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À Tarahoi, gros cadeau en vue pour les loteries du Tiurai

La commission de l’Économie et des Finances de l’assemblée a validé ce samedi un projet de délibération étendant les dates d’ouverture des loteries de fêtes foraines. Le texte, qui doit être voté ce jeudi en plénière et être appliqué dans la foulée, doit permettre à ces stands très populaire, dont la loterie Tamara d’Outumaoro, d’ouvrir dès le mois de juin, au lieu d’attendre le mois de juillet. Cette évolution réglementaire avait déjà fait des remous à Tarahoi, où le projet avait été retiré des débats l’année dernière, après de vifs échanges sur les conséquences des jeux d’argent.

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Si le tiurai d’Outumaoro a ouvert ses portes cette semaine, un stand pourtant très populaire garde porte close. Celui de la loterie Tamara qui n’est pas autorisé à ouvrir avant le 25 juin du fait d’une réglementation vieille de près de 30 ans. La délibération du 20 mai 1998 vient poser le cadre des dérogations qui peuvent être accordées par l’État à l’interdiction générale des jeux d’argent dans le cadre des fêtes foraines. Interdiction des lots en cash, pas de mise de plus de 1000 francs, pas de lots qui excèdent 30 fois la valeur de la mise… Le texte, qui vise aussi les « appareils distributeurs de confiseries », limite surtout ces dérogations à deux périodes : les fêtes de fin d’année – « Matahiti Api » – entre le 20 décembre et le deuxième dimanche de janvier, et surtout le Heiva, défini comme courant du « 25 juin au troisième dimanche du mois d’août ». Or voilà bien longtemps déjà que les fêtes foraines ont pris leurs aises bien au delà de ces dates.

Cette année, si le tiurai de Vaitupa ne devrait ouvrir qu’à la mi-juin, et que celui de Pirae est en attente de validation de son dossier de sécurité, les papio de Outumaoro tournent déjà depuis le mardi 2 juin, et aurait même pu ouvrir le 29 mai si les intempéries n’avaient pas troublé le montage. Un ouverture sans les loteries donc, dont la très populaire loterie Tamara, qui avait su faire du bruit sur les réseaux sociaux l’année dernière sur son cas. Interpellé, le gouvernement avait soumis à l’assemblée un projet de modification de la délibération de 1998, qui venait étendre les dates d’ouverture des loteries du 1er juin à la fin août. Sauf que le projet avait fait jaser à Tarahoi, d’abord en commission, on Tavini et Tapura avait révisé le texte pour repousser le début des dérogations au 15 juin, mais aussi pour les interdire pendant la période de fête de fin d’année. Puis en séance plénière, quand la sénatrice Lana Tetuanui avait défendu ces restrictions, en dénonçant la multiplication des jeux d’argent en marge des fêtes, les problèmes d’addictions et les conséquences économiques qu’ils peuvent engendrer dans certaines familles, ou encore en soulignant le chevauchement des périodes de dérogation avec les périodes d’examen. Devant les avis divergents au sein du camp indépendantiste, l’opposition de Ahip et les interrogations du gouvernement – « Une fête foraine où il n’y a pas de loterie, ce n’est pas pareil », avait noté le ministre de l’Économie Warren Dexter, estimant que ces stands « ne font pas autant de mal » que les bingos ou les jeux à gratter -, le texte avait été retiré.

Le projet de délibération représenté en commission samedi reprend les dates de dérogation originelles : de début juin à la fin août, et pendant les fêtes de Matahiti api en fin d’année. Cette fois unanimité en commission pour valider le texte. Présent pendant la réunion, le président de l’association des forains Jean-Paul Tuaiva a remercié « l’ensemble des groupes politiques représentés, quelles que soient leurs sensibilités, pour avoir pris le temps d’écouter, d’échanger et de s’intéresser aux réalités de notre profession ». « Cette démarche témoigne d’une véritable reconnaissance de l’activité foraine comme une activité économique à part entière, créatrice d’emplois, génératrice de retombées économiques et porteuse de lien social à travers nos archipels, précise l’ancien député. Les forains de Polynésie contribuent depuis plusieurs générations à l’animation de notre pays, au dynamisme de nos communes et au soutien de nombreuses familles qui vivent directement ou indirectement de cette activité. Le fait que nos préoccupations soient aujourd’hui entendues et examinées avec sérieux constitue un signal fort et encourageant ».

 

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