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L’ancienne rhumerie d’Atimaono et le cimetière chinois de Mataiea enfin classés

Le conseil des ministres a classé deux nouveaux sites au titre des monuments historiques ce mercredi. L’ancienne rhumerie de Papara, impressionnante usine avalée par la forêt mais dont la structure et les outils de production sont toujours bien visibles, et le cimetière chinois de Mataiea, lui aussi pris par la végétation et qui est le premier lieu de sépulture connu de la communauté asiatique venue travailler dans les grandes plantations d’Atimaono sont vestiges important de l’histoire coloniale du pays. Ce classement va permettre de les protéger mais surtout de les mettre en valeur, au travers de « projets muséographiques à vocation pédagogique et touristique ».

L’annonce a été faite ce matin en Conseil des ministres : l’ancienne rhumerie d’Atimaono et le premier cimetière chinois de Mataiea vont intégrer la liste des monuments historiques du Pays.  Voilà longtemps que des historiens, des associations culturelles, ou des professionnels du rhum demandaient aux autorités de protéger et surtout mettre en valeur ce patrimoine, important dans l’histoire coloniale du fenua. Les deux sites sont liés aux grandes plantations du domaine d’Atimaono – appelé un temps Terre Eugénie en l’honneur de l’épouse de Napoléon III -, 1500 hectares que l’Américain William Stewart avait dédiés, lors de son installation en 1862, au coton, et dans une moindre mesure au café et à la canne à sucre. C’est pour fournir de la main d’œuvre à ce grand projet que les autorités françaises autorisent, dans les années 1860, l’arrivée d’un millier de « coolies » Chinois fuyant des tensions et guerres dans leur pays. Une première génération d’immigrés asiatiques, « souvent oubliés dans les grands récits historiques » comme le note le gouvernement. Le cimetière chinois de Mataeia, pris dans une importante végétation et qui ne comporte aucune stèle, est ainsi le premier lieu de sépulture connu de cette communauté devenue si importante dans le pays.

À Atimaono, le succès du coton n’avait duré qu’un temps. Après la reprise à plein régime de la production américaine – un temps paralysées par la guerre de Sécession – la plantation Stewart avait fait faillite, au début des années 1970, comme le rappelle Tahiti héritage. Le domaine était alors passé de main en main mais fut principalement dédié à la plantation sucrière, qui connait donc un premier réel essor en Polynésie. Et pourtant le « tô », canne à sucre en Tahitien, est présent depuis toujours dans le pays, et certaines variétés locales ont été exportées par les premiers explorateurs européens pour être plantées dans d’autres colonies au travers le monde. L’industrie locale connait un développement important entre la fin du XIXe et le début du XXe siècle, entre grâce à Victor Raoulx. La rhumerie construite sur place, elle, a prospéré pendant encore de longues décennies, et n’a été fermée qu’en 1966, sur décision de Jean Bréaud qui avait racheté le domaine et qui a construit le golf aujourd’hui exploité par l’établissement public de gestion et d’aménagement de Teva (Egat).

Le classement aux monuments historiques permettra de protéger officiellement ces deux sites, de « renforcer l’ancrage identitaire de ces lieux auprès de la population locale », comme l’écrit le conseil des ministre, de « stimuler les dynamiques économiques et culturelles »… Mais aussi d’engager des « projets muséographiques à visée pédagogique ou touristique ».

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1 Commentaire

  1. Jeannot CICUTTA
    10 avril 2025 à 10h59 — Répondre

    Il est enfin grand temps de faire quelque chose de cette ancienne rhumerie.Il y a environ 30 ans, OUI, TRENTE ANS, Monsieur MOUX avait en projet dans un premier temps de réhabiliter la partie « jus de canne » et tristement cela ne s’est pas fait. Le site est magnifique et entre autres, les anciens, par des écoulements d’eau à partir de la colline faisaient ainsi tourner les grosses roues à godets …

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