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Hiva Oa : Joëlle Frebault devrait rester tavana malgré la couleur de sa robe

Le tribunal administratif a étudié cette semaine un recours d’Etienne Tehaamoana contre la réélection de Joëlle Frebault à la mairie Hiva Oa. Ni les suspicions d’embauches « massives » avant le scrutin, qui semblent en fait correspondre aux besoins de la mairie, ni les accusations de pressions sur les électeurs, peu étayées, ni même la robe rouge portée par les tavana le jour du vote, vu par ses opposants comme une façon d’influencer le scrutin, n’ont convaincu le rapporteur public. En revanche, comme à Makemo, la prime majoritaire semble avoir été mal appliquée … Mais c’est la majorité en place qui devrait gagner un siège. Décision le 23 juin.

À Hiva Oa, Etienne Tehaamoana et sa liste Te ao hou o hiva a déposé un recours à l’encontre de Joëlle Frebault, tavana réélue au premier tour (918 voix, seulement 61 d’avance, et 51,72% des suffrages ) avec sa liste Hiva oa a tu. Vu l’écart limité entre les deux seules listes en course, le candidat déçu fait feu de tout bois pour demander l’annulation de l’ensemble des opérations électorales du 15 mars dernier.

Embauches, pression… Et couleur de la robe

Le requérant a d’abord soutenu que la maire sortante avait procédé à des embauches « massives » – une cinquantaine d’agents – dans les trois mois précédant le scrutin, assurant que ces recrutements constituaient une manœuvre de nature à altérer la sincérité du scrutin. Une accusation bien sûr contestée par Joëlle Frebault qui note que 35 des 49 agents recrutés au début 2026 avaient déjà travaillé pour la commune entre 2020 et 2025, et que ce volume d’embauches, quoiqu’en augmentation, accompagne la hausse des dépenses d’investissement de la commune. I,e défense qui semble avoir convaincu le rapporteur public, qui écarte, dans ses conclusions rendues mardi, ce grief pour motif que le volume des recrutements, « bien qu’élevé », « n’est pas sans rapport avec les besoins objectifs de la commune, dans un contexte marquisien où les travaux en régie constituent la modalité habituelle de réalisation des investissements communaux ». Etienne Tehaamoan produit bien une dizaine d’attestations de témoins suggérant des contreparties électorales aux embauches… Mais au moins deux d’entre elles sont contestées par leur auteur, l’un d’eux expliquant avoir écrit un document « sous la dictée », sans en avoir compris « le sens ou la portée.

L’opposant déçu soutient aussi que le président du bureau de vote de Hanaiapa avait exercé des pressions sur une personne, afin qu’il donne son suffrage en faveur de la liste vainqueur. Le grief est là aussi écarté par le rapporteur, faute d’élément corroborant regardé comme suffisant pour établir la réalité d’une manœuvre électorale.

Le requérant fait ensuite état d’un port irrégulier d’un vêtement aux couleurs de la liste électorale par la maire sortante devant le bureau de vote, y voyant une pression exercée sur les électeurs. Il est vrai que le Conseil d’État a déjà reconnu en 2022, comme le note le rapporteur, qu’une présidente de bureau de vote, en l’occurence à Vairao, s’affichant toute la journée du scrutin avec écharpe tricolore et robe aux couleurs de sa liste constituait un élément d’influence sur le scrutin. « En l’espèce, la situation est sensiblement différente, reprend le magistrat. La maire sortante n’a pas présidé le bureau de vote, ne portait pas d’écharpe tricolore, et la photographie la montre à l’extérieur du bureau. De surcroît, le requérant ne démontre pas en quoi le port éphémère d’un vêtement rouge et blanc, hors du bureau de vote et sans qualité de présidente du bureau, aurait constitué une pression supplémentaire sur les électeurs de nature à altérer la sincérité du scrutin, dans un contexte d’écart de 61 voix ». Le rapporteur conclut donc au rejet de ce troisième argument.

Un déféré du Haut-Commissaire qui rétablit une erreur d’application

Pas d’annulation, en tout cas pas dans les conclusions du rapporteur public donc. Mais en parallèle, le Haut-commissariat a déposé un déféré estimant que la répartition des sièges (14 sièges pour la liste Frebault et 5 pour la liste Tehaamoana) relevait d’une erreur d’application de la prime majoritaire. Un cas qui s’est déjà présenté à Makemo, et qui a abouti à l’annulation de l’élection de Félix Tokoragi, la reformation du conseil municipal… Et l’élection d’une nouvelle tavana, Vaitiare Fournier. Mais cette fois, l’erreur est allée dans l’autre sens.

Le rapporteur a établi que la liste arrivée en tête devait disposer de 15 sièges, contre 4 pour la seconde liste. Ainsi, la rectification se traduirait par l’annulation de l’élection de Mme Marie-Paule Chimin, cinquième candidate de la liste Te ao hou o hiva dans la section d’Atuona, et par la proclamation de Mme Iris Utiputona, treizième candidate de la liste Hiva oa a tu dans cette même section. Si le tribunal suit ces conclusions, Joëlle Frebault devrait donc conforter sa majorité. Les juges rendront leur décision le 23 juin.

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