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Fillon repart en campagne, de plus en plus isolé

Paris (AFP) – Menacé par une mise en examen, François Fillon a tenté une nouvelle fois de se relancer dans la campagne avec un déplacement à Nîmes jeudi, avant un « rassemblement de soutien » dimanche au Trocadéro, alors que les défections, notamment de juppéistes, se sont multipliées.

Gilles Boyer, conseiller d’Alain Juppé et jusqu’à présent trésorier de la campagne de François Fillon, a ainsi jeté l’éponge.

Trois parlementaires proches du maire de Bordeaux ont fait de même, Benoist Apparu, Edouard Philippe et Christophe Béchu car la campagne prend une »tournure incompatible » avec leur « façon d’envisager l’engagement politique ».

De son côté, l’ancien Premier ministre Dominique de Villepin a tancé François Fillon qui, dit-il, « emporte son camp dans une course vers l’abîme ».

« La base, elle, tient » et « je m’appuie sur les Français », a rétorqué le candidat à la presse, qui l’interrogeait sur les défections en chaîne. Et s’il était lâché par tous les élus LR? « Les élus? On fera sans eux! », a-t-il répliqué depuis Nîmes.

Le candidat a poursuivi son déplacement dans le Gard,  département où le FN a recueilli 42,62% des suffrages au second tour des élections régionales en 2015. Au programme: visite d’exploitations viticoles, table ronde dans l’après-midi avec les associations de rapatriés du département, où il a été applaudi, et réunion publique à Nîmes en soirée.

Le réveil avait été difficile. « Fillon se bunkérise, c’est comme une secte. A mon avis, dans 24 ou 48 h, ça pète », glissait une source LR à l’AFP. « C’est de la folie pure, ils ont eux-mêmes scénarisé le problème! », s’étonnait un juppéiste, après la stupéfiante journée de mercredi. 

Le candidat François Fillon avait en effet annoncé, au terme d’une matinée rocambolesque, sa convocation judiciaire avec une probable mise en examen le 15 mars par les juges d’instruction chargés d’enquêter sur les emplois présumés fictifs de son épouse et de deux de ses enfants.

– ‘Eviter la honte’ –

La matinée de mercredi a laissé des traces: annulation à la dernière minute de la visite au Salon de l’Agriculture, dirigeants LR pris de court en direct sur les antennes, folles rumeurs puis première série de défections, de Bruno Le Maire en passant par les centristes de l’UDI… 

Les défections avaient continué jeudi matin, avec notamment le départ de Sébastien Lecornu, proche de Bruno Le Maire, qui occupait le poste de directeur de campagne adjoint, ou encore du juppéiste Vincent Le Roux, conseiller de Patrick Stéfanini, actuel directeur de campagne.

Le député LR Georges Fenech a lui appelé à parrainer Alain Juppé, adversaire malheureux de François Fillon à la primaire.

« Il y a un mois, on cherchait à s’accorder sur un plan B. Là, c’est plutôt: on le vire et on verra bien qui on met à la place, l’important, pour tous les courants de LR, c’est d’éviter la honte à la présidentielle », explique une autre source LR à l’AFP. Il voit une issue se « dessiner autour de Juppé », qui ne serait plus visé par un veto de Nicolas Sarkozy.

Le maire de Bordeaux « reste légitimiste et loyal » et entend respecter cette règle de « loyauté » à l’égard de M. Fillon, a-t-on toutefois indiqué à l’AFP dans l’entourage du maire de Bordeaux.

En attendant que ce plan B prenne plus de consistance, M. Fillon risque de devoir justifier à nouveau le maintien de sa candidature, après avoir promis le 26 janvier sur TF1 de se retirer en cas de « mise en examen », avant de changer de ligne mi-février et de s’en remettre « au seul suffrage universel ».

Un rassemblement de soutien a été annoncé pour dimanche après-midi place du Trocadéro à Paris (XVI arrondissement), là-même où Nicolas Sarkozy avait tenu un meeting d’entre-deux tours avant sa défaite face à François Hollande en 2012.

« Il ne peut pas y avoir de manifestations (…) qui puisse mettre en cause les institutions, la justice ou le travail de la police dans le cadre des enquêtes », a mis en garde François Hollande.

Ce rassemblement dimanche est « une maladresse » pour l’ex-candidat à la primaire et président du PCD Jean-Frédéric Poisson, une initiative « extrêmement dangereuse » pour le député LR Philippe Gosselin. Ils ne s’y rendront pas.   

© AFP PASCAL GUYOT
Le candidat de la droite à la présidentielle François Fillon (c), le 2 mars 2017 à Nîmes

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