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Hinaupoko Deveze : « La santé mentale englobe tout et tout le monde »

C’était elle la favorite et c’est bien elle qui a été élue Miss Tahiti 2025. Âgée de 23 ans, elle a grandi entre Tahiti et la France et s’est décidée il y a deux ans à venir s’installer à Papeete, à la recherche de son identité polynésienne. Cette année, elle veut faire de la santé mentale sa cause. Et si on l’interroge sur Miss France, bien sûr qu’elle y pense, mais elle prend d’abord le temps de réaliser ce nouveau changement de vie.

Hinaupoko Deveze était la favorite sur les réseaux sociaux et les excellents chiffres de ses apparitions sur Facebook et autres plateformes internet n’ont pas menti. Le comité Miss Tahiti a d’ailleurs dévoilé qu’elle avait aussi été la gagnante lors du gala, organisé quelques semaines avant l’élection. Bref, la candidate numéro 6 devait devenir Miss Tahiti. Mais pas question pour Hinaupoko Deveze de vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué. Elle y croyait mais restait prudente. Et ce lundi, elle se dit « heureuse ». Quand elle a entendu son numéro, c’est un cocktail d’émotions qui a explosé en elle. « Ce n’est pas facile de réaliser, on est un peu sous le choc, c’est bien mon numéro ? » Elle dit avoir puisé sa détermination auprès de ses proches et sa famille qui l’ont encouragée tout au long de cette aventure.

Revenir s’installer au fenua : « Le choix du cœur »

Hinaupoko Deveze a grandi entre la France et Tahiti, et un peu aussi les Marquises car sa mère est de Ua Pou. Une quinzaine d’années en France, à venir régulièrement en vacances au fenua pour finalement, il y a deux ans, prendre la décision de rentrer s’installer à Tahiti. « J’avais toujours eu comme projet de rentrer en Polynésie à un moment donné, mais je devais d’abord faire des études. J’avais choisi le droit pour devenir magistrat. Puis faire une ou deux années ici à l’université et repartir mais ça ne s’est pas du tout passé comme prévu. » Elle se réoriente en psychologie mais ne voit plus d’option pour revenir à Tahiti. Alors finalement elle met ses études en stand-by et rentre s’installer au fenua. « C’est un choix du cœur. J’avais vraiment ce sentiment qu’il fallait que je rentre. Je savais qu’il me manquait une partie de moi, que j’avais besoin de me connaître plus avant de me lancer dans un quelconque projet de vie, d’études. Je ne savais pas qui j’étais, ce que je voulais, ce que je valais, parce que j’étais Française, mais Tahitienne. Mais qu’est-ce que je peux dire sur ma culture, mon origine ? J’étais totalement perdue parce que je savais parler de ma culture mais de manière superficielle. Qu’est-ce qui a du sens pour moi dans cette identité polynésienne ? Et c’est pour ça que j’ai fait le choix de faire une année sabbatique. »

Et pendant cette année sabbatique, d’autres opportunités se sont présentées : elle commence à travailler, ne reprend finalement pas ses études et tente l’aventure Miss Tahiti. Aujourd’hui elle se dit fière d’avoir du sang marquisien, de ses origines françaises et de son vécu tahitien.

« Eveiller les consciences sur ce qu’est la santé mentale. »

Elle veut aussi porter la cause de la « santé mentale ». Depuis quelques années, les Miss Tahiti s’engagent sur l’importance de s’aimer soi-même. Vaimalama Chaves par exemple, qui postait et poste encore des messages pour d’abord prendre soin de soi avant les autres, Temanava Domingo aussi qui a lancé ses ateliers de confiance en soi dédiés aux femmes, après une année passée à encourager son public à « oser ». « La santé mentale englobe tellement de sujets, mais on ne parle pas du terme santé mentale. C’est pour ça que j’ai décidé, moi, de mettre en avant ce terme-là, santé mentale, parce que ça englobe absolument tout, absolument tout le monde et c’est un sujet tellement vaste. Et en fait, je ne pense pas qu’il faut travailler un problème en particulier, je pense qu’il faut éveiller les consciences sur ce qu’est la santé mentale. »

Un père médecin psychiatre, une mère aide-soignante en hôpital psychiatrique et un grand frère atteint d’une maladie mentale, Hinaupoko Deveze sait de quoi elle parle. Et elle veut profiter de son titre pour appeler les gens à plus d’empathie et de bienveillance, répéter qu’un moment difficile peut arriver à tout le monde et qu’il est normal de demander de l’aide. Elle-même a expliqué sur nos antennes qu’elle avait fait un burn-out pendant ses études. « J’aimerais vraiment partager cette vision, essayer d’éveiller au maximum les esprits, faire prendre conscience aux personnes qui sont dans le mal-être que c’est normal, que c’est OK de ne pas être tout le temps happy, de ne pas toujours avoir un sourire. On a tous des névroses. » Pour elle, devenir Miss Tahiti, c’est l’occasion de porter des messages forts, comme ceux qui venaient devant sa classe faire de la prévention par exemple et qu’elle admirait petite. La beauté, ce n’est pas qu’un physique, c’est aussi « ton cœur, ton âme, ta façon de réfléchir », explique-t-elle.

À peine élue Miss Tahiti, tout le monde lui pose la question de Miss France : quand commence sa préparation ? Un peu tôt pour le dire. Elle va d’abord faire la tournée des sponsors, après celle des médias, assurer les présentations officielles notamment au Heiva i Tahiti, et consacrera ensuite tout son temps à la préparation du concours de Miss France qui est prévu en décembre comme chaque année.

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