérim ne cache pas son inquiétude face au manque de moyens auquel sont confrontés tous les acteurs locaux. Mais « le projet se fera », assure-t-il, « le gouvernement polynésien n’attend que notre feu vert pour lancer la récolte ».

Les noix de cocos devront donc faire PukaPuka-Papeete-Le Havre-Mayotte : deux mois de voyage au total, et dans des conteneurs réfrigérés « pour éviter que les noix ne pourrissent ou ne germent en chemin ».  En arrivant à Mayotte, elles seront stockées sur un terrain de dix hectares dont dispose le conseil départemental avant d’être répartis chez les pépiniéristes de l’île. Ils seront en charge de la germination et de la vente des noix de coco aux agriculteurs. « Les prix seront discutés en comité de pilotage pour que l’opération n’engendre pas de bénéfice mais que le prix puisse rembourser les frais », ajoute Kadafi Saïd.

Avec Outremers 360°

 

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