ACTUS LOCALESNOUVELLE-CALÉDONIE Sonia Backès dans le Sud, Paul Néaoutyine dans le Nord et Mickaël Forrest dans les îles Les Nouvelles calédoniennes 2026-07-03 03 Juil 2026 Les Nouvelles calédoniennes Les présidents des trois provinces de Nouvelle-Calédonie ont été élus vendredi, dans la foulée des élections provinciales. Sonia Backès a conservé ses fonctions dans le Sud tout comme l’historique leader indépendantiste Paul Néaoutyine dans le Nord. Dans les Îles, Mickaël Forrest succède à Mathias Waneux. Les provinciales sont la première étape de la mise en place de nouvelles institutions en Nouvelle-Calédonie dont dépend ensuite la composition du Congrès, puis du gouvernement. Le point avec notre partenaire Les Nouvelles calédoniennes. Sonia Backès : « La campagne est terminée, le temps de la reconstruction commence » Avec une majorité absolue dans l’hémicycle de la Maison bleue, les élus de la liste Les Loyalistes le Rassemblement étaient assurés d’assister à une séance de formalité ce vendredi. Ils ont désormais la présidence, les trois vice-présidences et les responsabilités qui vont avec. Sonia Backès a été réélue à la tête de la province Sud, portée par les 28 voix (sur 40 sièges) de la majorité Loyalistes-Rassemblement. Face à elle, les oppositions ont choisi le vote blanc. Un geste sans surprise, mais pas forcément sans message. Avant de quitter le fauteuil de présidente dû à la doyenne de l’assemblée, Marie-Pierre Goyetche, élue du groupe Kanaky, a félicité Sonia Backès, tout en rappelant que cette majorité absolue ne dispensait pas de « travailler ensemble » pour construire « un avenir de paix, de justice sociale et dans l’intérêt général de tous ». Dans la foulée, les trois vice-présidents ont été élus : Gil Brial (Mouvement populaire calédonien) assumera la première vice-présidence, Brieuc Frogier (Loyalistes) et Loïc Basset-Creugnet (Générations NC) prenant les deuxième et troisième. L’absence du Rassemblement dans cet exécutif provincial n’est pas un oubli, assure Virginie Ruffenach. « C’était convenu. On a un équilibre sur les autres institutions que sont le Congrès et le gouvernement », explique l’élue du Rassemblement, qui évoque « un équilibre global » en cours de discussion. Car c’est bien là que se situait l’enjeu politique de cette installation. Si la province Sud est verrouillée par une majorité nette, la suite se jouera ailleurs, au Congrès puis au gouvernement, dans un paysage où les équilibres restent à construire. Sonia Backès a ainsi choisi d’ouvrir son discours sur un appel au dépassement de la campagne. « Les électeurs ont parlé, la démocratie s’est exprimée, et chacun retrouve désormais sa place, celle de servir les Calédoniens », a-t-elle déclaré en retrouvant son fauteuil, avant de revenir aux urgences du moment, entreprises en difficulté, emplois détruits, familles fragilisées, jeunes inquiets pour leur avenir… « Nous n’avons pas le droit de les décevoir », a insisté Sonia Backès. La présidente réélue a résumé sa feuille de route par ces mots : « Les Calédoniens attendent du concret. » Et le concret, pour elle, passera d’abord par la reconstruction et la relance économique. « Recréer des emplois, ça veut dire redonner de la confiance », appuie-t-elle. Paul Néaoutyine réélu grâce aux trois voix des non-indépendantistes Il n’aura finalement jamais quitté son fauteuil, pas même lors de cette première assemblée de la mandature, qu’il présidait au privilège de l’âge. Paul Néaoutyine, 74 ans, a été réélu vendredi 3 juillet à la tête de l’institution qu’il dirige depuis 1999. Un sixième mandat en tant que président de la province Nord, qu’il a célébré en multipliant les selfies, tout sourire, aux côtés de ceux qui grimpaient sur l’estrade pour immortaliser la matinée. L’heure était moins à la fête de l’autre côté de l’hémicycle. Dès l’annonce des résultats, les élus de l’UC-FLNKS ont quitté l’assemblée, sans un mot pour la presse, et manifestement très en colère. Malgré leur victoire dans les urnes dimanche 28 juin, où leur liste a devancé de 1 000 voix celle de Paul Néaoutyine, Pascal Sawa et ses colistiers ne sont pas parvenus à s’emparer de la présidence. La faute, estiment-ils, à une alliance entre l’UNI et les non-indépendantistes. Les voix des trois élus de la liste Loyalistes-Rassemblement « Agissons ensemble pour le Nord » ont en effet permis au leader de l’Union nationale pour l’indépendance (UNI) et maire de Poindimié de décrocher, dès le premier tour, une majorité de 12 voix sur les 22 de l’assemblée, contre 10 voix pour Pascal Sawa. Paul Néaoutyine, quant à lui, a assuré qu’aucun pacte n’avait été noué avec les non-indépendantistes avant sa réélection. « Chacun se positionne selon ses orientations politiques et sur la base de ce qu’il veut soutenir durant cette mandature« , a réagi le président reconduit, désireux de couper court « aux interprétations« . Dans les rangs de l’UC-FLNKS, on ne cachait pas une certaine inquiétude, ce vendredi, de voir naître au Congrès une coalition contre nature. Les élus de la province Nord se réuniront à nouveau, mardi, pour la nomination des trois vice-présidents. Mickaël Forrest : « Nous n’arrivons pas au pouvoir pour gérer une vitrine » Avec six voix chacun, les groupes UC-FLNKS et Dynamique autochtone avaient en effet présenté leur candidat : Mickaël Forrest pour l’UC-FLNKS, Omayra Naisseline pour Dynamique autochtone. C’est finalement le soutien des deux élus du Palika qui a permis de départager les deux prétendants. Omayra Naisseline a ensuite été élue première vice-présidente à l’unanimité. Wali Wahetra (Palika) a été désignée deuxième vice-présidente, tandis que Marguerite Piaa (UC-FLNKS) occupe le poste de troisième vice-présidente. Un « partage équilibré des responsabilités, dans un esprit de gouvernance collégiale, loyale et responsable« , a salué le nouveau président. La province des Îles est désormais en ordre de marche pour travailler sur les priorités présentées lors du discours d’investiture. « C’est avec humilité et avec la conscience du poids de l’histoire que je me présente devant vous aujourd’hui pour assumer la présidence de l’assemblée de la province des Îles, a commencé Mickaël Forrest. Je veux le dire avec force, mais aussi avec sincérité : cette investiture n’est pas celle d’un homme, ni même d’une seule liste. Elle est celle d’une volonté affirmée de poursuivre une trajectoire, d’assumer le poids de l’héritage de nos anciens, mais aussi les enjeux et les défis liés à la sortie de l’Accord de Nouméa« , a déclaré le nouvel élu. Le président a ensuite énuméré les principaux chantiers de la mandature : le transport aérien, la santé, l’emploi, notamment le développement de l’artisanat, la numérisation des services publics, ainsi que l’ouverture des îles Loyauté sur leur environnement régional, avec l’ambition d’en faire un « hub régional« .