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« Faire société, éviter le décrochage, remplacer la cellule familiale » : l’UPJ rassemble les internes

Trois cents internes étaient rassemblés à Pirae ce samedi par l’Union polynésienne pour la jeunesse qui fédère plusieurs associations. Ils font partie d’un dispositif éducatif qui suit plus de 1 800 internes tout au long de l’année scolaire pour pallier les carences éducatives et apporter un encadrement pédagogique lorsqu’ils sont hors du cadre familial.

Les associations membres de l’UPJ organisaient samedi une journée pour les internes des lycées de Tahiti dans le cadre la déclinaison week-end de son programme « Loisirs éducatifs en internats ». Volley-ball, futsal, bubble foot, battle arena, danse et activités de promotion santé étaient au programme. Les élèves de différents établissements, comme les encadrants de plusieurs associations, ont la possibilité de se rencontrer ainsi deux fois par an grâce à ses week-ends. Et si l’année scolaire est terminée, le rapatriement des internes dans leurs îles, lui, ne sera achevé que la semaine prochaine. Ce sont donc quelque 300 élèves qui étaient réunis au stade de Pirae, en présence notamment du ministre de l’Éducation Ronny Teriipaia.

Ce dispositif, mis en place par la DGEE et soutenu par le Pays – avec un budget de plus de 400 millions chaque année – fêtera ses 20 ans l’an prochain. Il permet aux mouvements de jeunesse de prendre en charge près de 1 800 élèves chaque année, mais aussi de recruter près de 400 cadres jeunesse – animateurs, directeurs, cuisiniers…) sur tout le territoire, puisqu’il existe 22 internats au total dans les cinq archipels. En 2023, selon la DGEE, un peu plus de 11% des élèves du second degré public étaient internes.

La journée a débuté par la projection d’un film de 26 minutes mettant en valeur les activités qui sont proposées aux internes. Il a servi d’applaudimètre aux élèves, qui saluaient l’apparition à l’écran de leurs animateurs, avec qui ils ont de toute évidence un lien fort. Toute l’année, au travers de sorties culturelles, d’activités sportives et d’ateliers variés, ils cultivent le savoir-être.

« Faire société, éviter le décrochage, remplacer la cellule familiale »

« Nous répondons à notre objectif de faire société, explique la présidente de l’UPJ Patricia Teriiteraahaumea, d’éviter le décrochage et puis de remplacer, entre guillemets, la cellule familiale. Toute l’année scolaire, ils ont appris comment respecter les règles, on voit des gens qui respectent, qui écoutent, et puis qui restent heureux. »

Les enquêtes menées par la DGEE montrent un taux de satisfaction, de la part des internes, de 95%. Depuis l’année dernière, avec l’aide du ministère en charge de la jeunesse, les internes bénéficient dans ce cadre de la formation au Bafa (Brevet d’aptitude aux fonctions d’animateur) et à la formation PSC1 (premiers secours), souvent très utile dans leur CV par la suite.

Ariitea Bernadino, 9e adjoint au maire de Pirae en charge de la jeunesse et de la vie associative, souligne lui aussi le bon comportement des lycéens.

Le ministre de l’Éducation, lui, rappelle que le gouvernement poursuit le « plan Marshall » de rénovation des internats « pour offrir un environnement favorable à la réussite de nos élèves ». Il rappelle que le décrochage scolaire touche 1 000 élèves par an, dont de nombreux internes. L’accompagnement des internes « rentre complètement dans la nouvelle charte de l’éducation, il s’agit justement de venir en aide en priorité à nos élèves qui sont en difficulté, en offrant des formations qui sont plus adaptées à la réalité du contexte local, et quelque chose qui soit beaucoup plus parlant. C’est la raison pour laquelle l’accent est mis sur l’enseignement des langues polynésiennes, c’est un moyen essentiel de les raccrocher et de les aider à poursuivre leurs études. »

Après les états généraux de l’éducation, cette fameuse charte « entre en phase de rédaction », et Ronny Teriipaia dit penser la finaliser en janvier 2026. Il faudra ensuite développer le plan d’action correspondant, « mais l’important c’est de prendre son temps » pour « mettre en place un plan d’action qui soit concret et réalisable ». Ce n’est donc pas avant la session administrative d’avril 2026 que la nouvelle charte de l’éducation sera présentée aux élus de l’assemblée.

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