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La moitié des ménages s’attend à une détérioration de l’économie

32% des ménages ont été affectés par la crise Covid-19, soit par une perte d’emploi, soit par une réduction du temps de travail. Et selon la même enquête du CEROM, publiée ce mardi, la moitié des ménages s’attend à une détérioration de la conjoncture au cours des six prochains mois.

Après trois enquêtes menées auprès des entreprises en 2020, le partenariat CEROM (AFD, IEOM et ISPF) s’est intéressé à la situation des ménages, à travers une enquête de conjoncture, la première de ce type réalisée au fenua. Cette étude aborde la situation financière des ménages, leur comportement d’épargne et d’achat, leur ressenti sur la situation économique du pays et leurs anticipations pour les prochains mois. Nombre d’entre eux ont subi les effets en termes d’emploi et de revenus. Ces circonstances exceptionnelles ont conditionné leur motivation à épargner et à retarder leurs achats les plus importants. Les trois quarts des ménages des îles du Vent considèrent que la situation économique de la Polynésie française s’est dégradée au cours des six derniers mois, et ils sont un peu plus de la moitié à anticiper une détérioration de la conjoncture au cours des six prochains mois. En revanche, plus de quatre ménages sur dix s’attendent à une stabilisation ou une amélioration de la conjoncture dans le pays.

La crise a des répercussions sur l’emploi d’un tiers des foyers de Tahiti et Moorea

32% des ménages ont été affectés par la crise Covid-19, soit par une perte d’emploi (9% d’entre eux), soit par une réduction du temps de travail (23% d’entre eux). Quant aux ménages les plus fragiles (c’est-à-dire ceux dans l’incapacité d’épargner, qui doivent puiser dans leurs économies ou s’endetter pour faire face à leurs charges courantes), plus de la moitié ont été concernés par la perte d’un emploi (18 %) ou des heures travaillées en moins (33%). Les ménages n’anticipent pas d’amélioration du marché du travail : plus de 60% pensent qu’il va se dégrader au cours des six prochains mois. Parmi les ménages dont l’emploi a été impacté par la Covid-19, près de 60% ont bénéficié d’un dispositif public de soutien. Dans l’ensemble, 50% des ménages actuellement sans aucun emploi (à cause de la Covid-19 ou non) bénéficient d’aides publiques. Près des deux tiers des ménages de Tahiti et Moorea estiment que leur situation financière ne va pas évoluer au cours des six prochains mois.

Une situation financière délicate pour un ménage sur deux

15% des ménages de Tahiti et Moorea déclarent devoir puiser dans leurs économies ou s’endetter pour faire face à leurs dépenses quotidiennes et 35% parviennent tout juste à boucler leurs fins de mois. Un tiers de l’ensemble des ménages est dans cette situation depuis plus de six mois. 50% des foyers réussissent à épargner actuellement, tendance qui, malgré l’absence de comparaison temporelle, s’est accentuée depuis la Covid-19 ; dans un contexte d’incertitudes, les ménages ont préféré reporter ou diminuer leur consommation et ainsi constituer une épargne de précaution. Ce comportement concerne toutes les catégories de ménages, y compris les plus modestes : ainsi, près de 30% des ménages dont l’ensemble des membres est sans emploi indiquent mettre un peu d’argent de côté. Deux tiers des ménages pensent pouvoir constituer une épargne au cours des six prochains mois.

 

Un ménage sur dix a des difficultés à honorer ses dettes depuis la crise

52% des ménages des îles du Vent ont au moins un crédit bancaire en cours. Actuellement, 16% d’entre eux ont des difficultés à faire face à leurs échéances, dont plus de la moitié en raison d’un impact de la crise sur leur emploi. Ces difficultés de remboursement ne concernent pas uniquement ceux qui ont un crédit bancaire en cours : 11% des ménages n’ayant pas d’endettement bancaire peinent à faire face à leurs charges, provenant de dépenses courantes (loyers, eau, électricité, téléphonie, etc.) ou à leurs dettes contractées auprès de proches, ou de magasins. Seulement 12% des ménages interrogés ayant des difficultés à faire face à leurs dettes ont déposé ou ont envisagé de déposer un dossier de surendettement auprès de l’IEOM. Plus de la moitié d’entre eux n’a pas connaissance de ce dispositif.

Les gros achats en baisse mais l’immobilier reste une valeur sûre

L’effort d’épargne des ménages dans les mois à venir se fera au prix d’une réduction de leur consommation : en effet, près de 90% des ménages de Tahiti et Moorea prévoient de diminuer, au cours des six prochains mois, leurs achats de biens importants (biens d’équipement et d’aménagement du foyer de type meuble, télévision, ordinateur, …). Par contre, un ménage sur six prévoit de manière certaine l’acquisition, la construction, ou la réalisation de travaux d’aménagement ou de rénovation d’un bien immobilier au cours des six prochains mois. Le bas niveau des taux, l’accumulation d’épargne et le décalage des chantiers pendant le confinement pourraient expliquer ces anticipations.

 

Avec communiqué

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