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La Sem Vaitama condamnée à « prendre son mal en patience » avant le nouvel émissaire

À Punaauia, les casses se multiplient sur l’émissaire sous-marin qui évacue les eaux usées de plus de 20 000 habitants. Réparé une nouvelle fois la semaine dernière, il devra encore tenir jusqu’à la fin de l’année, le temps que son remplaçant – un tuyau plus solide, long de 1,4 km – soit installé. Un chantier qui « avance bien » sur le site de Bel air, comme l’explique le président de la Société d’économie mixte Vaitama, contrôlée par le Pays. Dans le même temps, la station d’épuration de Matatia bénéficie d’une modernisation pour gagner en capacités et en efficacité.

Dix ans après les premiers audits pointant l’usure prématurée de l’émissaire sous-marin de la Sem Vaitama, qui traite les eaux usées de plus de 20 000 habitants à Punaauia, les incidents se multiplient. La dernière casse, survenue jeudi dernier, est réparée depuis vendredi selon Nicolas Bertholon, le président de la société d’économie mixte contrôlée par le Pays. Mais le long week-end pascal n’a pas permis de lever l’arrêté d’interdiction de baignade et d’activités nautiques. « On a pu faire les prélèvements mardi et on attend les résultats », précise-t-il. Si ces résultats démontrent l’absence de pollution dans le lagon, entre l’hôtel Te Moana et le parc Vaipoopoo, la mairie devrait rapidement lever son arrêté. Ce mercredi après-midi, Nicolas Bertholon espérait donc un retour de l’autorisation de la baignade avant le prochain weekend.

Une bonne nouvelle, certes, mais temporaire. Car l’actuel émissaire, qui dégage au large les effluents déjà traités de la station, a prouvé à plusieurs reprises sa fragilité ces deux dernières années. Installé au début des années 2000, conçu pour durer une cinquantaine d’années, il n’en aura attendu qu’une quinzaine pour montrer ses limites. « C’est une situation de vieillissement prématuré. On est obligés d’intervenir régulièrement pour le renforcer » , explique le président, dont l’objectif est désormais de « tenir » jusqu’à la fin de l’année, période à laquelle le nouvel émissaire devrait enfin entrer en service.

Un chantier déjà bien avancé

Car depuis octobre, en parallèle de la surveillance et des réparations d’urgence, la Sem Vaitama s’active sur un autre front : la construction d’un nouvel émissaire de 1,4 km de long et 56 cm de diamètre, fabriqué en polyéthylène haute densité, « une technologie bien plus résistante » à l’eau de mer que l’acier utilisé jusqu’ici. Préfabriqué sur le site de Bel Air, à la frontière entre Punaauia et Faa’a, l’ouvrage est supervisé par la société Creocean, en lien avec le groupement Egis/Nosea. Le chantier, entièrement financé par le Pays, représente un investissement de plus de 1,2 milliard de francs. « La partie maritime ne se voit pas encore, mais le chantier avance bien », assure Nicolas Bertholon qui parle donc d’une phase préparatoire longue mais nécessaire.

Des travaux pour les cinquante prochaines années

Car le vrai défi pour la Sem, c’est de réussir à maintenir le service public d’assainissement pour les administrés raccordés, tout en menant à bien les travaux. « Il faut prendre son mal en patience et faire en sorte de tenir, sans bâcler, insiste le président. Car ce sont des travaux pour les cinquante prochaines années ». Le nouvel émissaire sera tracté et immergé, avec un tracé parallèle à l’actuel, à une vingtaine de mètres près.

Une phase de pose qui devrait durer une à deux semaines. En plus de ce grand chantier, dont la première pierre avait été posée en octobre dernier, la station d’épuration de Matatia fait également l’objet de travaux de modernisation pour rendre son fonctionnement plus performant. Un chantier complémentaire, visible depuis la route et qui vise notamment à installer un nouveau poste de refoulement pour favoriser l’évacuation des eaux via le nouvel émissaire. De quoi augmenter largement les capacités de la station d’épuration, qui avait été la première de cette taille à être construite au fenua, en 2022.

 

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