ACTUS LOCALESPOLITIQUE Le noyau familial autonomiste réuni pour le 29 juin Charlie Réné 2026-06-29 29 Juin 2026 Charlie Réné ©Eric Bonamy Malgré la disparition du jour férié du 29 juin – que certains se sont promis de réinstaurer –, une centaine de cadres et sympathisants des partis autonomistes se sont réunis ce lundi à la stèle de Paofai. Pas de liesse populaire, donc, mais des discours pour louer les 42 ans d’un statut « qui a permis à tout un pays de s’épanouir ». Gaston Flosse, remercié de toute part, a, lui, marqué sa différence, en appelant une nouvelle fois à dépasser l’autonomie pour la souveraineté associée. L’appel au rassemblement s’était voulu large sur les réseaux sociaux, mais c’est surtout le noyau familial autonomiste qui s’est réuni ce lundi devant la grande stèle de Paofai. Il s’agissait de marquer, en ce 29 juin redevenu un jour travaillé dans la plupart des secteurs, ce qui « restera » pour beaucoup d’élus, la Fête de l’Autonomie. Édouard Fritch avait d’ailleurs affirmé mi-juin sur notre plateau qu’il réinstaurerait le jour férié en cas de victoire de son camp aux prochaines territoriales. Devant une centaine de personnes, le président du Tapura n’est pas le seul à la tribune : s’y relaient le maire de Papeete Rémy Brillant, le président du Taatiraa no te hau Lionel Lao, la présidente de A here ia Porinetia Nicole Sanquer. Chacun ses termes, et sa mesure, pour louer un statut qui fête ses 42 ans, et qui « a permis d’affirmer notre identité, développer nos îles, prendre nos responsabilités, apprendre à gérer et à bâtir », comme le lance Édouard Fritch. L’ancien président, qui note que d’autres collectivités, en Corse ou aux Antilles, revendiquent désormais une autonomie large « à la polynésienne », répète que l’autonomie n’est « ni une dépendance, ni une soumission » à la France, mais « un partenariat stratégique fondé sur le respect mutuel et sur nos intérêts communs et partagés ». Un message qu’il espère faire passer à la jeunesse, peu représentée ce lundi, et, d’après les micros-trottoirs télévisés, pas très au fait de l’histoire de l’autonomie. « C’est à vous, aux jeunes, qu’il appartient de la faire vivre, de la renforcer, de la transmettre », insiste Édouard Fritch. « L’autonomie est le symbole de notre liberté », estime pour sa part Nicole Sanquer, pour qui l’autonomie permet de concilier deux dimensions « qui font aujourd’hui notre richesse : notre identité polynésienne et notre appartenance à la République française « Cette double identité n’est pas une contradiction, mais une force », insiste la députée. Dans cet exercice politique et mémoriel, organisé depuis 1985 à la date anniversaire de la cession à la France du royaume de Tahiti, qui devient officiellement une colonie, un nom revient sur toutes les lèvres : Gaston Flosse, dernier « père de l’autonomie » en vie, présent lui aussi dans l’assistance. Le discours de l’ex-président du Tohera’a, qu’il a transformé en Amuitahira’a lors de son virage souverainiste, et qui est désormais président d’honneur du Taohe Tatou, a toutefois tranché avec le reste de la cérémonie. L’ancien leader de 95 ans a estimé encore une fois que les limites du statut actuel avaient été atteintes, et a appelé à dépasser l’autonomie, pour avancer vers un statut d’état associé à la France. ©Eric Bonamy ©Eric Bonamy ©Eric Bonamy