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John Tefan : « À un moment au lieu de râler, il faut se lever et participer »


Invité de la rédaction de Radio1 ce mardi midi, l’avocat John Tefan a expliqué que c’était la « dégradation » de la société polynésienne et « l’immobilisme » des partis politiques en place qui l’avaient poussé à se présenter dans la troisième circonscription. Parmi les propositions du candidat de Hau Maohi Ti’ama : mettre en place des règles plus strictes de transparence des institutions, et supprimer l’amendement Tetuanui.

Situation économique, situation sociale, emploi, foncier, ou confiance dans les institutions… Aucun doute pour John Tefan, la société polynésienne « se dégrade », et c’est le fondement même de son engagement en politique. Candidat dans la troisième circonscription (PunaauiaFaa’aRaromatai), l’avocat n’en est pas à sa première campagne : en 2012, déjà, il avait représenté Te Hiti Tau Api, le mouvement de Quito Braun-Ortega aux législatives. Résultats : 878 voix au total. Il en faudra plus de 8 300 pour espérer passer au second tour lors de cette élection. Mais pour le père de famille, dont le « message n’a pas changé », les électeurs, eux, sont prêt à se tourner vers « de nouveaux candidats ». « Le constat que tout le monde fait, c’est une immobilité constante et persistante de nos politiques », explique-t-il. Un constat que lui a fait avant de s’engager dans le Hau Moahi Ti’ama, mouvement fondé par Tauhiti Nena après son éviction du Amuitahiraa : « À un moment au lieu de râler, il faut se lever et participer, apporter sa pierre à l’édifice ».

John Tefan était aussi passé, un temps, par le Tavini, dont il figurait sur les listes des territoriales en 2018. Il y figurait alors aux côtés de Moetai Brotherson, candidat à sa réélection qu’il affronte aujourd’hui dans la troisième circonscription. Mais si les programmes convergent sur certains points, pour l’avocat comme pour Tauhiti Nena, il s’agit de créer une nouvelle dynamique. La souveraineté et l’indépendance sont toujours en ligne de mire, mais de façon « plus raisonnée, plus intelligente, mieux préparée ».

Souverainiste de droite

Autre différence, John Tefan s’ancre résolument à droite, voire à l’extrême droite de l’échiquier politique national, puisqu’il est « personnellement encarté » chez Reconquête!. Le parti fondé par Éric Zemmour ne lui a pas officiellement accordé l’investiture, mais il avait signé, en février, des accords avec Hau Maohi Ti’ama, qui avait mené sa campagne présidentielle au fenua. Et c’est bien de ce côté de l’assemblée que John Tefan espère siéger. Qu’importe si Éric Zemmour a multiplié les sorties condamnant les « anti-colonialistes », les mouvements indépendantistes, ou vantant la « bénédiction de la colonisation » : « Ce sont des  discours de présidentielle, les enjeux ne sont pas les mêmes aux législatives », explique-t-il.

Quoiqu’il en soit, les questions statutaires ne sont pas, pour lui, prioritaires. De leur député, les Polynésiens attendent des initiatives en matière d’économie et d’emploi, insiste le candidat, qui assure que c’est aussi du côté de Paris « que l’on peut avoir un impact ». Mais avant tout, il faut « commencer par reposer les bases, les fondations » : mettre en place une loi sur la transparence qui va s’appliquer à « tous les niveaux du gouvernement et de l’administration », qui « nous permettra de vérifier que le gouvernement fait ce qu’il faut dans tous les domaines ».

Supprimer l’amendement Tetuanui

Soutenant le mouvement de grogne des policiers qui demandent la mutation de leurs collègues polynésiens toujours affectés en métropole, l’avocat met aussi en avant la question de l’emploi local, notamment dans l’administration. Sur ce point comme sur d’autres, il s’agit d’après lui de renforcer la loi Erom, votée en 2017, qui « peine à être appliqué par les politiques et par les administrations. » Mais le fer de lance du programme reste le nucléaire : l’amendement Lana Tetuanui, créé « pour ramener dans la loi les critères que le Civen avait lui-même mis en place pour refuser les demandes d’indemnisation ». Il s’agit bien sûr pour Hau Moahi Ti’ama de le supprimer. « Moetai Brotherson avait déjà tenté, mais il était tout seul, explique-t-il. Il faut qu’on s’unisse sur ce point. Si on s’unit, on peut réussir à éliminer cet amendement, ce qui n’est pas seulement demandé par des politiques, mais surtout par les associations et les victimes ».

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