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Électricité : la SPL Te uira api no te mau motu fait des adeptes

La centrale Faaroa à Raiatea ©SPL Te Uira api no te mau motu

Créée en 2022 aux Raromatai, le fournisseur d’électricité  Te Uira api no te mau motu ne cesse de séduire d’autres communes. Dernières en date, Rurutu, puis Tubuai qui a donné un préavis à EDT pour sortir de la concession avant sa fin prévue en 2030, et enfin Rikitea. Chacune vise 50% d’énergie renouvelable dans son mix énergétique. Pour Marcelin Lisan, maire de Huahine et président du conseil d’administration de cette société publique locale (SPL), les tavana se laissent convaincre par les avantages de l’autonomie retrouvée dans la production et la distribution de l’électricité, et aussi peut-être par les dividendes.

La Société publique locale (SPL) Te Uira api no te mau motu et l’AFD viennent de signer un nouveau partenariat financier pour l’hybridation de la centrale de Huahine. Grâce à un champ de panneaux photovoltaïques, dont la construction devrait commencer cette année, la commune espère atteindre 50% d’énergie renouvelable dans son mix énergétique. « Un gros projet qui va changer beaucoup de choses pour nous. Ce mix énergétique va dans le sens de la protection de l’environnement », explique Marcelin Lisan, maire de Huahine et président du conseil d’administration de la SPL. Et l’île de Huahine ne fait que donner l’exemple car toutes les communes qui font partie de la SPL devraient suivre le même chemin et mener ce genre de projets. « L’île de Huahine est la première étape de notre calendrier pour la SPL. L’objectif est d’arriver à 50 % de mix énergétique dans chaque commune. »

De quatre à six communes, bientôt huit

Depuis sa création en avril 2022 avec quatre communes, la SPL Te Uira api no te mau motu n’a cessé de se développer et de compter de nouveaux adhérents. Elles sont aujourd’hui six à en faire partie : Huahine, Tumara’a, Taha’a, Taputapuatea, Rurutu et Tubuai, auxquelles il faudra bientôt rajouter Rikitea. Pour Tubuai, ce n’est pas encore tout à fait officiel puisque la commune a donné son préavis à EDT-Engie et doit patienter jusqu’en 2027.

Qu’est-ce qui plait tant aux communes pour qu’elles soient de plus en plus nombreuses à choisir de confier la gestion de leur électricité à la SPL ? L’autonomie, selon Marcelin Lisan : « On montre qu’on est autonome. Chaque commune et chaque conseil municipal est maître de ses investissements et ses décisions. Nous avons une politique tarifaire commune et nous gérons nous-même notre production et notre distribution avec le même personnel qui était déjà en place (alors que la production et la distribution de l’électricité était géré par EDT-Engie, ndlr), aux mêmes conditions de travail. Je pense que les maires et les conseillers municipaux de chaque commune sont assez aguerris maintenant pour prendre en charge leur avenir et leur développement économique. On veut aller plus loin encore demain, en gérant nos aéroports et nos ports dans chaque commune respective. »

« Nous voulons avant tout être maîtres de nos investissements »

Marcelin Lisan espère également convaincre Uturoa, Bora Bora et Maupiti de les rejoindre pour avoir toutes les Raromatai. Et toutes les communes d’autres archipels qui veulent les rejoindre seront accueillies « avec grand plaisir ». « Le but n’est pas de grandir pour grandir mais de prendre en main nos décisions. Bien sûr, l’économie d’échelle est aussi intéressante. Mais nous voulons avant tout être maîtres de nos investissements et de notre mix énergétique », précise le tavana de Huahine. Et d’ailleurs, au niveau économique, ça marche plutôt bien. Les comptes ont été « positifs » depuis le début. « Nous pouvons assumer notre fonctionnement et nos investissements grâce aux banques, comme toute société. Nous payons des impôts en Polynésie française où nos bénéfices sont réinvestis. Nous sommes une société 100 % locale. » Marcelin Lisan parle même de dividendes distribués à chaque commune adhérente qui les reverse ensuite à son budget général. « « Nous arrivons à dégager du bénéfice pour pouvoir plus tard l’injecter dans les communes respectives. Comme toute société, nous distribuons des dividendes et ça va dans le budget général de la commune. Au conseil municipal de chaque commune de décider de son affectation. »

Un résultat financier positif grâce à la contribution payée par les usagers de Tahiti-Nord

Des dividendes qui peuvent ensuite servir au financement des projets de chaque commune. Ce qui pose question puisque la SPL profite aussi de la péréquation payée par les usagers de Tahiti Nord. La contribution de solidarité sur l’électricité est prélevée sur chaque facture à hauteur de 6,30 francs le kw/h. En 2021, une convention avait été signée entre les maires et Yvonnick Raffin, alors ministre des Finances, pour permettre à la SPL de rentrer dans ce système. Ils en bénéficient et y participent. En 2022, cela représentait 750 millions de francs pour la SPL. Une somme qui devait permettre « d’équilibrer les comptes » de la production et la distribution d’électricité dans les quatre communes (Huahine, Tumaraa, Tahaa et Taputapuatea), et de maintenir les tarifs pour les quelques 8 500 usagers concernés. Mais aujourd’hui la SPL fait des bénéfices tout en continuant à profiter de ce système.

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