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La CTC juge « inquiétante » la situation financière de Makemo

La chambre territoriale des comptes a publié son rapport, ce mardi, sur les finances de la commune des Tuamotu. Les juges s’inquiètent d’une situation dégradée par le manque de maitrise des dépenses, l’endettement, et des budgets d’électricité difficilement supportables.

Ce n’est pas la première fois que la gestion de la commune de Makemo est passée au crible. En 2004,  des dysfonctionnements, abus et négligences diverses avaient abouti à la suspension puis la révocation du maire de l’époque, Tuhiva Mairoto. Michel Yip avait repris le flambeau, avec une amélioration notable du fonctionnement la municipalité, avant de le passer à Félix Tokoragi. C’est sur le premier mandat du tavana réélu l’année dernière, et plus précisément les années 2016 – 2020 que porte ce nouveau rapport de la chambre territoriale. Si les juges prennent soin de noter la complexité de gestion d’une commune si étendue – 1 508 habitants répartis sur quatre atolls et autant de communes associées – elle n’en soulève pas moins un certain nombre de lacunes. La CTC interpelle notamment sur l’absence d’inventaire du patrimoine de la municipalité et le manque de formation de son personnel en matière de comptabilité. Mais surtout les magistrats s’inquiètent d’une situation financière qui se dégrade rapidement. « Les principaux indicateurs financiers, bien que déjà fragiles en début de période sont tous dégradés à l’issue de l’année 2020 », explique ainsi le rapport.

Déficit de fonctionnement – 6 millions de francs pour la seule année 2020, capacité d’autofinancement négative – 11,3 millions pour la même année… Malgré des efforts sur le budget 2021 – les subventions aux associations qui avaient grimpé de 74% en quatre ans, ont été divisées par quatre, à 2,5 millions de francs – Makemo ne peut s’épargner « une politique forte de maîtrise des dépenses dans un contexte inédit de crise sanitaire ». Y compris du côté des investissements : l’acquisition d’engins, et les programmes d’équipement des communes associées ont nécessité deux emprunts auprès de l’Agence française de développement. « À défaut de dégager une épargne suffisante, la question est posée de la soutenabilité de cette dette, qui représentera annuellement, à compter de 2023 et jusqu’en 2017, une annuité de 7,5 millions de francs ». Parmi les options de Félix Tokoragi : renégocier les prêts avec l’AFD, ou à défaut solliciter son appui technique pour l’aider à assumer ses dettes.

La CTC interpelle aussi sur l’organisation et le budget de la gestion de l’électricité à Makemo. Si le Pays gère directement l’atoll principal, c’est la commune qui est en charge de la production et de la distribution dans les autres communes associées (Katiu, Taenga, Raroia, Takume). Une « situation complexe et financièrement lourde », notent les juges. Et pas seulement du fait de l’échec coûteux du partenariat avec SEM Te Mau Ito Api et ses éoliennes. L’année passée, ce n’est pas moins de 30 millions de francs qui ont dû être piochés dans le budget général pour subventionner la régie en 2020. Et l’entrée en service de nouvelles centrales à Raroia et Takume n’aidera pas. Pour la chambre, le salut de la commune pourrait venir de la mise en place d’un groupement d’achat avec le Pays et d’une délégation commune de service public pour l’ensemble des atolls. La mise en place, mouvementée, de la loi sur la péréquation des tarifs de l’électricité pourrait une bonne occasion d’effectuer cette réforme. La CTC enfin, joint à ses recommandations le lancement d’une étude en vue de l’établissement d’un plan de gestion communal des déchets, toujours inexistant.

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