ACTUS LOCALESJUSTICE La circulation du « PTC » au fenua n’est « pas avérée » pour le parquet Charlie Réné 2026-01-15 15 Jan 2026 Charlie Réné Ni signalement, ni saisie ou contrôles positifs, dans les établissements scolaires ou ailleurs, aucune mention dans les affaires judiciaires… Interrogé sur le PTC, ou « Pète ton crâne », la procureure de la République Solène Belaouar indique que la circulation locale de ce puissant cannabinoïde de synthèse consommé par vapotage n’est à ce stade « pas avérée ». Ce qui ne veut pas dire que son importation n’est pas passée sous les radars, précise la magistrate. La Fédération de lutte contre les drogues affirme, elle, que ce produit psychoactif qui inquiète les autorités sanitaires en métropole, se vend depuis plusieurs semaines à Tahiti. Et Polynésie la 1ere estime qu’il a même « trouvé sa place » dans les collèges ou lycée. La représentante du parquet appelle à lui faire remonter les informations pour qu’elles puissent être vérifiées et découler sur d’éventuelles actions. [MàJ 16/01 : la FCPLDT indique n’avoir pas affirmé, contrairement à Polynésie la 1ere, que le PTC avait trouvé sa place dans les établissements scolaires du fenua] Le PTC a « trouvé sa place dans les établissements scolaires polynésiens », titrait Polynésie la 1ere voilà quelques jours, alors que la Fédération citoyenne de lutte contre les drogues et la toxicomanie dit avoir constaté la présence de ce « Pète ton crâne » sur le marché local. Des affirmations qui ont « surpris » du côté du parquet, où on n’ignore pas que ce puissant cannabinoïde de synthèse consommé par vapotage, a déjà beaucoup fait parler de lui en métropole. Comme le notait dès février 2025 l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) de nombreux consommateurs, souvent très jeunes, ont été hospitalisés pour des troubles cardiovasculaires ou digestifs (tachycardies, nausées, douleurs thoraciques…), des hallucinations et autres épisodes de troubles psychiatriques, ou des problèmes rénaux, suite à la prise de ces produits qui mélangent parfois plusieurs produits psychoactifs et dont les effets sont réputés plus rapides et plus intenses que ceux du cannabis. La vigilance est de mise, donc, en Polynésie comme ailleurs. Mais l’idée que ce PTC circule déjà, et jusque dans les collèges et lycée, au fenua, interroge la procureure Solène Belaouar. « Ce n’est pas du tout que je constate au niveau judiciaire, explique-t-elle. Il n’y a aucune affaire judiciaire portée à ma connaissance qui concerne le PTC sur le territoire. Au regard des informations qui circulent, j’ai procédé à certaines vérifications auprès des services de police, de gendarmerie et des douanes. Et aucun cas de contrôle positif, aucune détention de PTC n’a été découverte sur le territoire ». https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2026/01/BELAOUAR-1-pas-confirmer.wav « J’encourage la fédération à partager ses informations avec les autorités » Il n’est donc « pas avéré que le PTC a fait son entrée sur le territoire, ni, à plus forte raison dans les établissements scolaires ». Plusieurs professionnels de l’éducation confirme d’ailleurs qu’aucun cas n’a été constaté ces derniers mois. La magistrate précise toutefois qu’elle ne peut, « bien sûr », pas exclure que cette drogue de synthèse ait été importée, « par des initiatives individuelles de consommateurs ». Mais elle appelle les . « Si la fédération a des informations à partager sur le sujet, qu’elle n’hésite pas à en faire part aux autorités. Nous procéderons bien évidemment aux vérifications qui s’imposent pour empêcher, précisément que le produit arrive sur le territoire. Donc j’encourage la fédération à partager ses informations avec les autorités ». https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2026/01/BELAOUAR-2.wav La fédération de lutte contre les drogues dit avoir eu vent de la circulation de PTC à Tahiti « avant les fêtes ». « Mais à ce moment là, le mot tournait depuis déjà un moment », précise sa présidente Kathy Gaudot, qui assure qu’une information « précise » sur les auteurs de l’importation a été transmise immédiatement à des « agents de l’État ». La responsable associative, qui affirme que son collectif mène jusqu’à « une vingtaine » d’interventions auprès d’addicts et de familles d’addicts par semaine depuis la fin d’année, estime en tout cas que les réactions nombreuses aux reportages sur le PTC sont « une bonne chose ». « On a minimisé le problème de l’ice au début aussi, et on a les résultats aujourd’hui », pointe-t-elle. Ice dans les vapoteur ? « Vigilance absolue » dans les établissements, mais aucun constat La fédération de lutte contre les drogues s’inquiète plus largement de l’utilisation des vapoteurs pour la consommation de stupéfiants. Le collectif a expliqué, dans un communiqué diffusé mercredi, ne pas « comprendre « et surtout ne pas pouvoir cautionner » la décision du Conseil d’État, diffusée le 23 décembre, de censurer l’interdiction de la vape au fenua. « La FCPLDT espère que cette décision ne va pas voir l’explosion de la contamination de notre population et spécialement de notre jeunesse par la drogue notamment la nouvelle venue, la PTC, qui utilise spécifiquement cet outil de transmission », écrit la fédération, qui veut même étudier des voies de recours contre cette décision définitive. Il faut noter que cette interdiction, insérée en séance par les élus de Tarahoi, et sur proposition de Lana Tetuanui, dans la loi tabac 2 fin août, avant que le texte soit déféré au Conseil d’État par des importateurs et distributeurs, n’est jamais entrée en application. Le texte prévoyait une interdiction étalée en juillet 2026 et juillet 2027. Il va tout de même, après la décision de la juridiction parisienne, permettre d’encadrer de façon beaucoup plus stricte l’importation, la vente et l’utilisation des e-cigarettes, jusque là très peu régulés en Polynésie et qui vont subir un traitement similaire à celui du tabac. Un des objectifs de la loi désormais promulguée, et qui interdit notamment les puff à usage unique, les parfums fantaisies, la publicité, la vente aux mineurs ou les e-liquides trop dosés en nicotine, est justement de limiter ses dégâts chez les jeunes. La Fédération avait déjà alerté en milieu d’année dernière, sur la consommation d’ice par vapotage notamment dans et aux abords des établissements scolaires. Ce qui avait d’ailleurs poussé le vote de cet amendement déclaré illégal, et à l’adoption de certains arrêtés municipaux anti-vape. « Là aussi je tiens à ramener les inquiétudes à des proportions raisonnable, et notamment vis à vis des établissements scolaires, sur lesquels il y a une vigilance absolue, et dans lequel il n’y a eu aucune constatation de ce type », précise la procureure de la République Solène Belaouar.