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« Je ne veux pas passer pour un voleur en allant pêcher chez moi ! »

Moana Maamaatuaiahutapu, représentant des pêcheurs hauturiers au Cesec, réclame une table ronde avec le Pays et les hakaiki des Marquises, et des preuves scientifiques que le zonage à 30 milles nautiques est une nécessité. Il ne le croit pas ; au contraire, il estime que tenir à l’écart les armements hauturiers va mener à une augmentation du nombre de DCP dans la zone.

Mardi au Cesec, lors d’une séance consacrée aux décisions prises à l’UNOC en juin dernier à Nice, une voix a exprimé ses doutes. Le conseiller Moana Maamaatuaiahutapu, armateur de pêche hauturière et membre du Cesec qui faisait partie de la délégation polynésienne, se demande si l’intervention des ONG extérieures ne constitue pas un danger pour la pêche hauturière polynésienne, pourtant considérée comme vertueuse. : « On a obtenu le label MSC justement pour dire qu’on a une pêche durable, et qui nous ouvre des marchés à l’international compte tenu de notre technique de pêche qui est toujours la longline à l’hameçon. La profession estime que trop de préservation, aller voir les ONG extérieures, ça peut être préjudiciable à terme pour notre activité. »

Il ne cache pas son dépit face à la demande marquisienne d’un zonage à 30 milles nautiques au lieu des 15 annoncés. Il réclame une table ronde et des discussions sur des bases scientifiques : « Je pense que là, on va au-delà de l’Unoc. Les armateurs de pêche, on veut une table ronde pour savoir, est-ce que de manière scientifique on va à 30 nautiques, ça va augmenter la ressource ? On veut une étude scientifique, pour l’instant il n’y a rien, c’est juste la colère des maires marquisiens. »

Il prédit même que ce zonage, alors que les pêcheurs marquisiens eux-mêmes ne répondent pas aux normes de sécurité pour s’aventurer au grand large, aura des effets adverses : « Plus on va étendre une zone côtière de  protection, je peux vous parier que le nombre de DCP va doubler demain pour drainer tous ces poissons à l’extérieur de la ZEE. Et nous alors ? À l’intérieur de la ZEE, c’est du poisson polynésien. Je ne veux pas passer pour un voleur en allant pêcher chez moi ! »

À noter qu’il y a 10 jours, à la dernière réunion de l’IATTC, l’organisme international de gestion des pêcheries dans le Pacifique Est, une résolution contraignante sur les DCP dérivants a été prise : les senneurs ont admis qu’ils étaient incapables de récupérer eux-mêmes leurs DCP dérivants, mais ils devront laisser leurs dispositifs émettre en permanence pour qu’ils puissent être récupérés. La première récupération en mer dans la ZEE a eu lieu aux abords de l’atoll de Amanu. Un fonds a été créé, déjà doté d’un million de dollars par les senneurs eux-mêmes, pour financer ces efforts. On estime que plus de 50 000 DCP dérivants sont lâchés dans le Pacifique chaque année, et que seuls 10% sont récupérés.

 

 

 

 

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